LES VOLONTAIRES

de la levée en masse dans quelques communes

du district de SERRES (Hautes-Alpes)

Septembre 1793

 

 

 

 

Connaître le destin des volontaires de la Levée en Masse de septembre 1793 dans le district de Serres, tel était le but de cette brève étude.

 

Il était nécessaire en tout premier lieu de relever leur nom, puis de rechercher ceux qui étaient revenus au pays et ceux qui étaient morts sur les différents fronts.

 

Au fur et à mesure que j'exploitais les documents de quelques liasses des séries L et H, je voyais surgir les différents aspects du déroulement de la levée: les procédés de recrutement, le comportement des uns et des autres, les problèmes d'intendance, la mise en route, l'attitude de la population face aux déserteurs, la mise en place des commissions de réforme et les différentes causes, réelles ou non, invoquées pour échapper à la conscription.

 

Après avoir relevé un peu plus de 900 noms, faute d'indication de filiation, je n'ai pu connaître avec certitude le sort que d'une vingtaine de volontaires. C'est un bien mince résultat.

 

Je n'ai pas voulu cependant laisser dans un tiroir les notes relevées ni les copies de documents qui m'ont intéressée; je les ai tout simplement présentées dans ce modeste fascicule qui est le témoin du plaisir que j'ai éprouvé tout au long des heures passées aux Archives Départementales des Hautes-Alpes.

 

En mars 1793, la France est en guerre avec l'Autriche, l'Angleterre, la Hollande et l'Espagne. La levée de 3000 hommes en février n'a fourni que la moitié du contingent prévu. Les Vendéens refusent de participer à cette levée. En juillet, Lyon se rebelle; en août Toulon se livre aux forces anglaises et espagnoles.

 

Une nouvelle levée d'hommes est nécessaire. Par décret du 23 août 1793, la Convention ordonne la levée en masse qui touche les hommes de 18 à 25 ans, célibataires ou veufs sans enfant. Les opérations de cette levée dureront jusqu'au printemps 1794.

Un registre est ouvert, à la Maison Commune, pour recevoir l'engagement des volontaires. Rarement le nombre d'engagés correspond au nombre d'hommes requis et le plus souvent le registre reste vierge; alors qu'en mars de la même année plusieurs petites communes avaient pu donner, sans problème, des noms de volontaires.

 Lorsque le nombre de volontaires est inférieur au nombre imposé, la municipalité a recours soit au vote soit au tirage au sort. Le choix de l'un ou l'autre procédé incombe aux jeunes gens concernés.

 Le recrutement terminé, dans les jours qui suivent, une assemblée se tient au chef-lieu de district en vue de l'organisation du bataillon: élection des officiers et sous-officiers des 9 compagnies qui le composent.

La commune doit fournir l'habillement et les armes à chacun de ses volontaires. Plusieurs municipalités se disent dans l'impossibilité de se soumettre à la loi

Il faut également acheminer ces hommes vers le lieu où ils sont affectés. Plusieurs étapes sont à prévoir avec l'hébergement et la nourriture. Dès 1792 la municipalité de Serres est débordée par ces problèmes d'intendance qu'elle ne peut assurer en plus des affaires courantes et elle fait appel à M. Prié, responsable des étapes à Grenoble, qui répond favorablement.

Les fournisseurs ont parfois quelques difficultés à percevoir leur dû. Le citoyen Bompard, de Serres, assure le 27 octobre "la subsistance en pain à 67 volontaires". La fourniture qu'il a faite auparavant ne lui est pas encore réglée.

Les grains, la farine, le foin, la paille font l'objet de réquisitions comme aussi les couvertures, les draps et le chanvre. Les réquisitions portent également sur les bêtes de boucherie et sur les chevaux qui doivent être jeunes et solides. Ces animaux nécessitent les soins de vétérinaires.

Outre les soucis d'habillement, d'armement et d'intendance, les communes ont à faire face aux problèmes de refus, de désertion, de remplacement des recrues inaptes au service.

 

La désertion semble s'accentuer au fil des ans. Une liste du 4 nivôse an VI (24-12-1797), indique les noms de "soldats réquisitionnaires qui doivent partir du dépot de Gap pour celuy de Chambéry". Certains de ces hommes désertent en cours de route.

 

Les extraits mortuaires couvrant la période qui s'étend de l'an II à l'an III nous livrent de nombreux patronymes. Malheureusement l'âge ou la date de naissance, voire les parents, sont rarement mentionnés. Par contre, le détail des vêtements et les biens sont parfois énumérés.

 

Suivre la trace des hommes requis en septembre 1793, tel est le but de ce travail. Si j'ai pu noter un certain nombre de noms ainsi que des renseignements divers, il m'a été rarement possible de faire un rapprochement entre eux. Dans la plupart des cas la filiation n'est pas indiquée et les homonymes sont nombreux. Comment dans ces conditions déterminer sans risque d'erreur le destin qui fut réservé à ces soldats? En fait, je n'ai que peu de réponses sûres

C'est la raison pour laquelle j'ai regroupé sur une seule liste les informations recueillies. Les mêmes patronyme et prénom peuvent apparaître deux ou trois fois sans qu'il soit possible d'affirmer qu'ils sont ceux d'un seul individu.

 

Par contre, j'ai émis l'hypothèse que quelques actes de mariages et de décès relevés dans les registres d'état-civil concernent directement quelques-uns de ces militaires.

 

Puisse cette étude, malgré ses imperfections et ses lacunes, avoir une quelconque utilité.

 

 

Suzanne CANU


 

  LA LEVEE EN MASSE 

 

 

Le 11 juillet 1792, l'Assemblée déclare la Patrie en danger. Une loi est votée le lendemain décidant de la levée de 500 soldats et de la formation de 46 bataillons de volontaires, soit 330 hommes.

Les bataillons sont formés assez rapidement et soldats et volontaires portés par l'enthousiasme remportent des victoires qui écartent le danger d'invasion étrangère

A la fin de 1792, les volontaires estiment avoir accompli leur devoir et veulent rentrer chez eux. Ils ont d'ailleurs tendance à en prendre à leur aise, retournant dans leurs foyers pour une raison ou une autre au mépris des sanctions qu'ils encourent.

Dubois Crancé préconise l'Amalgame des bataillons de volontaires et de soldats de ligne: deux bataillons de volontaires et un bataillon de ligne formant une demi-brigade.

Le 1er février 1793, la Convention déclare la guerre au roi d'Angleterre et au stathouder de Hollande, et les 21-23-24 et 25 février 1793, décrète la levée de 3000 hommes. Cette levée s'effectue parmi les hommes de 18 à 40 ans, célibataires ou veufs sans enfant. Mais cette levée ne fournit que la moitié du nombre d'hommes prévu.

En application d'une loi du 30 mars 1793 les Hautes-Alpes doivent fournir 10 hommes.

L'armée doit combattre l'Autriche, mais aussi l'Espagne à laquelle la Convention a déclaré la guerre le 7 mars 1793.

Les Vendéens refusent de participer à la levée de 3000 hommes ; ils se soulèvent. Dès mars 1793 débute une guerre civile qui sera longue et cruelle.

La lutte entre Jacobins et Girondins conduit la France à une situation critique. Les événements se précipitent. En juillet, Lyon se rebelle, en août Toulon se livre aux forces anglaise et espagnole.

 

Une nouvelle levée d'hommes est nécessaire. Par décret du 23 août 1793, la Convention ordonne la levée en masse qui touche les hommes de 18 à 25 ans, célibataires ou veufs sans enfant. Il ne s'agit plus de "volontaires", bien que dans de nombreux documents ce terme soit utilisé, mais de "requis". Cette réquisition, poursuivie d'année en année aboutira au service militaire obligatoire.

Les opérations de cette levée dureront jusqu'au printemps 1794. Un nombre d'hommes à fournir est fixé pour le département. Celui-ci fixe la quote-part de chaque district, lequel opère une répartition par canton. Chaque canton procède à l'ultime répartition par commune.

Un registre est ouvert, à la Maison Commune, pour recevoir l'engagement des volontaires. Rarement le nombre d'engagés correspond au nombre d'hommes requis et le plus souvent le registre reste vierge; alors qu'en mars de la même année plusieurs petites communes avaient pu donner, sans problème, des noms de volontaires, par exemple, à Montjai : 4 hommes ; à Sigottier: 1 homme ; à Sorbiers: 2 hommes ; à St-Genis: 1 homme (mais il est précisé qu'à part les souliers et la chemise, St-Genis ne peut fournir ni arme ni équipement) ; au Bersac: 2 hommes (ceux-là auront chacun un habit et un sabre).

Lorsque le nombre de volontaires est inférieur au nombre imposé, la municipalité a recours soit au vote soit au tirage au sort. Le choix de l'un ou l'autre procédé incombe aux jeunes gens concernés. Ceux-ci sont invités, de même que le maire, les officiers municipaux et quelques notables, à se rendre à la Maison Commune, ou tout local qui en tient lieu : à Orpierre « dans la Chapelle des ci-devant Congreganistes », aux jour et heure indiqués. La séance a lieu sous la surveillance du Commissaire Délégué pour la commune qui siège de droit au sein du bureau.

Les jeunes citoyens ainsi rassemblés entendent le discours du Commissaire Délégué. En fait, il lit "l'Adresse au peuple français" exaltant le patriotisme, la défense de la patrie, expliquant l'organisation de l'armée et faisant valoir tous les avantages des pensions de retraite. Ce dernier aspect de la carrière militaire amène parfois quelque auditeur à s'inscrire en tant que volontaire. Il est alors vivement félicité, acclamé… Le contingent n'est pas complet pour autant. Il faut se décider: scrutin ou tirage au sort.


 

Tableaux

 

 

Arles, Aspremont, Aspres, Bruis, canton de Serres, canton de St-André,

Chanousse, Château la B., Etoile, Haute Beaume, L'Epine, La Bâtie, La Bâtie-Monts., La Beaume

 

La Piarre, Lagrand, Le Bersac, Le Saix, Méreuil, Montclus, Montguers,

Montjay, Montmorin, Montrond, Moydans, n.p.,

 

Orpierre, Pommerol, Ribeyret, Ribiers, Rosans, Saléon, Savournon

 

Serres, Sigottier, Sorbiers, St-André, St-Cyrice, St-Genis, Ste-Colombe, Ste-Marie, Trescléoux

 

Les 931 noms par ordre alphabétique

 


ANNEXE I

STE-MARIE, 23-3-1793 : aucun volontaire ne s'est inscrit sur le registre

« ... les officiers municipaux ont observé que cette commune n'est composée que de 26 habitants pauvres et sans ressorces quelle a déja fourny 13 volontaires nationaux par conséquent depourvue de jeunes gens... »

6 hommes ont tiré au sort. Pierre COLOMB fut désigné.

Pierre COLOMB, de Jean Claude, 22 ans, 5 p. moins 2p.

« ... son père (attestation: jean claude colomb sert depuis le 15-11-1791, sergent major) sert la patrie en qualité de volontaire depuis près de deux ans que le fils reste seul dans la maison charge de la culture des biens et de lentretien de sa mère et de deux enfans; l'avons fait remplacer par le citoyen: jean françois moulin, de feu pierre, de Bruis, 36 ans, 5p. 4 pouces roux un peu chauve yeux gris ... »

 

ANNEXE II

Nous maire et officiers municipaux certi. avoir donné letat cy dessus par lequel il resulte que la Corne de la Beaume et Chateau la beaume dont la population narrive pas a mille amer ont deja fourni pour le service de la République le nombre de 21 citoyens ....

ceux originaires de ce lieu qui se trouvaient absent ont pris parti dans d'autres bataillons que ceus des hautes alpes sans y comprendre egalement ceux qui avoient ete renvoyes chez eux par linspecteur de lepoque de la formation du bataillon en foi de quoi avons signé ce dix huit mars 1793 lan 2ème de la Republique française

Vincent maire Bennard ofier

Correard greffier     P. Vial offisier

ANNEXE III

SERRES - 8 avril 1793

Il est procédé au remplacement d'un volontaire de la Commune de l'Epine qui s'est ensuite enrolé à Ribeyret.

Les jeunes gens refusent de fournir un remplaçant considérant que c'est la commune de l'Epine qui doit s'en charger.

 

ANNEXE IV

STE-COLOMBE

Nous Maire et officiers municipaux de la Commune de Ste Colombe departement des hautes alpes certifions quil nous a été impossible de faire nos fonctions lors du tirage et que nous avons été insultés pour plusieurs de la jeunesse quon a voulu maitre au rang du tirage trois ou qutre ayant seize ans estant hors de pouvoir faire le service. Cependant a été fait malgré nous et que lors du tirage apres six ou sept quils ont tiré Blanc les autres ce sont tous deranger de leur rang en criant quon ire plus tirer cependant ce fait et les quatre billets noirs ont servy et en est resté un Blanc dans le chapeau Ceux a qui le sort a echu on pretent dire que le tirage et nul Nous vous prions Citoyens administrators du district de serres dans faire les verifications et avons signe a Ste Colombe ce vongt six mars mil sept cens quatre vings treze lan second de la Republique française

 

Jouve, maire        Brunet          Chastel F.

Girousse, municipal

ANNEXE V

MOYDANS - 8 septembre 1793

Les jeunes gens « ... en age de subir le sort conformement a la loy, ont repondu, quils subiront le sort, après que la jeunesse de rosans auroient tiré, mais qu'il ne se preteroient point a ce tirage, qu'au prealable les gros lieux et voisins n'eussent donné l'exemple, de la conduite qu'ils doivent tenir en pareille circonstance … »

 

ANNEXE VI

ORPIERRE    8 septembre 1793

... se sont rassemblés dans la Chapelle des ci-devant congreganiste et ou se sont trouvés français René Taxil, maire Claude Plat, Claude Menassieu, François Bonnet, jean Baptiste Armand, Louis Julien, officiers Municipaux, Pierre Bernard, daniel Maigre, Antoine Ferralin, notables et François Jullien, procureur de la Commune ... le citoyen Faure, commissaire délégué pour cette commune a paru dans l'assemblée et a pris place au bureau.

... un mouvement Sans Doute Patriotique a Engégé la Majorité des Citoyens de la Première Classe a proposé de vouloir Marcher a la Défense des frontieres indignement livrées aux Ennemis de la liberté et de L'Egalité que tel etoit leur voeu Et qu'ils se refusoient à la Voye du Sort la seance a été levée a sept heures du soir et a été renvoyée a demain Neuf du matin.

Du neuf courant Et à L'heure indiquée les membres assemblés au bureau après la publication faite au petit nombre de citoyens de la Premiere Classe ayant paru l'assemblée de concert avec la Commissaire a renvoyé la seance a Cinq heures du soir ...

Seance du soir apres la Publication faite a huit heures personne n'a paru et elle a eté ajournee a demain dix a six heures du matin.

... a l'heure indique les Membres du Conseil assembles au Bureau avec le Commissaire apres la Publication faite les Citoyens formant la premiere classe ont éte invités a proceder par la Voye du Sort dans desemparer a former le contingent requis par l'administration du District. L'Elan patriotique Manifeste dans la Premiere seance s'est encore reproduit et la Majorite des Citoyens formant la premiere classe ont determinement Exprimé leur voeu Et ont dit vouloir tous Marcher a la deffanse de la patrie. ils ont proclame a l'unanimité le citoyen jean Barthelemy Guerin Boulayes pour leur chef sous l'approbation des administrations. Le dit citoyen Boulaye n'etant point compris dans le nombre des citoyens formant la Premiere Classe ...

Nombre d'hommes de la Première Classe : 30

Nombre d'hommes requis : 10

 

ANNEXE VIII

Procès-verbal de formation et d'organisation du cinquième bataillon.

Etat Major

6 hommes

Cie de Grenadiers  64

Cie n°1

90

Cie n°2

98

Cie n°3

127

Cie n°4

60

Cie n°5

96

Cie n°6

98

Cie n°7

90

Cie n°8

71

Total:               800 hommes

 

ETAT MAJOR

Jean Joseph Paul ITIER

Chef de Bataillon

Serres

Claude PALLANDRIE

Adjudant Major

Vienne

Jean François ROUBAUD

Quartier Maître

Gap

Jean François SIROT

Adjudant ss-off.

St-Antoine de Rochefort (72)

Jacob PALAIX

Tambour Major

Belfort

GRENADIERS

Jaques MOULIN

Capitaine

Serres

Joseph BLANC

Lieutenant

Gap

Jean Jacques THOME

Sous-Lieut.

Gap

Compagnie n°1

Alexandre BAU

Capitaine

Serres

Pierre Paul BARRILLON

Lieutenant

Serres

Jean ALLIER

Sous-Lieut.

Serres

Compagnie n°2

Pierre BOISSERENC

Capitaine

Veynes

Jean François Vincent Cazimir AUGIER

Lieutenant

Chabestan

Jean QUEYREL

Sous-Lieut.

La Freissinouse

Compagnie n°3

Jean François Arnoux THOME

Capitaine

Gap

Pierre MANUEL

Lieutenant

St-Bonnet

Maurice BLANC

Sous-Lieut.

St-Firmin

Compagnie n°4

Charles CARLE

Capitaine

Chorges

Pierre PEAUROY

Lieutenant

Valserres

JOSEPH ROMAN

Sous-Lieut.

Avançon

Compagnie n°5

Jacques ABEL

Capitaine

Chateauneuf-de-Chabre

François ABEL

Lieutenant

Chateauneuf-de-Chabre

Alexandre GRANGIER

Sous-Lieut.

Serres

Compagnie n°6

Jean Barthélémy GUERIN BOULAYES

Capitaine

Orpierre

Louis François MONTLAHUC

Lieutenant

Rosans

François FAURE

Sous-Lieut.

Trescléoux

Compagnie n°7

Joseph MEYSSONIER

Capitaine

La Bâtie-Neuve

Joseph EBRARD

Lieutenant

Tallard

Jean Baptiste NICOLLET

Sous-Lieut.

Sigoyer

Compagnie n°8

François BLANC

Capitaine

Gap

Charles ESPIE

Lieutenant

Gap

Etienne JEANSELME

Sous-Lieut.

Gap

Etienne BREMOND

Sergent Major

Gap

Jean François LATIL

Sergent

Treschatel

Jean Joseph MEALHIE

Sergent

Gap

Jean Antoine GARCIN

Sergent

Gap

... les officiers n'ont touché aucuns fourrages pendant leur garnison en cette ville (Gap) a compter du 11 7bre au 3 8bre, jour du départ de ce bataillon pour l'armée dirigé contre Toulon.

a Gap le 3 8bre 1793 et ont les administrateurs signé

 

ANNEXE IX

Lettre

Gap 12 mars 1793

aux Citoyens administrateurs du district de Serres

Vous avez sans doute remarqué, citoyens, que par la loi du 24 fevrier dernier relative au mode de recrutement de l'armée, les Municipalités et a leur deffaut les corps administratifs sont chargés de fournir a l'habillement et equipement des citoyens qui seront destinés à marcher a la deffense de la patrie

Comme il ya dans presque toutes les Municipalités des Gardes Nationaux qui seront invités a céder leurs habits aux volontaires nous nous reposons sur elle du soin d'y pourvoir, sauf a suppléer a ce qu'elles ne pourroient fournir lorsque nous en aurons connoissance, vous devez essentiellement surveiller cette fourniture d'habits.

Mais il est des objets d'equipement que nous prevoyons ne pouvoir être fourni dans les municipalités tels que chapeaux guettres sacs a peu, sacs de toile nous avons crû devoir en passer une adjudication qui est indiquée au 20 de ce mois nous vous envoyons des exemplaires d'affiches que vous voudrez bien faire passer dans toutes les municipalités afinque l'adjudication reçoive la plus grande publicité et que tous les ouvriers, fabriquants ou marchands puissent y concourir.

Nous invitons par une circulaire particulière toutes les Municipalités a faire fabriquer dix paires de souliers au moins dont elles devront faire le depot au Directoire du District et en prendre récepissé pour recevoir leur remboursement. Vous voudrez bien la leur faire parvenir ainsi que les affiches le plutot possible. Reunissez vous a nous, pour accéllerer cette fabrication qui sera regardée comme un acte de patriotisme

Les Administrateurs du Departement des Hautes Alpes

CHABERT     CHAMPSAU

BONTOUX    MAIZEL

 

 

ANNEXE XI

9 septembre 1793, le Maire de Ste-MARIE aux Citoyens administrateurs:

notre pasteur nous a pas plutot eû annoncé et expliqué la loy que nous nous sommes empressés de remplir cet objectif important et hier matin a six heures nous avons fait assembler la jeunesse peu nombreuse à la vérité mais brulant de zèle pour la patrie, nous l'avons faite tirer au sort qui est tombé au citoyen joseph lombard âgé de dix neuf ans; malgré notre amour pour la liberté et l'égalité il nous est impossible de remplir totalement l'objet atendu qu'il ni à aucune arme, ni habits dans cette municipalité nos fortunes sont si modiques qu'il nous est de toute impossibilité de pouvoir habiller et armé le susdit citoyen, mais nos bras, notre sang et nos vies suppléeront a nos modiques fortunes, vous en jugerez citoyens par les expressions ci-après qui émanent du fond de nos coeurs, la liberté et l'égalité ou la mort, nous sommes tous disposés à marcher contre l'ennemi commun s'il le faut, nous quiterons femmes et enfans plutot que de retombé sous l'ancien esclavage, nous avons été vraiment indignés de la perfidie des toulonnais soyez en assurés citoyens administrateurs ainsi que de notre respect pour les loys et de l'estime avec lequel nous sommes vos concitoyens

J.O pascal       maire

J.A Richaud    off. mi

ANNEXE XII

Certificat:

BOMPARD a fourni 3870 rations de pain

Veu certif municipalité de Serres du 22 10 dernier qui règle chaque ration à dix huit sols

Nous soussignes off municipaux de la ville de Serres, certifions que suivant la taxe du pain avant le maximum revenoit a dix huit sols la racion de chaque volontaire, certifions en outre que le citoyen Bompart a fourni le pain au bataillon qui sest dormé dernierement a Serres en

foy de quoy    le 22è 8bre 1793 (signatures)

 

Vu par nous administrateurs du district de Serres a Serres le 23è 8bre 1793 ..."

l'art 12 du dedret du 29 7bre que le marché fait pour la Republique avant la loi du maximum serrat execute comme ils auroient pu l'etre avant le maximum.

Or Bompart a fourni 3870 rations que la municipalité

de Serres a estime dix huit sols l'une et que je propose de reduire a quinze sols; attendu que la livre de pail blanc ne valoit que dix sols, ainsi une livre et demi (poid de marc ?) de pain inférieur ne doit pas valoir davantage

3870 rations se montent 2902 L 10

par consequent il faut lui livrer cette valeur en blé a 14 franc le quintal il lui en revient 207 quintaux et demi a present il reste a deliberer sin on remboursera les dittes rations toutes en blé ou partie en argent

Il a reçu 3 charges de blé

 

ANNEXE XIII

Le 9 frimaire an II (29 novembre 1793), le Maire de Grenoble adresse aux Citoyens Administrateurs des Hautes Alpes un dossier qui ne lui est pas destiné :

- Lettre de l'adjoint du Ministre de la Guerre du 29 brumaire an II (19 novembre 1793) accompagnant copie d'un etat de la depenses faites par le citoyen Arnoux artiste veterinaire residant à Gap pour traitement et fournitures de medicaments..

je vous prie de me donner votre avis sur les prix qui y sont portés et même d'en arrêter le compte pour constater légalement si ce memoire d'apothicaire n'est susceptible d'aucune réduction

Gautier

Avec ratures et surcharges :

Le memoire de l'artiste veterinaire Arnoux quoique ressemblant fort à un compte d'apothicaire, ne parait pas devoir soufrir aucune reduction les avances qu'a faites ce particulier et son déplacement dans un tems où les assignats n'etant point --- necessitent de.lui faire toucher promptement cette somme.

(mots rayés: l'indigence de ce particulier

qui lui est indispensable pour exister

enregistrée le 16 frimaire an II

                       (6 décembre 1793)

 

COPIE Etat des dépenses du citoyen ARNOUX

                                     Savoir

au Monestier, et au Lozet pour remede

15 L

à la Salle pour remède

10 L

au Villard St Pancrace pour remede

15 L

a Vallouise pour remede

12 L

à L'Argenterie pour remede

10 L

Pour 12 journees de vacations à 10 L

120 L

 

182 L

Je Soussigne certifie le present etat veritable montant à la somme de cent quatre vongt deux livres, à Briançon le douzieme Decembre 1792 l'an ler de la Republique Française

(signé) Arnoux artiste veterinaire

 

ANNEXE XIV

A Etoile un jeune homme présente un certificat délivré par le citoyen d'Hevale pour « défaut de conformation non aparent » … « le jeune homme robuste et vigoureux remplit sa tâche d'agriculteur et est enclin au plaisir de la chasse. Requis de se faire visiter par le citoyen commissaire en présence des officiers municipaux il s'est refusé à cette mesure essentielle dans le moment present pour edifier les bons citoyens et a dit qu'il tirerait volontiers au sort etant en etat de servir la patrie. »

 

ANNEXE XV

Lettre de l'administration municipale de Guillestre à l'Administration centrale du département des Hautes Alpes, en date du 14 floréal an VII (3-5-1799)

Citoyens

Nous vous envoyons par la voye de la gendarmerie le nommé Joseph Massot de la commune de Serres conscrit de la première classe venant de Turin d'ou il a deserté et qui a été arrêté par les conscrits et garde nationaux de cette commune la nuit dernière nous avons lieu d'attendre qu'il sera en diminution du contingent que doit fournir cette commune conformément à la loi et a l'art. 8 de l'Instruction du Ministre du 29 germinal dernier

salut et fraternité

 

ANNEXE XVI

Extrait mortuaire :

Laurent Denisot, originaire de Montmorin

soldat du Sème bataillon, 18ème ½ brigade d'Infanterie légère, 7ème Cie, décédé à l'hopital de Senones, Vosges, le 25 fructidor an II (11-9-1794)

Détail de l'habillement et objets personnels:

veste, pantalon, souliers, guêtres, bonnet de leinnes, chemise, havresac de toile

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Un deuxième extrait mortuaire le dit « décédé le 6 vendémiaire an III » (27-9-1794). Il est probable que le premier extrait mortuaire indique la date d'entrée à l'hopital et non la date réelle du décès.