Noctes Gallicanae
OBSCENA VERBA
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drop me a line.
L’abréviation CIL IV (ou CIL 4, il faut que je mette de
l’ordre !) renvoie au volume IV du Corpus
Inscriptionum Latinarum, recueil de toutes les inscriptions latines
antiques, initié au 19ème siècle par des érudits allemands et
régulièrement mis à jour. Quelques milliers de pages… Les volumes du Corpus et
les inscriptions dans chaque volume sont organisés selon la localisation
géographique des inscriptions : le volume IV est consacré aux inscriptions
pariétaires et doliaires de Pompéi et d’Herculanum (les inscriptions
monumentales ont été rassemblées dans le volume X), le volume VI à la ville de
Rome, le volume XII à la Gaule Narbonnaise, etc. Le volume IV contient environ
12000 inscriptions classées rue par rue, maison par maison, pièce par pièce.
L’abréviation Anth. Palat. renvoie à l’Anthologie Palatine, ou Anthologie
Grecque. C’est un recueil de 4500 courts poèmes appelés épigrammes, composé
vers l’an 1000 et que nous a transmis un manuscrit dit « Palatinus ».
Le recueil rassemble les œuvres de plus de 300 poètes, depuis Tyrtée (et
peut-être même Homère) qui vivait au VIIe s. av. J.-C. jusqu’aux
contemporains de Justinien (VIe s. ap. J.-C.). Le livre I contient
les épigrammes chrétiennes, le livre V les épigrammes érotiques, le livre VI
les épigrammes dites « votives », le livre VII les épitaphes, le
livre IX les épigrammes « démonstratives » (par ex. inscriptions sur
la base de statues), le livre X les épigrammes morales, le livre XI les épigrammes
satiriques, le livre XIV les problèmes et devinettes.
L’abréviation AE suivie d’un millésime renvoie à la
revue l’Année épigraphique.
J’ai utilisé la police Garamond Latin pour écrire le latin et la
police Athenian pour le grec, et des caractères de couleur marron pour les deux langues anciennes, sauf
les inscriptions peintes de Pompéi que je note en rouge, les graffitis en rouge foncé et les inscriptions magiques sur tablettes de plomb en gris.
Les citations et les textes d’auteurs français apparaissent en
caractères bleu foncé, mes propres traductions en vert olive.
Comme je trouve l’italique désagréable à lire sur l’écran, j’ai
préféré souligner les titres d’ouvrages.

Faire
…
|
Nous n’avons
pas, concernant le sexe, exactement les mêmes idées que les Romains de
l’Antiquité. Et bien des mots de ce vocabulaire reflètent leurs conceptions. Pour les
Romains, la femme n’avait qu’un rôle passif : elle se faisait pénétrer. Tant qu’un
homme pénétrait son partenaire, féminin ou masculin, au cours d’un rapport
oral ou anal, l’honneur était sauf ; par contre accepter une pénétration
passait pour déshonorant. |
LENTE IMPELLE Vas-y doucement ! CIL 4, 794
Dans une petite pièce, côté ouest du vico d’Eumachia
|
Memini illum, cum libertinum reum defenderet, cui obiciebatur,
quod patroni concubinus fuisset, dixisse: "impudicitia in ingenuo crimen
est, in servo necessitas, in liberto officium." Res in iocos abiit:
"non facis mihi officium" et "multum ille huic in officiis
versatur". Ex eo impudici et obsceni aliquamdiu "officiosi"
vocitati sunt.
Je me souviens qu’il a dit au cours d’un procès où il défendait
un affranchi à qui il était reproché d’avoir eu des rapports avec son
maître : « cette souillure est un crime chez l’homme de naissance
libre, c’est un devoir indiscutable pour un esclave, c’est un service que rend
un affranchi [à son ancien maître] ». C’est devenu une source de bons
mots : « Ne me rends pas service » et « Untel s’applique
beaucoup à rendre service à Untel ». De là le nom de
« serviables » que l’on donne parfois aux mignons et aux débauchés.
Sénèque le Père, Controverses,
IV, 10.
… et
dire
Anum appellas alieno nomine: cur? si turpe est, ne alieno
quidem; si non est, suo potius.
Tu
désignes l’anus par un autre nom. Pourquoi ? si la chose est malhonnête,
aucun mot ne convient ! Cicéron, Ad fam., IX, 22
arrigo, is, ere : « être en érection »
Jam nisi
per somnum non arrigis et tibi, Mevi,
Désormais tu ne bandes plus qu’en rêve,
Mévius…
Martial, XI, 46
"Quid te mutavit ? Quod reginam ineo ? Uxor mea est. Nunc coepi an abhinc annos novem ? Tu
deinde solam Drusillam inis ? Ita valeas, uti tu, hanc epistulam cum
leges, non inieris Tertullam aut Terentillam aut Rufillam aut Salviam
Titiseniam aut omnes. An refert, ubi et in qua arrigas ? "
« Qu’est-ce qui te prend ? C’est parce que je tire une
reine ? C’est ma femme. Ça vient de se faire ou ça dure depuis neuf
ans ? Et toi, tu ne tires que Drusilla ? A la bonne heure, si quand
tu liras cette lettre tu n’as pas tiré Tertulla ou Terentilla ou Rufilla ou
Salvia Titisenia ou toute la clique. Qu’est-ce que ça me fait, où tu bandes et
dans laquelle ? »
Suétone, Auguste,
69. (Lettre d’Antoine à Octave).
caco, as, are, avi, atum :
« aller à la selle ». C’est le seul verbe courant pour exprimer cette
action. Je traduis le plus souvent par
« faire caca », qui peut paraître un peu enfantin mais le verbe latin
n’était certainement pas perçu comme aussi grossier dans les divers contextes
que notre verbe « chier », qui est son descendant direct.
Ventris onus misero, nec te pudet, excipis auro,
Basse, bibis vitro : carius ergo cacas.
Tu soulages ton ventre sans la moindre
honte dans un vase en or, le pauvre !
Mais tu bois dans du verre, mon cher
Bassus : ça te coûte donc plus cher de faire caca.
Martial, I, 37
Ceterum erit mihi curae ut testamento caveam ne mortuus iniuriam
accipiam. Praeponam enim unum ex libertis sepulchro meo custodiae causa, ne in
monumentum meum populus cacatum currat.
Et puis j’aurai soin de veiller par
testament à ne pas subir d’outrage après ma mort : je préposerai un de mes
affranchis à la garde de mon tombeau pour que les gens n’y courent pas pour y
faire caca. [Pierre Grimal traduit par « déposer leurs
étrons »]
Pétrone, Satiricon,
71.
Mais
évidemment voici le contre-exemple, où le contexte impose un verbe plus
rude :
Hanc ad munditiem adde mundiorem,
quod culus tibi purior salillo est,
nec toto decies cacas in anno . . .
A cette propreté, ajoute plus propre
encore :
tu as le cul plus pur qu’une salière
et tu ne chies pas dix fois dans une
année entière…
Catulle, 23, 18-21.
Il
est toujours possible, en société, d’utiliser une périphrase :
Panem autopyrum de suo sibi, quem ego malo quam candidum ; et vires
facit, et cum mea re causa facio, non ploro.
Du pain de ménage, fait de blé complet,
que pour ma part je préfère au pain blanc : car il donne des forces et me
fait aller sans larmes à mes petites affaires. [trad. P.
Grimal]
Pétrone, Satiricon,
66.
La
même périphrase sert d’ailleurs à désigner aussi les flatulences :
Trimalcion, tout comme l’empereur Claude, pense qu’il est dangereux de se
retenir, même à table :
Itaque si quis vestrum voluerit sua re causa facere, non est quod illum
pudeatur.
C’est pourquoi, si l’un de vous a besoin
de se soulager, il n’y a pas de honte à avoir.
Pétrone, Satiricon,
47.
calo,
as, are, …(chalo) :
« relâcher, entr’ouvrir », terme de la langue nautique emprunté au
grec xalv, même sens.
Mot sans doute très vulgaire que n’emploient ni Catulle ni Martial.
IVCVDVS
MALE
CALA
Iucundus male c(h)alat : Jucundus baise mal !
CIL
4, 8715b
cauda
(ou coda), ae,
f : « queue » ; mêmes emplois qu’en français.
accidit ut cuidam
testis caudamque salacem
demeterent
ferro …
Il est arrivé qu’à certain [homme
adultère] on ait tranché au fer ses testicules et sa queue lubrique.
Horace, Satires, I, 2, 45-46
…
acris ubi me
natura
intendit, sub clara nuda lucerna
quaecumque
excepit turgentis verbera caudae …
Lorsqu’une pulsion naturelle me fait
bander et qu’à la lueur d’une lanterne une femme nue
reçoit les coups de ma queue gonflée…
Horace, Satires,
II, 7, 49
Une
inscription électorale de Pompéi (CIL 4, 7240), peinte sur le mur du bistrot de
Masculus, « le
Mâle », non loin d’un expressif Priape, mentionne des codati. Lisez caudati : « des hommes avec
une queue » :
CN HELVIVM
SABINVM AED D R P O F
MASCVLVS CVM CODATIS VBIQ(VE)
Élisez Gnaeus Helvius Sabinus édile,
il est digne de gérer la collectivité.
Masculus et tous ceux qui ont une queue vous le recommandent.
Caudam antiqui "penem" vocabant […], at hodie "penis" est in
obscenis. « At vero Piso ille Frugi in Annalibus suis queritur adolescentes
peni deditos esse. » Quod tu in epistula appellas suo nomine, ille tectius
"penem;" sed, quia multi, factum est tam obscenum quam id verbum, quo
tu usus es. Les Anciens
désignaient la queue par le mot « membre » […], mais de nos jours
« membres » fait partie des mots obscènes. Mais, dis-tu, le fameux
Pison Frugi se plaint dans ses Annales de voir les jeunes gens consacrer
tout leur temps à leur membre. Ce que toi, dans ta lettre, tu appelles par son
nom, lui il le nomme à mot couvert « membre », mais comme beaucoup de
gens en font autant, ce mot est devenu aussi obscène que celui dont tu t’es
servi. Cicéron, Fam., IX, 22. Ce
passage tendrait à montrer que pour Cicéron le mot cauda ne présente justement pas de
sens obscène.
Horace
emploie cauda au
sens de mentula, mais
ni Catulle ni Martial ne le font, peut-être parce que cet emploi avait pris une
connotation paysanne.
ceveo,
es, ere, cevi : « remuer les fesses » ; se dit du mâle ou
du pathicus :
Sed pedicaris, sed pulchre, Naevole, ceves.
Oui, tu te fais enfiler ; oui,
Naevolus, tu tortilles joliment du cul…
Martial, III, 95
cinaedus, i, m : « inverti,
efféminé ». Du grec kÛnaidow
que les Anciens faisaient dériver de kin¡v
et aÞdÅw « celui qui remue ses
parties honteuses ». Faute de mieux, j’ai systématiquement traduit ce mot
(péjoratif) par « pédé ».
Pedicabo ego
vos et irrumabo,
Aureli
pathice et cinaede Furi.
Je
vous sodomiserai et je vous la ferai sucer,
Aurélius la fiotte et Furius le pédé.
Catulle, 16
eÞw kinaÛdouw
An¡raw
±rn®santo, kaÜ oék ¤g¡nonto gunaÝkew:
oët' ndrew
gegasin, ¤peÜ pyon ¦rga gunaikÇn:
oëte gunaÝkew
¦asin, ¤peÜ fæsin ¦llaxon ndrÇn:
n¡rew eÞsÜ
gunaijÜ kaÜ ndrsin eÞsÜ gunaÝkew.
Les
pédés
Ils
ont renoncé à être hommes, et ne sont pas devenus femmes ;
ils
ne sont pas devenus hommes puisqu’ils assument les rôles des femmes ;
ils
ne sont pas femmes puisque la nature les a fait naître hommes ;
ce
sont des hommes aux yeux des femmes et aux yeux des hommes, ce sont des femmes.
Anth. Palat.
clunes, ium, m ou f :
« fesses, croupe » (des hommes et des animaux)
Forsitan
expectes ut Gaditana canoro
incipiant
prurire choro plausuque probatae
ad terram
tremulo descendant clune puellae,
Peut-être espères-tu que les danses de
Gadès
commencent à t’exciter sur leurs rythmes
mélodieux et qu’encouragées par les applaudissements
les filles glissent peu à peu vers le
sol en tortillant des fesses.
Juvénal, XI,
162-165.
coleus, i, m :
« testicule ». On trouve aussi culio,
onis, m (de là « couillon »). Il arrive qu’un homme puisse se dire coleatus, « couillu ».
Cum
depilatos, Chreste, coleos portes…
Bien
que tu trimballes, Chrestus, des couilles épilées, …
Martial, IX, 27
Le mot possède
évidemment des connotations nombreuses.
Putabat se
coleum Iovis tenere.
Il
croyait tenir une couille de Jupiter (c’est-à-dire
avoir décroché le gros lot).
Pétrone, Satiricon,
51.
Sed si nos
coleos haberemus, non tantum sibi placeret. Nunc populus est domi leones, foras
vulpes.
Mais
si on avait des couilles, [le maire] ne ferait pas tant le malin. De nos jours,
le peuple, c’est des lions à la maison et des renards dehors.
Pétrone, Satiricon,
44.
criso,
as, are, … : « remuer les fesses, se déhancher » ; se dit
en parlant d’une femme.
Numquid, cum crisas, blandior esse potes?
Tu licet
ediscas totam referasque Corinthon,
Non tamen omnino, Laelia, Lais eris.
Est-ce
que tu peux, quand tu tortilles du cul, être plus séduisante ?
Tu
auras beau apprendre par cœur et reproduire Corinthe toute entière,
Lélia, tu ne seras jamais tout à fait
Laïs.
Martial, X, 68.
cunnilingus, i, m : « celui qui
lèche le sexe féminin ».
Pediconibus
os olere dicis.
Hoc si,
sicut ais, Fabulle, verum est:
Quid tu
credis olere cunnilingis?
Les sodomites ont, dis-tu, mauvaise
haleine.
Si c’est vrai, Fabullus, si c’est comme
tu le dis,
Selon toi, que penser de l’haleine des
lécheurs de foufounes ?
Martial, XII, 85

cunnus, i, m : « vulve, vagin ». L’ancêtre
de notre mot « con », mais contrairement à son descendant, ce mot
n’est jamais employé comme insulte.
Praestatur
cano tanta indulgentia cunno
On
montre une telle complaisance à cette foufoune chenue…
Martial, II, 34.
En grec, õ kusyñw ou õ kusñw « trou ».
H prosmeneÝw
sæ, m¡xri seu ´liow ylcú
tòn kusòn ¤sdæw;
[...]
Est-ce
que tu vas rester là, jusqu’à ce que le soleil te chauffe
la
foufoune en y pénétrant ?
Hérondas, Mimes,
VIII.
culum, i, n : « cul ».
Quid miseros
frustra cunnos culosque lacessis ?
Pourquoi harcèles-tu en vain des
foufounes et des culs ?
Martial, XI, 46
Sit culus
tibi quam macer, requiris ?
Pedicare potes, Sabelle, culo.
A
quel point tu as le cul maigre, tu veux le savoir ?
Eh
bien Sabellus, tu peux enculer quelqu’un avec ton cul !
Martial, III, 98
do, as, are, dedi, datum :
« avoir des relations sexuelles ». Ellipse de cunnum alicui dare ? Le
verbe dare s’emploie
avec un sujet féminin sans COD mais avec éventuellement un nom d’homme en
fonction de COS :
Saepe ego Chrestinam futui. Det quam bene quaeris ?
Supra quod fieri nil, Mariane, potest.
J’ai souvent sauté Chrestina. Tu veux savoir si elle baise
bien ?
Au-delà de tout ce qui peut se trouver, Marianus !
Martial, II, 31.
Vxorem nolo Telesinam ducere : quare ?
Moecha est... Sed pueris dat Telesina : volo.
Je ne veux pas épouser Télésina. Pourquoi ?
C’est une salope ! … Quoi ? elle baise avec de petits
esclaves ? Alors je veux bien.
Martial, II, 31.
Vis futui gratis, cum sis deformis anusque.
Res perridicula est: vis dare nec dare vis.
Tu veux te faire baiser gratis et tu es moche et vieille !
Ça, c’est vraiment marrant : tu veux te donner et tu ne veux
pas donner.
Martial, VII, 74.
draucus, i, m :
« sodomite ». Porté comme nom propre, au masculin ou au féminin, par
des prostitués.
Vna
lavamur : aspicit nihil sursum,
sed spectat
oculis devorantibus draucos
nec otiosis
mentulas videt labris.
Nous nous lavons ensemble : il ne regarde rien en levant
les yeux,
mais il contemple d’un œil avide les gitons,
et il ne voit pas leurs bites sans remuer les lèvres.
Martial, I, 96.
fascinum,
i, n : « membre viril ».
…
inlitterati num minus nervi rigent
minusve languet fascinum? …
Horace, Épodes,
VIII.
Mes attributs incultes en sont-ils plus petitement raides
Et ma bite s’est-elle amollie, plus petite ?
Tu, qui non
bene cogitas et aegre
carpendo tibi temperas ab horto,
pedicabere
fascino pedali.
Quod si tam
gravis et molesta poena
non
profecerit, altiora tangam.
Toi qui as de mauvaises intentions et qui difficilement
Te retiens de cueillir les fruits de ce jardin,
Tu seras sodomisé par une bite d’un pied de long !
Et si un châtiment si sévère et si pénible
Ne suffit pas, je m’attaquerai à l’étage au-dessus.
Priapées, 28
fello, as, are, … :
« sucer ». Sur le même radical sont formés fel(l)ator, fel(l)atrix.
Quid faciat
volt scire Lyris. Quid? Sobria fellat.
Lyris veut savoir ce qu’elle a pu faire. Ce qu’elle a fait ?
Même sans avoir bu, elle suce !
Martial, II, 73
Os male
causidicis et dicis olere poetis.
Sed
fellatori, Zoile, peius olet.
La
bouche sent mauvais, dis-tu, chez les avocats et les poètes.
Mais
chez les suceurs, Zoïlus, elle sent encore plus mauvais.
Martial, XI, 30

CIL
4, 10222
Promus felator
petit
graffiti sur une tombe
porte
de Nuceria
ficus, i, m :
« la figue ». Désigne les hémorroïdes et toute sorte de kystes mal
placés, à l’anus ou in locis verecundioribus !
Saint Fiacre, patron des jardiniers, passait pour guérir le « fic »,
c’est-à-dire les hémorroïdes, les chancres et certains cancers (source :
Wikipedia).
Notons
qu’en grec tò sèkon, tout comme
l’italien fica, désigne le sexe de la femme.
Cum dixi
ficus, rides quasi barbara verba
et dici ficos, Caeciliane, iubes.
Dicemus
ficus quas scimus in arbore nasci,
dicemus ficos, Caeciliane, tuos.
J’ai
dit « figues », et tu en ris comme d’une faute de
prononciation :
Tu
veux qu’on dise « fics », Cécilianus.
Nous
emploierons « figues » pour celles dont nous savons qu’elles poussent
sur un arbre,
Nous
emploierons « fics », Cécilianus, pour les tiens.
Martial, I, 65
fornix, icis, m : « chambre
voûtée », et tout particulièrement celle qu’occupaient les prostituées,
d’où les mots populaires comme fornicare,
fornicator qui seront
repris par le latin de l’Église.
At meretrix
abigit testem veloque seraque
raraque
Submemmi fornice rima patet.
Mais
la putain écarte tout témoin avec un rideau, avec un verrou,
Et
une ouverture étroite laisse passer le jour dans ce bordel du Submemmium.
Martial, I, 34
fornix
désignait l’« arche », la « voûte » en général, puis tout
endroit voûté. Ce mot est certainement parent de fornax,
le « four » et furnus,
le « four de boulanger ». Il faut quand même un peu d’imagination
pour écrire que « les
prostituées romaines s'établirent d'abord dans des endroits écartés, autour des
murailles de la ville, dans les souterrains du cirque et sous la voûte des
fours abandonnés » !
futuo,
is, ere, ui, utum : « avoir des relations
sexuelles ». Le sujet est toujours masculin et le COD, exprimé ou
sous-entendu toujours féminin. Sur le même radical, fututor, fututrix
et fututio.
Lingis, non
futuis meam puellam
et garris
quasi moechus et fututor.
Si te
prendero, Gargili, tacebis.
Tu
lèches ma petite amie, tu ne la baises pas !
Et
tu te vantes de me cocufier en grand baiseur…
Si
je t’y prends, Gargilius, tu ne pourras plus parler [la bouche pleine] !
Martial, III, 97
Nullus in
urbe fuit tota qui tangere vellet
uxorem gratis, Caeciliane, tuam,
dum
licuit : sed nunc positis custodibus ingens
turba fututorum est : ingeniosus homo es.
Personne
dans tout Rome qui ait voulu toucher
ta
femme sans payer, Cécilianus,
pendant
que c’était possible. Mais maintenant que tu as embauché des gardiens, immense
est
la foule des baiseurs : tu es un malin !
Martial, I, 73
Le féminin fututrix est attesté à Pompéi comme
attribut d’un nom propre de femme
MOLA FOUTOUTRI%
La
Meule, quelle baiseuse !
CIL IV, 2204
Mots latins écrits en caractères
grecs : Mola fututris (= fututrix).
mais il n’est
employé par Martial qu’au figuré en rapport avec « main » ou « langue » :
… inguina saltem
parce
fututrici sollicitare manu.
… évite
Du moins d’exciter les bas-ventres de ta
main baiseuse !
Martial, XI, 22
Numquid
pollicita est tibi beatam
noctem Naevia sobriasque mavis
certae
nequitias fututionis ?
Est-ce
que Naevia t’a promis une nuit de bonheur ?
Et
tu préfères attendre dans la sobriété
les
jouissances d’une baise assurée ?
Martial, I, 106
ineo,
is, ire, ii, itum : « avoir des relations
sexuelles » (vulgaire ; voir ci-dessus s.v. arrigo)
"Quid te mutavit ? Quod reginam ineo ? Uxor mea est. [. . .]"
« Qu’est-ce qui te prend ? C’est parce que je tire une
reine ? C’est ma femme. »
Suétone, Auguste,
69. (Lettre d’Antoine à Octave)
inguen,
inis, n : « aine, bas-ventre, parties
génitales ». Un mot convenable.
Priapus siligineus
Si vis esse
satur, nostrum potes esse Priapum:
Ipsa licet rodas inguina, purus eris.
Étiquette d’un Priape en froment
Si
tu veux être rassasié, tu peux manger mon Priape :
Tu peux même lui ronger les parties, tu
resteras pur.
Martial, XIV, 70.
crassa nec
opposito pauidus tegit inguina guto.
Il ne cache pas craintivement son énorme
bas-ventre derrière une jarre d’huile.
Juvénal, XI, 158.
irrumo,
as, are, … : « donner à téter, faire
sucer ».
Subdola famosae moneo fuge retia moechae,
levior o conchis, Galle, Cytheriacis.
Confidis
natibus ? Non est pedico maritus ;
quae faciat duo sunt : irrumat aut futuit.
Je
te conseille de fuir les filets dangereux d’une adultère notoire,
Gallus,
toi qui as moins de polis que les coquilles de Vénus.
Tu
comptes sur tes fesses ? Le mari n’est pas un sodomite,
Il
ne fait que deux choses : il se fait sucer ou il baise.
Martial, II, 47
irrumare
implique éjaculer :
Non vis in
solio prius lavari
quemquam,
Cotile : causa quae, nisi haec est,
undis ne
fovearis irrumatis ?
Primus te
licet abluas : necesse est
ante hic
mentula quam caput lavetur.
Tu
ne veux pas qu’avant toi un autre se trempe
Dans
le bain, Cotilus. Pour quelle raison, sinon celle-ci ?
Pour
ne pas sentir la tiédeur des pollutions dans l’eau.
Baigne-toi
le premier si tu veux, il faudra pourtant bien
Que dans le bain ta bite se trempe avant
ta tête !
Martial, II, 70
irrumator,
oris : au sens propre « qui se fait
sucer », le mot prend aussi une valeur d’injure plus générale.
Praesertim
quibus esset irrumator
praetor, nec
faceret pili cohortem.
Surtout
ceux qui avaient un salaud
pour
officier supérieur, se fichant bien de sa cohorte.
Catulle, 10
landica,
ae, f : « clitoris ». En grec ¤sxra.
At di
deaeque dentibus tuis escam
negent,
amicae cunnilinge vicinae,
per quem
puella fortis ante nec mendax
et quae
solebat impigro celer passu
ad nos
venire, nunc misella landicae
vix posse
iurat ambulare prae fossis.
Puissent
les dieux et les déesses refuser à tes dents
La
nourriture ! Tu as léché la foufoune de la petite amie de ton
voisin !
A cause de
toi, une fille qui était vigoureuse et pas du tout menteuse
Et
qui venait toujours vers moi, vive
Et
d’un pas rapide, maintenant cette pauvre petite
Jure qu’elle
peut à peine marcher en raison des fentes à son clitoris.
Priapées,
78
Memini in
senatu disertum consularem ita eloqui : « Hanc culpam maiorem an ilLAM
DICAM ». Potuit obscenius ?
Je
me souviens d'un éloquent consulaire qui s’exprima ainsi en plein sénat :
« Dirai-je que cette faute est plus grande que celle-là ? »
N'est-ce pas le comble de l'obscénité ?
Cicéron, Ad fam.,
IX, 22.
lingo, is, ere, linxi, lictum :
« lécher, sucer », mais pas forcément dans un sens obscène, tout
comme lambo, is, ere,
« lécher, laper ».
ista cum
lingua, si usus veniat tibi, possis
culos et
crepidas lingere carpatinas.
Avec
une langue pareille, tu pourrais, si besoin était,
Lécher
des culs ou des sandales bas de gamme.
Catulle, 98
lupa,
ae, f : « louve, prostituée ». Quel rapport entre une louve et
une prostituée ? La louve passait, semble-t-il, pour une femelle
particulièrement lubrique ! Selon d’autres sources, les prostituées
racolaient en imitant le hurlement du loup.
Cythéris,
la célèbre maîtresse d’Antoine, a pris sur le tard le nom de Lycoris (LukÅreia),
sans doute plus pour évoquer Apollon et le Lykôrée, un sommet du Parnasse, que
la louve prostituée.
La belle
Messaline exerçait, paraît-il, ses talents au lupanar
sous le pseudonyme de Lycisca,
formé sur le nom grec du loup (lækow).
Chez
Lucien et dans l’Anthologie grecque on rencontre des courtisanes nommées
LukaÛnh, LukaÛnion, LukainÛw.
Dans
le Satiricon de Pétrone, le voisin d’Encolpe traite la femme de Trimalcion
de lupatria « salope »,
mot que P. Grimal traduit par « putain ».
Voyez
ci-dessous meretrix.
abscondunt spurcas et monumenta lupas.
même
les putes de bas étage se cachent dans les monuments funèbres.
Martial, I, 34
lupanar,
aris, f : « lupanar », lieu de
prostitution où l’on trouve des louves, lupae.
intravit
calidum veteri centone lupanar
et cellam
vacuam atque suam …
Elle
entra dans le tiède lupanar aux vieux rideaux
et
dans la cellule vide qui lui est réservée…
Juvénal, VI,
121-122 voyez Messaline
meio, is, ere et mingo, is, ere, mi(n)xi, mictum : « pisser ». On trouve des formes comme miare, minsare
dans les inscriptions.
cuius ad
effigiem non tantum meiiere fas est.
Contre
la statue duquel on peut pisser sans crainte, et pas seulement !
Juvénal, I, 131
laudare paratus,
si bene
ructavit, si rectum minxit amicus
Prêt
à s’extasier si son ami a bien roté et s’il a pissé droit.
Juvénal, III,
106-107
Minxisti
currente semel, Pauline, carina.
Meiere vis iterum ? Iam Palinurus
eris.
Paulinus,
tu as pissé une fois tandis que voguait la barque,
Tu veux pisser une seconde fois, alors
tu seras Palinure.
Jeu de mots: plin
oéreÝn « uriner de nouveau » et
Palinurus, le pilote d’Énée.
Martial, III, 78
mentula, ae, f :
« membre viril », parfois terme injurieux (« tête de
noeud »). C’est le mot le plus courant, ni grossier, ni bien sûr très
convenable du fait de son sens. J’ai choisi, faute de mieux, de le traduire par
« bite ». Il existe d’autres mots, parfois plus imagés, pour désigner
cette partie du corps masculin, comme columna,
medius vir, nervus, vomer,
etc.
Solis
putatis esse mentulas vobis,
solis
licere, quidquid est puellarum,
confutuere
et putare ceteros hircos ?
Vous
croyez être les seuls à avoir une bite ?
Les
seuls à qui il est permis de se taper toutes les filles et de considérer les
autres hommes comme des boucs ?
Catulle, 37
mentulatus
deus Priapo
mentulatior non est.
Aucun
dieu n’est plus membré que Priape.
Priapées,
36
"Ruta"
et "menta," recte utrumque: volo mentam pusillam ita appellare, ut
"rutulam;" non licet.
« Ciboule »
et « menthe » sont deux mots tout à fait convenables. Mais si je veux
employer un diminutif de « menthe » sur le modèle de
« ciboulette », c’est impossible. [ruta désigne
la rue]
Cicéron, Ad fam,
IX, 22.

meretrix, icis, f : « celle qui
se fait payer », tout simplement, comme le dit bien Ovide :
Stat
meretrix certo cuivis mercabilis aere
et miseras
iusso corpore quaerit opes
La
gagneuse attend de gagner avec qui voudra la somme fixée
et
recherche de misérables profits en livrant son corps.
Ovide, Amours, I, 10.

Alix,
Spartaci filius.
… meretricis
avarae
quae sese
toto corpore prostituit.
…
de la putain rapace
qui
offre au public son âme et son corps tout entier.
Catulle, 110
La
bustuaria (bustuarius, « celui qui brûle les
morts ») exerçait ses talents dans les nécropoles, à l’abri des tombeaux.
Les
prostituées de bas-étage étaient appelées dioboliae
« qu’on paye deux oboles » ou quadrantariae
« qu’on paye un quart d’as »), c’est-à-dire vraiment pas très
cher : à Pompéi, chez Hédoné, une pinte de vin valait un as.
moecha,
ae, f : « femme adultère, cocotte ». Le
mot grec moixñw a pour seul sens « homme
adultère », il existe un féminin moix‹w
« femme adultère ». En latin, on désigne par moechus et moecha
ceux et celles dont les amours, licites ou non, n’ont rien à voir avec le lien
conjugal.
ne Paris
abducta gavisus libera moecha
otia pacato degeret in thalamo.
Pour
que Pâris ne jouisse pas de la maîtresse qu’il avait enlevée
En
vivant sans souci ni contrainte dans une chambre paisible.
Catulle, 68b
« Moecha putida, redde codicillos,
redde putida
moecha, codicillos ! »
« Puante
salope, rends-moi mes lettres
rends-moi
mes lettres, puante salope ! »
Catulle, 42
Au masculin moechus, « l’amant » :
Moechum Gellia non habet nisi unum.
Turpe est hoc magis: uxor est duorum.
En
fait d’amants, Gellia n’en a qu’un.
C’est
encore bien plus grave : elle est l’épouse de deux hommes !
Martial, VI, 90.
molo,
participe archaïque multus :
« moudre ». Il s’agit évidemment d’une métonymie très vulgaire qui
évoque la meule (mola)
composée d’un cône fixe, la « borne » (meta)
et d’un double cône creux, le « plat » (catillus), dont la partie supérieure
forme trémie et dont la partie inférieure frotte contre la borne.

Deglubit,
fellat, molitur per utramque cavernam.
Elle
branle, elle suce, elle se fait ramoner par les deux trous.
Ausone, Épigrammes,
71.
Super
inguina mea diu multumque frustra moluit.
Installé
sur mes parties, il essaye longtemps et de toutes les manières de se ramoner,
mais sans résultat.
Pétrone,
Satiricon, 23.
Multus homo
es, Naso, neque tecum multus homost qui
descendit : Naso, multus es et
pathicus.
Avec
toi, il faut que ça saute, Nason, mais personne ne saute sur l’occasion
de
descendre en ville avec toi : Nason, tu te fais sauter, tu es une fiotte.
Catulle, 112.
mut(t)o,
onis, m : « membre viril » ; dérivé mutuniatus : bien membré
Dormis cum
pueris mutuniatis,
et non stat
tibi, Phoebe, quod stat illis …
Tu
dors avec de jeunes esclaves bien membrés
et,
Phébus, ce qui se dresse chez eux ne se dresse pas chez toi…
Martial, III, 73.
Mutunus
Tutunus était une divinité priapique, peut-être
d’origine étrusque, symbolisant l’union des sexes dans le mariage et à qui les
femmes, revêtues de toges prétextes, adressaient des sacrifices.

pat(h)icus,
i, m : « sodomite passif »
Pulccre
convenit improbis cinaedis,
Mamurrae
pathicoque Caesarique.
C’est
un joli accord entre ces infâmes pédés,
Mamurra
la fiotte et César.
Catulle, 57
pedico, as, are, … (paedico) : « sodomiser »,
formé sur le grec t paidik
« le mignon, le favori ». On pense à la Moèsa Paidik® de Straton qui forme le livre
XII de l’Anthologie Palatine. Ce mot appartient à la même famille que paiderast®w « qui aime les jeunes
garçons, pédéraste ». Pour autant que je sache, la sodomie antique ne s’exerce
que dans les relations homosexuelles.
Simpliciter
tibi me, quodcumque est, dicere oportet,
natura est quoniam semper aperta mihi :
pedicare
volo, tu vis decerpere poma ;
quod peto, si dederis, quod petis, accipies.
C’est
en toute simplicité qu’il faut que je te dise ce qu’il en est :
De
fait, je suis d’une nature toujours directe,
Je
veux sodomiser quelqu’un, tu veux cueillir les fruits,
Donne-moi
ce dont j’ai envie, ce dont tu as envie emporte-le.
Priapées,
38
pedico,
onis, m: celui qui sodomise
Dives eras
quondam: sed tunc pedico fuisti
et tibi nulla diu femina nota fuit.
Nunc
sectaris anus. O quantum cogit egestas!
Illa fututorem te, Charideme, facit.
Autrefois
tu étais riche, mais tu étais alors un sodomite
Et
pendant longtemps tu n’as connu aucune femme.
Maintenant
tu cours après les vieilles. A quoi pousse l’indigence !
Eh
oui, Charidemus, elle a fait de toi un baiseur.
Martial, XI, 87.
pedo,
is, ere, pepedi, peditum : « péter ». peditum, i,n : « pet ».
Ces deux mots étaient considérés comme très vulgaires :
Multis dum
precibus Iovem salutat
Stans summos
resupinus usque in ungues
Aethon in
Capitolio pepedit.
Riserunt
homines, sed ipse divom
Offensus
genitor, trinoctiali
Adfecit
domicenio clientem.
Post hoc
flagitium misellus Aethon,
Cum vult in
Capitolium venire,
Sellas ante
petit Paterclianas
Et pedit
deciesque viciesque.
Sed quamvis
sibi caverit crepando,
Compressis
natibus Iovem salutat.
Tout
en saluant Jupiter par de nombreuses prières,
Tête
droite, dressé sur ses orteils,
Aethon,
au Capitole, péta !
Tout
le monde se mit à rire. Le père des dieux lui-même,
offensé,
condamna ce mauvais sujet
à
refuser les invitations à dîner pendant trois jours.
Après
ce scandale, quand le malheureux Aethon
veut
monter au Capitole,
il
passe d’abord aux toilettes publiques de Paterclius
et
pète dix ou vingt fois.
Mais
bien qu’il ait pris ses précautions avec ces pétarades,
c’est
en serrant les fesses qu’il salue Jupiter.
Martial, XII, 77.
Dicitur
etiam meditatus edictum, quo veniam daret flatum crepitumque ventris in
convivio emittendi, cum periclitatum quendam prae pudore ex continentia
repperisset.
On
dit même qu’il avait en projet un édit autorisant à lâcher à table vents et
bruits intestinaux, parce qu’il avait appris qu’en se retenant par politesse un
convive avait mis sa vie en danger.
Suétone, Claude,
32.
penis,
is, m : « membre viril ». Le sens ancien est
« queue » : penem antiqui codam vocabant.
Même famille étymologique que le grec p¡ow,
même sens.
verum a te
metuo tuoque pene
infesto
pueris bonis malisque.
Mais
j’ai peur de toi et ta queue
Funeste aux garçons, les bons et les
mauvais.
Catulle, 15
percido,
is, ere, cidi, cisum : « transpercer »
(sens obscène bien sûr).
Percidere
puer, moneo : futuere puella :
barbatum furem tertia poena manet.
Tu vas te faire enfiler, mon garçon, je te préviens ; tu
vas te faire baiser, fillette,
Et le voleur barbu il lui reste le troisième châtiment.
Priapées,
13
pipinna,
ae, f : « quéquette », mot enfantin.
Drauci Natta
sui vocat pipinnam,
conlatus cui Gallus est Priapus.
Natta appelle « quéquette » celle de son giton
à côté de laquelle Rocco Siffredi passerait pour un
eunuque !
Martial, XI, 72.
podex,
icis, m : « le derrière ». De la famille de pedo, is, ere, pepedi, peditum
« péter », podex
signifie donc au sens propre « le péteur ». De la même racine que bd¡v et p¡rdomai.
Zoile, quid
solium subluto podice perdis ?
Spurcius ut fiat, Zoile, merge caput.
Zoïlus, pourquoi gâches-tu ton bain en y trempant ton
pétard ?
Pour que le bain soit vraiment sale, Zoïlus, trempes-y ta
tête !
Martial, II, 42
porcus,
i, m : le sexe des jeunes filles nubiles.
Sus graece dicitur ðw,
olim yèw, dictus ab illo verbo quod dicunt yæein, quod est immolare. Ab
suillo enim pecore immolandi initium primum sumptum videtur, cuius vestigia,
quod initiis Cereris porci immolantur, et quod initiis pacis, foedus cum feritur,
porcus occiditur, et quod nuptiarum initio antiqui reges ac sublimes viri in
Etruria in coniunctione nuptiali nova nupta et nouus maritus primum porcum
immolant. Prisci quoque Latini, etiam Graeci in Italia idem factitasse
videntur. Nam et nostrae mulieres, maxime nutrices, naturam qua feminae sunt in
virginibus appellant porcum, et Graecae choeron, (xoÝrow) significantes esse dignum insigne nuptiarum.
Le porc se dit en grec « hys », autrefois
« thys », nom qui dérive du verbe « thyin » qui signifie
« sacrifier ». En effet il semble que c’est d’abord dans le troupeau
de porcs que l’on prenait les victimes au début des sacrifices. Il reste des
souvenirs de cet usage : on sacrifie des porcs au début des cérémonies
pour Cérès ; on tue un porc au début des cérémonies pour la paix lorsqu’on
a négocié le traité ; au début des cérémonies de mariage, chez nos anciens
rois et dans l’aristocratie étrusque, la jeune mariée et le jeune mari
commençaient la célébration de leur union nuptiale par le sacrifice d’un porc.
Il semble que les anciens Latins aussi, tout comme les Grecs installés en
Italie, connaissaient la même coutume. La preuve en est que chez nous, les
femmes et tout particulièrement les nourrices appellent chez les jeunes filles
la partie du corps qui fait d’elles des femmes le « porc » (les
Grecques aussi l’appelent « choiros »). Elles désignent ainsi les
signes qui montrent que le temps du mariage approche.
Varron, De l’agriculture, II, 4, 9-10
prostituta, ae, f : celle qui
« se tient exposée aux regards ». Le terme semble appartenir au
langage juridique. Martial n’utilise ce mot que comme adjectif.
Quaedam virgo a piratis
capta venit; empta a lenone et prostituta est.
Arrive une vierge qui a été enlevée par des pirates, achetée par
un souteneur, elle a été prostituée.
Sénèque le Père, Controverses, I, 2.
et
prostitutis levius caput culis,
et ta tête est plus lisse que les culs prostitués…
Martial, IX, 27.
prurigo, inis, f : « violent
désir sexuel »
Cum frustra
jacui longa prurigine tentus,
succurrit pro te saepe sinistra mihi.
Lorsque
je reste longtemps allongé pour rien, tendu par un violent désir,
c’est
souvent que ma main gauche vient me secourir à ta place.
Martial, XI, 73.
scortum,
i, n : « prostituée ». Disparaît de l’usage sous l’Empire. scortum désigne au sens propre « la
peau », et donc par métonymie « la peau sur laquelle on se
frotte ». Mot neutre, il peut s’appliquer aussi à un garçon.
verum nescio
quid febriculosi
scorti
diligis : hoc pudet fateri.
Mais tu aimes je ne sais quelle putain
Maladive : voilà ce que tu as honte d’avouer.
Catulle, 6.
Catulle
emploie le diminutif scortillum :
Varus meus ad suos amores
visum duxerat e foro otiosum,
scortillum,
ut mihi tum repente visum est,
non sane
illepidum neque invenustum.
Mon ami Varus, alors j’étais oisif au forum,
M’avait emmené rendre visite à ses amours,
Une petite cocotte, ça se voyait au premier coup d’œil,
Mais pour dire vrai, ni dépourvue de charme, ni dépourvue de
grâce.
Catulle, 10
sopio,
onis, m : membre viril ? (mot rare au sens mal établi).
atqui
putate : namque totius vobis
frontem
tabernae sopionibus scribam.
Mais méfiez-vous ! Sur la façade de toute
votre boutique, je vais vous dessiner des biroutes.
Catulle, 37
spintria, ae, m : sodomite ( ?) Ce
mot doit représenter une forme dialectale de la région de Naples du mot grec sfÛgthw, équivalent de cinaedus, et formé sur le même radical que sfigt®r,
« sphincter anal ». Ce dernier mot se rencontre dans la Musa puerilis de
Straton.
[Vitellius] pueritiam primamque adulescentiam
Capreis egit inter Tiberiana scorta, et ipse perpetuo spintriae cognomine
notatus existimatusque corporis gratia initium et causa incrementorum patri
fuisse
il passa son enfance et son adolescence à Capri, parmi les
prostitués de Tibère ; il en garda toujours le surnom de spintria et l’on
pense que grâce à son corps il permit à son père de commencer sa carrière.
Suétone, Vitellius,
3.
stuprum, i, m :
« déshonneur résultant du viol, de l’adultère, etc. ». Mot de la
langue plutôt soutenue, qu’on ne trouve ni chez Horace, ni chez Martial.
[Lucretia] a
Sex. Tarquinio regis Superbi filio per vim stuprum pati coacta, cum gravissimis
uerbis iniuriam suam in concilio necessariorum deplorasset, ferro se, quod
veste tectum adtulerat, interemit.
[Lucrèce], après avoir été violée par Sex. Tarquin, fils du roi
Tarquin le Superbe, déplora avec les mots les plus lourds de sens, au milieu de
ses proches assemblés, l'outrage qu'elle venait de subir et se frappa d'un
poignard qu'elle avait caché sous sa robe.
Valère-Maxime,
6.1.1
M. Antonius
avorum nostrorum temporibus clarissimus orator incesti reus agebatur. Cuius in
iudicio accusatores servum in quaestionem perseverantissime postulabant, quod
ab eo, cum ad stuprum irent, lanternam praelatam contenderent.
Marc Antoine, le si célèbre orateur du temps de nos aïeux, était
accusé de crime sexuel. Au cours de son procès, ses accusateurs ne cessaient de
demander qu'un de ses esclaves fût soumis à la torture, parce que,
prétendaient-ils, c’est lui qui portait la lanterne quand ils allaient se
livrer à la débauche.
Valère-Maxime,
6.8.1
tenta, orum, n. pl.: « membre
viril ». C’est l’adjectif tentus,
« tendu », employé par Catulle comme nom, mais il s’agit peut-être
d’une figure de style plutôt que d’un emploi lexicalisé.
Nescio quid certe est : an vere fama susurrat
grandia te medii tenta vorare viri ?
Je
ne sais pas cequ’il en est : faut-il croire ce que dit la rumeur,
que
tu avales ce qui est grand et raide au milieu de l’homme ?
Catulle, 80
tentigo, inis, f :
« érection ». Voir l’exemple sous tribas.
tribas, adis, f :
« lesbienne ». Du grec tribw,
dow, même sens.
Mot de la racine de trÛbv,
« frotter, user » ; l’équivalent latin tero possède le même emploi obscène.
Pedicat pueros tribas Philaenis
et tentigine saevior mariti
undenas dolat in die puellas. [...]
Non fellat, putat hoc parum virile,
sed plane medias vorat puellas.
La
gouine Philaenis sodomise des garçons
et
plus féroce qu’un mari en érection,
elle
frotte onze filles dans la journée…
Elle
ne suce pas, elle trouve ça peu viril,
mais
elle dévore à fond le sexe des filles .
Martial, VII, 66.
verpa,
ae, f : « pénis au prépuce rétracté »
QUI VERPAM
VISIT QVID CENASSE ILLVM PVTES
Celui
qui a rendu visite à ma bite, de quoi crois-tu qu’il ait dîné ?
CIL 4, 1884
AMAT QVI
SCRIBIT, PEDICATVR QUI LEGET
QUI OBSVLTAT
PRVRIT PATICVS EST QVI
PRAETERIT
VRSI ME
COMEDANT ET EGO VERPA(M) QVI LEGO
Celui
qui écrit fait l’amour, celui qui lit se fait enculer,
celui
qui se tortille ça le démange, celui qui passe sans lire est une fiotte.
[autre
main] Que les ours me bouffent la bite à moi aussi qui suis en train de lire
ça.
CIL 4, 2360
REGVLO
FELICITER QVIA VERPA EST
Vive
Regulus parce qu’il est bien monté.
CIL 4, 4876
HYSOCRYSE
PVER NATALIS VERPA TE SALVTAT
Jeune
Hysocrysus, Natalis la belle bite te salue.
CIL 4, 1655
Jam nisi per
somnum non arrigis et tibi, Mevi,
incipit in medios meiere verpa pedes…
Désormais
tu ne bandes plus qu’en rêve, Mévius,
Et
ta bite commence à pisser au milieu de tes pieds…
Martial, XI, 46
verpus, i, m :
« décalotté », cvlñw.
Porci et
Socration, duae sinistrae
Pisonis,
scabies famesque mundi,
vos
Veraniolo meo et Fabullo
verpus
praeposuit Priapus ille ?
C’est
vous, Porcius et Socration, les deux hommes de main
de
ce voleur de Pison, espèces de gales et d’affameurs du monde,
c’est
vous que, au lieu de mon cher Veraniolus, de mon cher Fabullus,
ce
Priape décalotté de Pison a invités à dîner ?
Catulle, 47
Verpus
signifie aussi « circoncis » avec dans ce dernier sens une forte
valeur péjorative.
Illud me
cruciat, Solymis quod natus in ipsis
pedicas puerum, verpe poeta, meum.
Ce
qui me tourmente, c’est que, né au centre de Jérusalem,
Tu
sodomises, poète circoncis, mon petit esclave.
Martial, XI, 94
Juvénal s’en
prend violemment au judaïsme et décrit Moïse et la loi juive refusant
non
monstrare vias eadem nisi sacra colenti,
quaesitum ad
fontem solos deducere verpos.
de
montrer le chemin à ceux qui ne pratiquent pas le même culte
et
de conduire à la recherche d’une Source les seuls circoncis.
Juvénal, 14,
103-104.
On
sait que Grecs et Latins, les « Gentils », s’opposaient radicalement
à la circoncision, estimant « cette pratique dégradante » et assimilant
« la
perte du prépuce à une mutilation ». La première génération chrétienne fut
confronté à un problème difficile lorsque se convertirent en masse des
personnes d’origine non juive. Après un débat animé, les non-juifs furent
dispensés de la circoncision par une assemblée tenue à Jérusalem au milieu du
premier siècle, traditionnellement appelée "Concile de Jérusalem". Cependant même après
cette date persistèrent des tensions à ce sujet, comme on le voit dans les
Épîtres de saint Paul. (Wikipédia, art. circoncision)
Circumcisio
quidem prodest si legem observes ; si autem praevaricator legis sis circumcisio tua praeputium
facta est. Si igitur praeputium iustitias legis custodiat nonne praeputium
illius in circumcisionem reputabitur [. . .] Sed qui in abscondito Iudaeus et
circumcisio cordis in spiritu non littera cuius laus non ex hominibus sed ex
Deo est.
Car la circoncision est utile, il est
vrai, si tu observes la loi ; mais si tu es transgresseur de la loi, ta
circoncision devient incirconcision. Si donc l'incirconcis garde les commandements
de la loi, son incirconcision ne sera-t-elle pas tenue pour circoncision ? […]
mais le vrai Juif, c'est celui qui l'est dans l'être caché, et la vraie
circoncision est celle du cœur, selon l'Esprit et non selon la lettre ; sa
louange ne vient pas des hommes, mais de Dieu.
In quo et
circumcisi estis circumcisione non manufacta in expoliatione corporis carnis in
circumcisione Christi.
En qui aussi vous avez été circoncis
d'une circoncision que la main n'a pas faite, par le dépouillement du corps de
la chair, par la circoncision de Christ.
Colossiens,
2, 11
Ubi non est
gentilis et Iudaeus circumcisio et praeputium barbarus et Scytha servus et
liber sed omnia et in omnibus Christus.
Ici il n'y a pas Grec et Juif,
circoncis et incirconcis, Barbare, Scythe, esclave, libre ; mais Christ, toutes
choses en tous.
Colossiens,
3, 11
© Alain Canu
9
octobre 2005
24
août 2006
avril
2011