Diagoras de Mélos

Diagñraw õ M®liow

 

Diagoras de Mélos a vécu vers 465-415 av. J.-C. Il a composé surtout des dithyrambes.

 

Il était surnommé « l’Athée » (õ …Ayeow).

 

Pourtant, respectueux des dieux comme tout un chacun, il commence son recueil par

katŒ daÛmona kaÜ tæxhn p‹nta teleÝtai

tout se fait selon la volonté de la Divinité et de la Fortune

mais un jour il porte plainte contre un autre poète qui lui avait volé un péan, l’autre jure sur les dieux que le péan est bien de lui et obtient son acquittement. Comme il n’arrive rien de fâcheux au parjure, Diagoras, écoeuré, en déduit que les dieux n’existent pas.

 

Il professe son athéisme à Athènes et dévoile à qui veut l’entendre les mystères d’Eleusis. Il doit quitter précipitamment l’Attique pour échapper à une condamnation :

             ¤panagoreæetai:

¶n ŽpokteÛnú tiw êmÇn Diagñran tòn M®lion

lamb‹nein t‹lanton. . . Aristophane, les Oiseaux, 1072-1074.

Avis à la population :

Si l’un de vous tue Diagoras de Mélos,

Il recevra un talent.

Ajoutons que la proclamation disait ensuite que si on le ramenait vivant, la récompense serait de deux talents !

 

 

yeòw yeòw prò pantòw ¦rgou broteÛou

nvmi fr¡n' êpert‹tan

aétoda¯w d' ŽretŒ braxçn oämon §rpei

La Divinité, la Divinité exerce sa pensée supérieure

Avant toute action d’un mortel.

 

katŒ daÛmona kaÜ tæxan

tŒ p‹nta brotoÝsin ¤kteleÝtai

c’est selon la volonté de la Divinité et de la Fortune

que s’accomplissent les choses pour les mortels.

 

 

On raconte aussi qu’invité chez un autre philosophe, Diagoras fut chargé par son hôte, appelé à l’extérieur, de surveiller la marmite où cuisaient les lentilles. Voilà que le feu allait s’éteindre, faute de bois. Diagoras avise une statuette d’Héraclès, la casse et se sert des morceaux pour alimenter le foyer en disant

dÅdeka toÝsin yloiw triskaid¡katon tñnd' ¤t¡lesen „Hrakl°w dÝow

En sus des douze travaux bien connus, le divin Héraclès vient d’achever celui-ci, le treizième !

 

Intégralité des fragments conservés

le 7 juillet 2001

 

 

 


Pour les dieux

eÞw yeoæw

poèmes anonymes

 

ƒApñllvni

Diý

Dhm®tri

B‹kxÄ

ƒAfrodÛtú

 

Voyez aussi ci-dessous les scolies.

 

ƒApñllvni

à Apollon

 

´liow ƒApñllvn õ d¢ g' ƒApñllvn ´liow

Le soleil est Apollon et Apollon est le soleil.

 

Þ® PaiÅn, Ê Þ® PaiÅn

Þ® PaiÅn, Ê Þ® PaiÅn

Þ® PaiÅn, Ê Þ® PaiÅn

Ç naj …Apollon feÛdeo koærvn

feÛdeo...

ié Péan, ô ié Péan,

ié Péan, ô ié Péan,

ié Péan, ô ié Péan,

ô seigneur Apollon, épargne les jeunes gens,

épargne-les !

 

Paina klutñmhtin ŽeÛsate

koèroi Latoýdan †Ekaton

Þ¢ Pai‹n

ùw m¡ga x‹rma brotoÝsi ¤geÛnato

mixyeÛw ¤m filñthti KorvnÛdi

t° Flegæao

Þ¯ Pai‹n 'Asklhpiòn

daÛmona kleinñtaton

Þ¢ Pai‹n

Chantez le Péan célèbre pour sa difficulté,

jeunes gens chantez le fils de Lêto, le dieu qui frappe au loin,

ié Péan,

qui a procuré cette grande joie aux hommes

en s’unissant intimement à Coronis,

la fille de Phlégée,

ié Péan : Asclépios

la plus célèbre des divinités,

ié Péan.

 

toè d¢ kaÜ ¤jeg¡nonto Max‹vn

kaÜ PodaleÛriow ±d' ƒIasÅ

Þ¢ Pai‹n

Aàgla t' eôÇpiw Pan‹kei‹ te

ƒHpiñnaw paÝdew sçn ŽgaklutÇi

eôageÝ „UgieÛai

Þ¯ Pai‹n ƒAsklhpiòn

daÛmona kleinñtaton

Þ¢ Pai‹n

De celui-ci aussi sont nés Machaon

et Podalirios et Jason

ié Péan

et Aegla aux beaux yeux et Panacée,

enfants d’Épione avec la toute glorieuse

immaculée Hygiée.

ié Péan ; Asclépios

la plus célèbre des divinités,

ié Péan.

 

xaÝr¡ moi álaow d' ¤pinÛseo

tŒn ŽmŒn pñlin eéræxoron

Þ¢ Pai‹n

dòw d' ²mw xaÛrontaw õrn f‹ow

ŽelÛou dokÛmouw sçn ŽgaklutÇi

eôageÝ „UgieÛai

Þ¯ Pai‹n ƒAsklhpiòn

daÛmona kleinñtaton

Þ¢ Pai‹n

Le salut sur moi ; toi, bienveillant, viens visiter

ma cité au large territoire,

ié Péan,

donne-nous la faveur de voir la lumière

du soleil, nous saurons l’apprécier avec la toute glorieuse

immaculée Hygiée.

ié Péan ; Asclépios

la plus célèbre des divinités,

ié Péan.

 

 

 

Diý

à Zeus

Î Zeè p‹ter aàye ploæsiow genoÛman

Zeus père, fais que je devienne riche !

 

ðson ðson Î fÛle

Zeè katŒ t°w Žroæraw

t°w ƒAyhnaÛvn kaÜ tÇn pedÛvn

Pleus, pleus, bien aimé

Zeus, sur les labours

des Athéniens et sur leurs plaines.

 

 

 

Dhm®tri

à Déméter

ßeròn ¦teke Pñtnia Koèron

BrimÆ Brimñn

La Maîtresse a mis au monde un Garçon sacré,

Brimô Brimos.

Déméter et son fils Ploutos.

 

 

 

B‹kxÄ

à Bacchus

oß d¢ Þyæfalloi kaloæmenoi prosvpeÝa meyuñntvn ¦xousin kaÜ ¤stef‹nvntai...

sig» d¢ diŒ toè pulÇnow eÞelyñntew, ÷tan katŒ m¡shn t¯n ôrx®stran g¡nvntai ¤pistr¡fousin eÞw tò y¡atron l¡gontew:

Ceux que l’on appelle les « phallus raides » portent des masques d’hommes ivres et sont couronnés... Ils entrent en silence par la grande porte (du théâtre) et lorsqu’ils arrivent au centre de l’orchestre, ils se tournent vers les spectateurs et disent :

Žn‹get' eéruxvrÛan

tÒ yeÒ poieÝte:

y¡lei gŒr õ yeòw ôryòw ¤sfurñmenow

diŒ m¡sou badÛzein

oß d¢ fallofñroi ... par¡rxontai oß m¢n ¤k parñdou oß d¢ katŒ m¡saw tŒw yæraw, baÛnontew ¤n =uymÒ kaÜ l¡gontew:

soÛ B‹xke, t‹nde moèsan Žglaýzomen

ploèn =uymòn x¡ontew aÞñlÄ m¡lei

kainŒn Žpary¡neuton oë ti taÝw p‹row

kexrhm¡nan ÓdaÝsin Žll' Žk®raton

kat‹xomen tòn ìmnon

Levez-vous et une large place

laissez au dieu :

car il veut, ce dieu, droit et prêt à éjaculer

s’avancer parmi vous.

Les « porteurs de phallus » entrent les uns par l’entrée du chœur, les autres par les portes centrales, s’avançant en mesure, et disant :

Pour toi, Bacchus, nous agrémentons cette musique,

versant sur cette mesure simple une mélodie variée ;

musique nouvelle et non déflorée, sans qu’aux airs d’autrefois

nous ayons eu recours, mais absolument pur

est l’hymne que nous entamons.

 

eëion ôrsigænaika

mainom¡naiw Diñnuson

Žny¡onta timaÝw

Evios, toi qui agites les femmes,

Dionysos qui fleuris

dans des honneurs entachés de folie.

 

 

 

ƒAfrodÛtú

à Aphrodite

 

ŽnŒball' nv tò g°raw

Î kalŒ ƒAfrodÛta

Écarte loin la vieillesse,

ô belle Aphrodite!

 

 

 


Érinna de Ténos

…Hrinna ² T®nia

 

Érinna de Ténos (ou de Télos) a vécu au IVe s. av. J.-C.

 

Paryenik¯ d' …Hrinna ligæyroow §zeto koærh

oé mÛton Žfafñvsa polæplokon Žll' ¤nÜ sig»

Pierik°w =ay‹miggaw Žpostal‹ousa melÛsshw.

La vierge Erinna, jeune fille aux chants harmonieux était assise,

qui ne tournait pas le fil qui se tresse, mais en silence

distillait les gouttes d’une abeille de Piérie.

Christodoros de Coptos (Description d’une statue du gymnase public de Coptos en Thébaïde.)

Anthologie, II, 108-110.

 

  'Asklhpi‹dou eÞw …Hrinnan

õ glukçw 'HrÛnnhw oðtow pñnow oéxÜ polçw m¢n

  Éw ’n paryenikw ¤nneakaidek¡teuw

Žll' ¥t¡rvn pollÇn dunatÅtervw eÞ d' 'Aýdaw oß

  m¯ taxçw ·lye tÛw ’n talÛkon ¦sx' önoma

D'Érinna, voici les oeuvres, douces à lire. Le livre n'est pas gros,

c'est celui d'une jeune fille de dix-neuf ans,

mais il a plus de force que beaucoup d'autres. Si Hadès

vers elle n'était pas si vite venu, qui possèderait un nom plus illustre?

Asclépiade de Samos [première moitié du IIIe s. av. J.-C.] sur Erinna

 

ƒAlak‹ta

La quenouille

PompÛle, naætaisin p¡mpvn plñon eëploon Þxyæ

  pompeæsaiw præmnayen ¤mŒn deÝan ¥taÛran.

Pilote, poisson aux matelots faisant escorte pour naviguer bonne navigation,

puisses-tu escorter depuis la poupe mon amie qui me charme!

 

pra#lñgoi poliaÛ, taÜ g®raow nyea ynatoÝw

A la parole douce, femmes aux cheveux blancs, vieillesse en fleurs pour les mortels...

 

toutñyen eÞw ƒAýdan keneŒ dian®xetai össe kat[agreÝ].

D’ici jusqu’au pays d'Hadès le vain écho passe le fleuve,

silence chez les morts, ténèbre s'empare des deux yeux.

 

Ces trois fragments sont tout ce qui survit du poème en trois cents vers d’Erinna.

Texte établi et traduit par Yves Battistini, Poétesses grecques, Imprimerie nationale, 1998.

 

 

 


Eumélos de Corinthe

Eëmhlow õ KorÛnyiow

Membre de la famille royale de Corinthe, il a vécu au milieu du VIIIe s., ce qui fait de lui un contemporain de l'auteur de l'Odyssée.

On lui attribue des poèmes épiques. Les vers que je cite, les seuls qui restent de lui, appartenaient à un hymne destiné aux processions de Délos.

 

Zeè p‹ntvn Žrx‹...

tÒ gŒr ƒIyvm‹t& katayæmiow ¦mpleto MoÝsa

 kayarŒ kaÜ ¤leæyera s‹mbalƒ ¦xoisa

La Muse a empli de bonheur le coeur du dieu d'Ithomè,

elle qui est pure et porte les sandales des hommes libres.

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


Hybrias le Crétois

„UbrÛaw õ Krhtñw

Je ne sais absolument rien sur Hybrias le Crétois, sinon qu’il a écrit des scolies, ou que l’un de ses poèmes, le seul qui nous reste de lui, a été chanté lors de banquets...

 

 

¤st… moi ploètow m¡gaw dñru kaÜ jÛfow

kaÜ tò kalòn lais®óon, prñblhma xrvtñw:

toætÄ gŒr ŽrÇ, toætÄ yerÛzv,

toætÄ pat¡v tòn dçn oänon Žp' Žmp¡lvn,

toætÄ despñtaw mnoýaw k¡klhmai.

 

Voilà ma grande richesse: ma lance, mon épée

et mon beau bouclier, protecteur de ma peau.

Grâce à eux je laboure, grâce à eux je moissonne,

grâce à eux je foule le doux vin de mes vignes,

grâce à eux on m’appelle maître des esclaves.

 

toÜ d¢ m¯ tolmÇnt' ¦xein dñru kaÜ jÛfow

kaÜ tò kalòn lais®óon, prñblhma xrvtñw,

p‹ntew gñnu pepthÇtew mòn

proskun¡onti despñtan ¤m¢ despotn

kaÜ m¡gan basil°a fvn¡ontew.

 

Ceux qui n’osent pas avoir lance et épée,

et beau bouclier, protecteur de leur peau,

tous tombés à mon genou

se prosternent et m’appellent maître des maîtres

et grand roi.

 

Intégralité des fragments conservés

25 octobre 2002

 

 

 


Ibycos de Rhégion

…Ibukow õ „RhgÝnow

Ibycos, poète lyrique grec de Rhégion (Italie méridionale), a vécu aux environs de 525 av. J.-C.

Il a chanté en Italie Méridionale, en Sicile et à Samos à la cour de Polycratès.

 

Il fut tué par des voleurs sur la route de l'Isthme, près de Corinthe. Un peu avant sa mort, il vit des grues qui volaient et il leur demanda de témoigner de son assassinat. Durant les Jeux Isthmiques les meurtriers d'Ibycos étaient assis au théâtre quand ils virent passer un vol de grues. Ils se mirent alors à rire, en se chuchotant : « Voilà les vengeurs d'Ibycos ». Leurs voisins les entendirent et, comme on recherchait depuis longtemps Ibycos qui avait disparu, ils rapportèrent ces propos aux magistrats. Les coupables furent convaincus et conduits en prison ...  (Plutarque, De garrulitate, 14).

Cette histoire a été immortalisée par une célèbre ballade de Schiller qui se réfère au passage de Plutarque.

 

Ibycos avait composé sept livres en dialecte dorien.

 

Maxume vero omnium flagrasse amore [iuvenum] Reginum Ibycum apparet ex scriptis. Atque horum omnium (sc. Alcaei et Anacreontis et Ibyci) lubidinosos esse amores videmus  mais celui qui a le plus brûlé d’amour [pour les jeunes gens], c’est Ibycus de Rhegium, comme on le voit dans ses écrits ; Et nous voyons que leurs amours à tous [ Alcée, Anacréon et Ibycos] étaient passionnées à l’excès. (Cicéron, Tusculanes, IV, 71).

 

 

…Erow aïte me kuan¡oisin êpò

blef‹roiw tak¡r' ömmasi derkñmenow

khl®masi pantodapoÝw ¤w Žpei-

ra dÛktua Kæpridow ¤sb‹llei

· mn trom¡v nin ¤perxñmenon

Ëste fer¡zugow áppow Žeylofñrow potÜ g®r&

Ž¡kvn sçn öxesfi yooÝw ¤w ‘millan ¦ba

Amour encore me regardant de ses yeux bleus,

Paupières à demi-closes, je me sens fondre

Et de ses sortilèges aux formes multiples il me jette

Dans les filets sans fonds de la déesse de Chypre.

Que je crains son retour,

Comme un cheval pur sang attelé sous le joug alors qu’il vieillit

S’en va de mauvais gré avec son char léger disputer une course.

 

poikÛla =¡gmata kaÜ kalæptraw

perñnaw t' Žnalusam¡na

Elle avait défait ses vêtements multicolores

Ses voiles et ses agrafes.

 

mærta te kaÜ àa kaÜ ¥lÛxrusow

ml‹ te kaÜ =ñda kaÜ t¡reina d‹fna

les myrtes, les violettes, l’immortelle,

les fleurs de pommier, les roses et le doux laurier.

 

d¡doika m® ti pŒr yeoÝw

ŽmnlakÆn timŒn pròw ŽnyrÅpvn ŽmeÛcv

C’est en offensant les dieux, je le crains,

Que j’obtiens les récompenses des hommes.

 

 

Plutarque (Numa, 25) rapporte qu'Ibycos qualifiait les filles de Sparte de

fainomerÛdew

montre-cuisses.

       Voir Anacréon.

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


Ion de Chios

…Ivn õ XÝow

Ion de Chios a vécu autour de 450 av. J.-C.

 

Poète tragique et lyrique, Ion était aussi philosophe. Il avait composé un ouvrage sur l’astronomie.

Lorsqu’il obtint le prix de tragédie à Athènes, il offrit, dit-on, un cruchon de vin de Chios à chaque Athénien.

 

Aristophane (la Paix, 832 et sqq) le surnomme ŽoÝow Žst®r, « l’astre du matin », allusion aux premiers vers d’un de ses poèmes, sans doute une tragédie.

 

...

ŽoÝon ŽerofoÛtan

Žst¡ra meÛnamen ŽelÛou

leukopt¡ruga prñdromon

Début d’un poème

Nous attendions l’étoile du matin,

Qui vit dans les ténèbres mais qui

Annonce de ses blanches ailes le soleil.

 

 

PerÜ toè oànou

           damon

paÝda taurvpñn n¡on oé n¡on

´diston prñpolon baru-

           gdoæpvn ƒErÅtvn

oänon ŽersÛnoon

  ŽnyrÅpvn prætanin

Sur le vin

… indompté

enfant à la face de taureau, nouveau et pas nouveau,

très doux gardien des Amours

aux mugissements sourds,

vin qui délies l’esprit,

maître des hommes.

 

...

Kak¯ delfÝnow ¤n x¡rsÄ bÛa

…

Pauvre est la force du dauphin sur la terre ferme.

Cité par Plutarque, Vie de Démosthène, 3.

 

 

 

 


Lamproclès d'Athènes

Lamprokl°w õ ƒAyhnaÝow

Lamproclès d'Athènes a vécu au début du Ve s. av. J.-C.

Musicien, auteur de dithyrambes, il aurait enseigné la musique et la danse au jeune Sophocle. Il ne reste de lui que deux fragments.

 

eÞw tŒw Pelei‹daw

aá te potanaÝw

õmÅnumoi pelei‹sin aÞy¡ri keÝsye

Aux Pléiades

Vous qui, ailées,

vous situez dans le ciel portant le même nom que les colombes ailées...

 

eÞw t¯n Pall‹da

Pall‹da pers¡ptolin kl¹zv polemadñkon gn‹n

paÝda Diòw meg‹lou <dam‹sippon>

Hymne à Athéna

Je célèbre Pallas qui détruit les villes, la vierge à la tenue guerrière

enfant du grand Zeus dompteur de chevaux .

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


Lasos d’Hermione

L‹sow õ „Ermioneæw

Lasos d’Hermione (Argolide, aujourd’hui Castri) a vécu dans la deuxième moitié du 6ème s.

 

Poète lyrique, il a composé le premier traité de musique.

 

Selon certains, il faisait partie des sept Sages à la place de Périandre. Il reste de lui trois vers.

 

 

ìmnow eÞw D®mhtra t¯n ¤n „Ermiñnú

D‹matra m¡lpv Kñran te Klum¡noi' loxon

melibñan ìmnon Žnagn¡vn

AÞolÛd' ’m baræbromon rmonÛan

Hymne à Déméter d’Hermione

Je chante Déméter et la Jeune Fille, compagne de Clymène,

Élevant un hymne doux et puissant

Aux sons profonds venus de l’Éolie.

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


Lycophronidès

LukofronÛdhw

On ne sait strictement rien de Lycophronidès, sinon qu’il a vécu avant le début du 3ème s. av. J.-C.

 

PerÜ toè k‹llouw

oëte paidòw rrenow oëte pary¡nvn

tÇn xrusofñrvn oéd¢ gunaikÇn bayukñlpvn

kalòn tò prñsvpon, Žll' ù kñsmion pefækei

² gŒr aÞdÆw nyow ¤pispeÛrei

Sur la beauté

Ni d’un garçon viril, ni des vierges

aux bijoux d’or, ni des femmes au sein rebondi

n’est beau le visage, s’il ne respire l’harmonie.

La décence en effet sème cette fleur.

 

¤rÇn aÞpñlow tiw

tñd' ŽnatÛyhmÛ soi =ñpalon

kalòn nyhma kaÜ p¡dila kaÜ kun¡an

kaÜ tŒn yhrofñnon logxÛd' ¤peÛ moi nñow ll& k¡xutai

¤pÜ tŒn X‹risin fÛlan paÝda kaÜ kal‹n

Un berger amoureux

Je te consacre mon bâton de berger,

bel objet à consacrer, ces sandales et ce chapeau

et ma lance tueuse de bêtes, puisque mon esprit est répandu ailleurs,

vers cette fille aimée des Grâces et belle !

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


Mélinnô de Locres

MelinnÆ ² LokrÛw

Mélinnô ou Mélinna ou encore Mynna a vécu au 1er s. ap. J.-C.

 

 

Ód¯ eÞw „RÅmhn

Ode à Rome

XaÝr¡ soi „RÅma yug‹thr …Aphow

xruseomÛtra, daÛfrvn nassa,

semnòn “ naÛeiw ¤pÜ gw ölumpon,

           Ži¢n yrauston.

Salut à toi, Rome, fille d’Arès,

Couronnée d’or, reine de courage,

Qui habites un sanctuaire olympien sur la terre,

Toujours intouchable.

 

SoÜ mñn& presbÛsta d¡dvke MoÝra

kèdow Žrr®ktv basil»on Žrxw

öfra koiran»on ¦xoisa k‹rtow

Žgemoneæúw

A toi seule l’antique Destin a donné

La gloire de régner sur un empire indestructible,

Afin que possédant la force militaire

Tu puisses le diriger.

 

S d' êpò sdeægl& kraterÇn lep‹dnvn,

st¡rna gaÛaw kaÜ poliw yal‹ssaw

sfÛggetai: sç d' Žsfal¡vw kubern˜w

           stea laÇn.

Par tes liens, sous un joug solide,

Les poitrines de la terre et de la mer écumante,

Tu les étreins. Et toi fermement tu gouvernes

Les villes des peuples.

 

P‹nta d¢ sf‹llvn õ m¡gistow aÞÆn

kaÜ metapl‹ssvn bÛon llot' llvw,

soi mñn& plhsÛstion oïron Žrxw

           oé metab‹llú.

Celui qui renverse tout, le temps immense,

Et qui transforme la vie autrement en autre chose,

Pour toi seule ne change pas le sens du vent

           Qui emplit les voiles du pouvoir.

 

ˆH gŒr ¤k p‹ntvn sç mñna kratÛstouw

ndraw aÞxmatŒw meg‹lvw loxeæeiw,

eëstaxun D‹matrow ÷pvw sunoÛsúw

           karpòn Žp' ŽndrÇn.

C’est que de toutes les cités toi seule tu mets au monde

Ces hommes si vaillants, ces combattants à la grande lance,

Comme de Déméter les épis féconds, tu recueilles

Une récolte d’hommes.

 

Langue très artificielle : dorien mêlé d’éolismes.

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


Mimnerme de Colophon

MÛmnermow õ KolofÅnow

 

Mimnerme a vécu dans la 2ème moitié du VIIe s. av. J.-C. Originaire de Colophon en Lydie (actuellement Zille) ou de Smyrne selon d'autres, il était joueur de flûte et auteur d'élégies dans lesquelles il a chanté son amour pour Nannô. Il a laissé le souvenir d'un poète agréable et doux (glukæw).

si Mimnernus uti censet sine amore iocisque

nil est iucundum vivas in amore iocisque

Si comme le pense Mimnerme, sans amour et sans jeux

rien n'est agréable, puisses-tu vivre dans l'amour et les jeux. (Horace, Ep. I, 6)

 

cñgow g®rvw

TiyvnÒ m¢n ¦dvken ¦xein kakòn fyiton õ Zeçw

g°raw ù kaÜ yan‹tou =Ûgion Žrgal¡ou

 

A Tithon Zeus a donné le malheur d'avoir une éternelle

vieillesse, ce qui est encore pire que la mort qui fait si peur.

 

 

 

 

 


Moïrô de Byzance

MoirÆ ² BusantÛa

Moïrô de Byzance a vécu vers 300 av. J.-C.

 

 

Žn‹yhma t» ƒAfrodÛtú

KeÝsai d¯ xrus¡an êpò past‹da tŒn ƒAfrodÛtaw

bñtru, Divnæsou plhyñmenow stagñni,

oéd' ¦ti toi m‹thr ¤ratòn perÜ kl°ma baloèsa

fæsei êp¢r kratòw nekt‹reon p¡talon

offrande à Aphrodite

Tu es suspendue sous le portique doré, le portique d’Aphrodite,

Grappe, pleine de la liqueur de Dionysos,

Ta mère qui jetait sur toi avec amour ses sarments

Ne fera plus pousser au-dessus de ta tête ses feuilles de nectar.

 

Žn‹yhma parŒ Klevnæmou

Næmfai †Amadru‹dew, potamoè kñrai, aã t‹de b¡nyh

Žmbrñsiai =od¡oiw steÛbete possÜn ŽeÜ,

xaÛrete kaÜ sÅzoite KleÅnumon, ùw t‹de kalŒ

eàsay' êpaÜ pitævn ëmmi, yeaÜ, jñana.

offrande à Cléonymos

Nymphes Hamadryades, filles du fleuve, vous qui foulez

Toujours de vos pieds de rose ces profondeurs,

Salut ! Puissiez-vous protéger Cléonymos, qui ces belles

Statues vous a consacrées, déesses, sous les pins.

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


Myrtis

MurtÜw ² ƒAnyhdonÛa

Myrtis d’Anthédon (sur la côte nord de la Béotie) a vécu à la fin du VIe s. av. J.-C.

 

Elle a enseigné la poésie à Corinna et à Pindare.

 

KorÛnna may®tria Mærtidow

Corinna, l’élève de Myrtis…

 

PÛndarow mayht¯w d¢ Mærtidow gunaikñw

Pindare fut l'élève d'une femme, Myrtis.

 

Plutarque nous dit qu’elle composait de la poésie lyrique (poi®tria melÇn), mais il ne reste strictement rien (pas un mot, ce qui est assez rare) de son œuvre.

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


Nossis de Locres

NossÜw ² LokrÛw

Nossis de Locres (Italie) a vécu a la fin du IVe s. av. J.-C. et au début du IIIème.

 

Elle avait composé des poésies lyriques (qui ont été entièrement perdues) et des épigrammes.

Anthologie a conservé d’elle douze épigrammes.

 

eÞw ¦rvta

†Adion oéd¢n ¦rvtow, “ d' ölbia, deætera p‹nta

  ¤stÛn: Žpò stñmatow d' ¦ptusa kaÜ tò m¡li.

Toèto l¡gei NossÛw: tÛna d'  Kæpriw oék ¤fÛlhsen

  oék oäden k®na g' nyea poÝa =ñda.

 

Plus doux que l’Amour, il n’est rien ! Les autres bonheurs ne viennent

Qu’en second : de ma bouche, j’ai même recraché le miel.

Voilà ce que dit Nossis. Celle que Cypris n’a pas embrassée,

Celle-là ne sait pas reconnaître les roses parmi les fleurs.

ou en corrigeant k®na en k®naw : « quelles roses sont ses fleurs ».

 

 

†Hra tim®essa, LakÛnion “ tò yuÇdew

  poll‹kiw oéranñyen neisom¡na kayor»w,

d¡jai bæssidon eäma, tñ toi metŒ paidòw ŽgauŒ

  NossÛdow ìfanen YeufilÜw  Kleñxaw.

 

Héra la vénérable, qui viens souvent du haut du ciel

Regarder Lacinion à l’odeur d’encens,

Accepte ce vêtement de lin que pour toi, avec sa fille

Nossis, a tissé la noble Théophilis, fille de Cléocha.

Lacinion s’appelle aujourd’hui Capo delle Colonne.

 

 

‰V jeÝn', eÞ tæ ge pleÝw potÜ kallÛxoron Mitul‹nan,

  tŒn SapfÆ xarÛtvn nyow ¤nausam¡nan,

eÞpeÝn Éw Moæsaisi fÛla t' ·n ‘ te LokrÜw g

  tÛktei, àsaiw d' ÷ti moi toënoma NossÜw àyi.

 

Étranger, si tu as la chance de t’embarquer pour Mitylène aux belles danses,

La cité qui a brûlé Sapho fleur des Grâces,

Dis-lui que j’étais aimée des Muses, moi que la terre de Locres

A enfantée. Maintenant que tu sais que j’avais nom Nossis, va-t’en.

 

 


Phocylide de Milet

FvkilÛdhw õ Mil®siow

Phocylide a vécu dans la deuxième moitié du 6ème siècle av. J.-C.

 

Il avait composé des poèmes épiques dont il ne reste presque rien et des élégies morales où il cultivait la simplicité (eét¡leia) de l’expression.

 

eÞw LerÛouw

<KaÜ tñde FvkulÛdev:> L¡rioi kakoÛ: oéx õ m¢n ùw d' oë,

  p‹ntew, pl¯n Prokl¡ouw: kaÜ Prokl¡hw L¡riow.

sur les gens de Léros (dans les Sporades)

<Voici ce que dit Phocylide :> les gens de Léros sont mauvais. Pas l’un oui, l’autre non,

Tous ! Sauf Proclès ; et Proclès est de Léros.

Voir les mêmes vers au nom propre près chez Démodocos.

 

perÜ g‹mou

<KaÜ tñde FvkulÛdev:> tetñrvn Žpò tÇnde g¡nonto

fèla gunaik¡vn: ² m¢n kunñw, ² d¢ melÛsshw,

² d¢ suòw blosur°w, ² d' áppou xaith¡sshw:

eëforow ´de, taxeÝa, perÛdromow, eädow Žrist®:

² d¢ suòw blosur°w oët' ’r kak¯ oéd¢ m¢n ¤syl®:

² d¢ kunòw xalep® te kaÜ griow: ² d¢ melÛsshw

oÞkonñmow t' Žgay¯ kaÜ ¤pÛstatai ¤rg‹zesyai:

¸w eëxeu, fÛl' ¥taÝre, laxeÝn g‹mon ßmerñenta.

… les races de femmes sont issues des quatre suivantes :

l’une du chien, une autre de l’abeille,

une autre de la truie au terrible regard, une autre enfin de la jument à la longue crinière.

Cette dernière est féconde, rapide, active et de très belle allure.

Celle qui est issue de la truie au terrible regard n’est pas vraiment mauvaise, pas honnête non plus,

Celle qui est issue du chien est insupportable et sauvage, celle qui est issue de l’abeille

Est bonne ménagère et connaît son travail.

Je te souhaite, mon cher compagnon, de tomber sur l’une d’entre elles pour que ton mariage soit délicieux.

Ces vers rappellent évidemment ceux de Sémonide.

 

<KaÜ tñde FvkulÛdev:> xr®sthw kakoè ¦mmenai Žndrñw

feægein, m¯ s¡ g' Žni®sú parŒ kairòn Žpait¡v.

Débiteur d’un sale bonhomme ?

A éviter ! si tu ne veux pas être importuné par des demandes de remboursement anticipé.

 

<KaÜ tñde FvkulÛdev:> pñliw ¤n skop¡lÄ katŒ kñsmon

oÞkeèsa smikr¯ kr¡ssvn NÛnou Žfrainoæshw

Une cité sur un rocher, harmonieusement

Gouvernée, même petite, sera plus forte que Ninive l’insensée.

 

Xrhýzvn ploætou mel¡thn ¦xe pÛonow Žgroè:

Žgròn g‹r te l¡gousin ƒAmalyeÛhw k¡raw eänai.

Si tu cherches à t’enrichir, consacre-toi à une ferme fertile :

On dit qu’une ferme c’est la corne d’Amalthée !

C’est le point de vue de Phocylide, mais je ne résiste pas au plaisir de lui opposer ces quelques lignes de Pagnol dans Jean de Florette :

Au bout d’un an, le monsieur a plié bagages, et il nous a dit : « Mes amis, j’ai compris, et je retourne en ville. Mais si vous en voyez venir un autre comme moi, dites-lui de ma part qu’il y a trois façons de se ruiner : les femmes, le jeu, et l’agriculture. L’agriculture, c’est le plus rapide et, en plus, le moins agréable ! Adessias ! » Et il est parti.

 

 

 


Platon d'Athènes

Pl‹tvn õ ƒAyhnaÝow

Platon d'Athènes a vécu au IVe s., et avant de se consacrer à la philosophie, il a écrit des poèmes et des tragédies. Il reste de lui quelques épigrammes dont personne ne pourrait garantir l'authenticité.

 

eÞw ƒAst¡ra meir‹kion

ƒAst¡raw eÞsayreÝw Žst¯r ¤mñw eàye genoÛmhn

oéranñw Éw polloÝw ömmasin eÜw s¢ bl¡pv

Pour Aster, un jeune garçon

Les astres, tu les contemples, mon Astre. Puissé-je devenir

le ciel pour te regarder avec de nombreux yeux.

 

eÞw aêtñn

ƒAst¯r prÜn m¢n ¤lampew ¤nÜ zÄoÝsin „EÒow

nèn d¢ yanÆn l‹mpeiw †Esperow ¤n fyim¡noiw

Pour le même

Mon Astre, autrefois tu brillais parmi les vivants, Astre du matin,

maintenant que tu es mort, tu brilles, Astre du soir, parmi les éteints.

 

eÞw ƒArxe‹nassan ¥taÝran

ƒArxe‹nassan ¤xv t¯n ¤k KolofÇnow ¥taÝran

¸w kaÜ ¤pÜ =utÛdvn pikròw ¦pestin ¦rvw

” deiloÜ neñthtow Žpant®santew ¤keÛnhw

prvtoplñou di' ÷shw ³lyete purkaó°w

Pour Archéanassa la courtisane

Je possède Archéanassa, la courtisane de Colophon,

et même sur ses rides, l'amour survit, aigu.

Ah, malheureux qui avez embarqué dans la fougue

de ses premières traversées, par quel brasier êtes-vous passés!

 

[attribuée aussi à Asclépiade, cette épigramme nous est parvenue avec de nombreuses variantes, par exemple celle-ci:

ƒArxe‹nassan ¤xv t¯n ¤k KolofÇnow ¥taÝran

•w kaÜ ¤pÜ =utÛdvn õ glukçw §zet' ¦rvw

” n¡on ´bhw nyow Žpodr¡cantew ¤rastaÜ

prvtobñlou di' ÷shw ³lyete purkaó°w

Je possède Archéanassa, la courtisane de Colophon,

et sur ses rides mêmes venait siéger le doux amour.

Ah, vous les amants qui avez cueilli la fleur nouvelle de sa jeunesse

en sa primeur, par quel brasier êtes-vous passés!]

 

¤pÜ katñptron Žnatiy¡nti parŒ Laýdow

„H sobaròn gel‹sasa kay' „Ell‹dow ´ pot' ¤rastÇn

¥smòn ¤nÜ proyæmoiw Laýw ¦xousa n¡vn

t» PafÛú tò katñptron: ¤peÜ toÛh m¢n õrsyai

oék ¤y¡lv oáh d '·n p‹row oé dænamai

sur un miroir consacré par Laïs

Celle qui avec dédain se riait de la Grèce, celle qui fut un temps avait

Un essaim d’amoureux à sa porte, Laïs

Consacre ce miroir à la déesse de Paphos : parce que me voir telle que je suis

Je ne le veux pas, telle qu’autrefois je fus, je ne le peux pas.

Miroir étrusque

Turrhnikòn katñptron

eÞw SapfÅ

¤nn¡a tŒw Moæsaw fasÛn tinew Éw ôligÅrvw

±nÛde kaÜ SapfÆ Lesbñyen ² dek‹th

Pour Sapho

Neuf sont les Muses si l'on en croit certains, quelle distraction!

voilà aussi Sapho de Lesbos, la dixième.

 

eÞw ƒAg‹yvna

t¯n cux¯n ƒAg‹yvna filÇn ¤pÜ xeÛlesin ¦sxon

·lye gŒr ² tl®mvn Éw diabhsom¡nh

Pour Agathon

Mon âme, quand j'embrasse Agathon, me vient au bord des lèvres.

Elle vient là, la malheureuse, comme si elle allait passer en lui.

 

eÞw kñrhn

TÒ m®lÄ b‹llv se sç d' eÞ m¢n ¥koèsa fileÝw me

dejam¡nh t°w s°w paryenÛhw met‹dow

eÞ d' r' ù m¯ gÛnoito noeÝw toèt' aétò laboèsa

sk¡cai t¯n Ërhn Éw ôligoxrñniow

A une jeune fille

Je te frappe de cette pomme que je te lance. Et toi, jeune fille, si tu m'aimes vraiment,

ramasse-la et donne-moi ta virginité.

Mais si au contraire tu penses ce que je souhaite que tu ne penses pas, prends cette même pomme,

et regarde bien comme ta jeunesse va durer peu de temps.

 

eÞw JanyÛpphn kñrhn

m°lon ¤gÅ b‹llei me filÇn s¡ tiw Žll' ¤pÛneuson

JanyÛpph kŽgÆ kaÜ sç marainñmeya

Pour la jeune Xanthippe

Je suis une pomme, celui qui m'envoie, c'est quelqu'un qui t'aime, mais réfléchis bien,

Xanthippe, toi comme moi, nous nous flétrirons.

 

 

 


 


Praxilla de Sicyone

Pr‹jilla ² SikuvnÛa

 

Praxilla de Sicyone a vécu autour de 450 av. J.-C.

Elle a composé des scolies (chansons à boire) qui ont assuré sa réputation.

Notre premier fragment appartenait à un hymne à Adonis.

 

'Advniw : k‹lliston leÛpv...

k‹lliston m¢n ¤gÆ leÛpv f‹ow ²elÛoio

deæteron stra faeinŒ selhnaÛhw te prñsvpon

±d¢ kaÜ ÉraÛouw sikæouw kaÜ m°la kaÜ ögxnaw.

Le plus beau de ce que je laisse derrière moi, c'est la lumière du soleil,

ensuite les astres lumineux et le visage de la lune,

enfin les concombres bien mûrs, les pommes et les poires.

 

 

tÇn deilÇn Žp¡xou

'Adm®tou lñgon Î ¥taÝre mayÆn toçw Žgayoçw fÛlei

tÇn deilÇn d' Žp¡xou gnoçw ÷ti deilÇn ôlÛga x‹riw

Retiens l'histoire d'Admètos, mon ami, aime les gens de bien,

évite les médiocres en sachant qu'il y a trop peu à attendre des médiocres.

 

 

êpò lÛyÄ skorpÛon

êpò pantÜ lÛyÄ skorpÛon Î ¥taÝre ful‹sseo

Sous chaque pierre, mon ami, méfie-toi du scorpion !

 

 

Î diŒ tw yurÛdow

Î diŒ tw yurÛdow kalòn ¤mbl¡poisa

pary¡ne tŒn kefalŒn tŒ dƒ ¦nerye næmfa

O toi, à travers la fenêtre, toi si belle à voir,

toi, avec ton visage de jeune fille, toi avec ton corps de femme.

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


 


Scolies

Skñlia

Les scolies

Le skñlion (ou skoliñn) ou « [chanson] en zigzag » était chanté lors des banquets. On le définissait comme paroÛnow Ód®, « chanson qui va avec le vin ».

On chantait d’abord en chœur, puis chacun son tour. Enfin, un convive prenait en main une branche de myrte ou de laurier et entonnait une chanson connue, de Simonide, Stésichore, Praxilla, Alcée, Anacréon et bien d’autres. Il s’interrompait lorsqu’il le souhaitait et passait la branche à un convive de son choix qui devait enchaîner aussitôt, et ainsi de suite. Dans certains banquets, au lieu d’une branche de laurier, on faisait passer la lyre qui permettait à chacun de s’accompagner.

Les Anciens faisaient dériver le mot skñlion de duskolÛa, « difficulté », eu égard à la difficulté de l’exercice.

En fait, les textes étant brefs, je suppose que chacun devait être prêt à chanter une œuvre du même auteur ou inspirée du même thème.

Voyez les Guêpes d’Aristophane, vers 1216 et suivants.

BDÉLYCLÉON. — Allonge les jambes, et, comme un athlète habile, étends-toi mollement sur les couvertures ; ensuite, fais l'éloge des vases d'airain, contemple les lambris, admire les toiles tendues sur la cour ; voilà de l'eau pour les mains ; on apporte les tables ; nous nous mettons à manger : essuyons-nous ; faisons les libations.

PHILOCLÉON. — Par les dieux! est-ce en rêve que nous soupons?

BDÉLYCLÉON. — La joueuse de flûte s'est fait entendre. Les convives sont Théoros, Eschine, Phanos, Cléon, Acestor, et un autre étranger à côté d'Acestor. Tu es du nombre ; fais en sorte de répondre comme il faut à leurs chansons.

PHILOCLÉON. — En vérité, j'y répondrai mieux qu'aucun habitant de la montagne.

BDÉLYCLÉON. — Je vais voir. Je suis Cléon ; le premier j'entonne Harmodios [voyez ci-dessous], tu reprendras après moi. « On ne vit jamais dans Athènes... »

PHILOCLÉON. — « Un homme si fourbe et si voleur. »

BDÉLYCLÉON. — C'est là ce que tu répondras ? Tu ne tiendras pas contre ses cris : il menacera de te perdre, de te ruiner, de te chasser du pays.

PHILOCLÉON. — Et moi, s'il menace, je lui chanterai cette autre : « Holà! l'homme avide de domination, veux-tu bouleverser encore l'État ? il penche déjà vers sa ruine. »

BDÉLYCLÉON. — Et lorsque Théoros, couché à tes pieds, chantera, en tenant la main de Cléon : « Ami, tu connais l'histoire d'Amète ; aime donc les braves ; » par quelle chanson lui répliqueras-tu

PHILOCLÉON, — Je lui répondrai sur ce ton : « Je ne « saurais avoir la duplicité du renard, ni être à la fois ami des deux parties. »

BDÉLYCLÉON. — Après lui, Eschine, fils de Sellos, homme sage et habile musicien, reprendra, et il chantera : « Biens et richesse pour Clitagoras et pour moi, avec les Thessaliens... »

PHILOCLÉON. — « Tu en as dépensé bien d'autres, ainsi que moi. » (trad. Georges-G. Toudouze, Tallandier, s.d., site http://remacle.org)

aristophane.jpg

 

² mustiw

oé xr¯ pñll' ¦xein ynhtòn nyrvpon,

Žll' ¤rn kaÜ katesyÛein: sç d¢ k‹rta feÛdú.

Une coupe cul sec

Il n’est pas nécessaire à l’homme mortel d’avoir beaucoup,

mais d’aimer et de bien manger. Mais toi, tu te ménages vraiment !

 

oéd¢n ·n ra t”lla pl¯n õ xrusñw.

Tout le reste n’était rien, si ce n’était pas de l’or.

attribué à Pythermos de Téos.

 

oédeÜw pÅpot' Žn¯r ¦genet' 'Ay®naiw

Il n’y a jamais eu d’homme viril à Athènes.

 

oék ¦stin ŽlvpekÛzein

oéd' Žmfot¡roisi gÛgnetai fÛlon

Impossible de jouer les renards

ou de se faire ami des deux côtés.

 

xr®mata kaÜ bÛon Kleitagñr& te kŽmoi metŒ YettalÇn.

De l’argent et la manière forte pour Clitagora et moi avec les Thessaliens.

 

Éw ´domai kaÜ xaÛromai keéfraÛnomai.

Que je suis réjoui, que je me sens bien, que je suis heureux.

Selon Aristophane (la Paix, 289 et sqq), « le chant de Datis », ù defñmenow pot' Âde t°w meshmbrÛaw...

 

eÞw `ƒArmñdion kŽristogeÛtona

¤n mærtou kladÜ tò jÛfow for®sv

Ësper „`Armñdiow kŽristogeÛtvn

÷te tòn tærannon ktan¡thn

Þsonñmouw t' ƒAy®naw ¤poihs‹thn.

pour Harmodios et Aristogiton

Dans une branche de myrte je porterai mon épée

comme Harmodios et Aristogiton,

lorsqu’en tuant le tyran

ils firent d’Athènes une ville d’égalité.

Hipparque, tué en 514 av. J.-C., n'était en réalité que le frère du tyran Hippias.

¤n mærtou kladÜ tò jÛfow for®sv

Ësper „`Armñdiow kŽristogeÛtvn

÷t' ƒAyhnaÛhw ¤n yusÛaw

ndra tærannon †Ipparxon ¤kain¡thn.

Dans une branche de myrte je porterai mon épée

comme Harmodios et Aristogiton,

quand pendant le sacrifice à Athéna

ils tuèrent le tyran Hipparque.

aÞeÜ sfÇn kl¡ow ¦ssetai kat' aäan,

fÛltay' „`Armñdie kŽristñgeiton,

÷ti tòn tærannon ktan¡thn

Þsonñmouw t' ƒAy®naw ¤poihs‹thn.

Votre gloire pour toujours se perpétuera à travers les âges,

très chers Harmodios et Aristogiton

parce que en tuant le tyran

vous avez fait d’Athènes une ville d’égalité.

fÛltay' „`Armñdi' oë tÛ pou t¡ynhkaw,

n®soiw d' ¤n mak‹rvn s¡ fasin eänai,

ána per podÅkhw 'Axileçw

Tudeýdhn t¡ fasin Diom®dea.

Très cher Harmodios, quel que soit le lieu de ta mort,

on dit que tu es dans les îles des Bienheureux ;

là même où est Achille aux pieds rapides

où est, dit-on, Diomède, fils de Tydée.

 

eÞw X‹ritaw

¤nk¡rason XarÛtvn krat°r' ¤piste-

f¡a kr®guñn te prñpine lñgon:

s®main' ÷ti Pary¡nvn

ŽpeÛrosi pl¡jomen ìmnoiw

tŒn dorÜ sÅmata keiram¡nan TroÛan

kaÜ tòn parŒ nausÜn Žeimn‹stoiw lñnta

nuktib‹tan skopñn.

Pour les Muses

Fais le mélange dans le cratère des Muses, remplis-le

à ras bord et porte un toast sincère :

montre que des Vierges

nous tresserons les chants inépuisables,

celui de Troie ravagée, les corps livrés à la lance ( ?),

et celui de l’homme capturé près des navires inoubliables,

l’espion venu de nuit.

Allusion à l’épisode de Dolon, fils d’Eumédès, envoyé par Hector pour espionner les Achéens

soÜ d' ¤gÆ oéx ‘liow skopñw ¦ssomai oéd' Žpò dñjhw

et tué par Diomède et Ulysse (Iliade, 10, 299-459).

 

eÞw Mnhmosænhn

Î Mousn Žganñmmate mter,

sunÛspeo sÇn t¡knvn gnÇi gñnvi:

rti brñousan ŽoidŒn

prvtopageÝ sofÛai diapoikÛlon ¤kf¡roimen:

n°‹ toi t¡gjan 'AxelÅiou drñsoi:

paèe paraproóÅn, êfÛei pod[Çn]a,

lè' ¥anoè pt¡rugaw, t‹xow áeso

leptolÛyvw camayÇn:

eï: kayñra p¡lagow,

parŒ gn ¦kfeuge nñtou xalepŒn

foberŒn diapontoplan° manÛan.

Pour Mnémosyne

Mère au noble regard, mère des Muses,

reste avec tes enfants d’une race sans souillure ;

nous apportons aujourd’hui un chant luxuriant

entièrement brodé de notre talent récemment acquis.

Les eaux de l’Achéloüs ont mouillé ton navire,

cesse de mettre le cap vers l’avant, relâche les cordages,

détache les ailes de tissu, cours vite

sur les plages au sable fin,

c’est bien ! observe la mer,

suivant la terre, écarte-toi du vent du sud à la mauvaise

et effrayante folie qui erre à travers les flots.

 

eÞw 'Ayhnn

PallŒw Tritog¡nei' nass' 'Ayhn

öryou t®nde pñlin te kaÜ polÛtaw

ter Žlg¡vn kaÜ st‹sevn

kaÜ yan‹tvn ŽÅrvn sæ te kaÜ pat®r

à Athéna

Pallas, fille de la mer, princesse Athéna,

Conduis cette cité et ses citoyens

À l’écart du malheur et de la discorde

Et de la mort prématurée, toi et aussi ton père.

 

eÞw D®mhtra

Ploætou mht¡r' 'OlumpÛan ŽeÛdv

D®mhtra stefanofñroiw ¤n Ëraiw

sæ te paÝ Diòw Fersefñnh

xaÛreton eï d¢ t‹nd' Žmf¡reton pñlin

à Déméter

Je chante la mère de la Richesse, l’Olympienne

Déméter, en la saison où l’on porte couronne,

Et toi aussi, Perséphone, fille de Zeus,

Salut à vous deux, prenez bien soin de cette cité !

 

eÞw LhtÅ

¤n D®lÄ pot' ¦tikte t¡kna LatÅ

FoÝbon xrusokñman nakt' 'Apñllvna

¤lafhbñlon t' Žgrot¡ran

…Artemin “ gunaikÇn m¡g' ¦xei kr‹tow

à Lato

A Délos autrefois Lato a mis au monde des enfants,

Le prince Phébus Apollon à la chevelure d’or,

Et la chasseresse tueuse de cerfs

Artémis qui a sur les femmes un grand pouvoir.

 

eÞw Pan‹

Î PŒn 'ArkadÛaw med¡vn kleennw

ôrxhstŒ bromÛaiw ôpad¢ Næmfaiw

gel‹seiaw Î PŒn ¤p' ¤maÝw

eéfrosænaiw Žoid˜ kexarhm¡now

à Pan

O Pan, protecteur de la glorieuse Arcadie,

Toi qui danses suivi des Nymphes de Bacchus,

Puisses-tu rire, ô Pan, pour mon bien-être,

Si tu as pris plaisir à mon chant.

 

parŒ Pandrñsou

¤nik®samen Éw ¤boulñmeya

kaÜ nÛkhn ¦dosan yeoÜ f¡rontew

parŒ Pandrñsou [Éw fÛlhn ƒAyhnn]

Pandrosos

Nous avons vaincu comme nous le voulions,

et les dieux ont donné la victoire

l’accordant à Pandrosos, puisqu’elle est aimée d’Athéna.

 

Aàantow skñlion

paÝ TelamÇnow Aäan aÞxmht‹, l¡gousÛ se

¤w Troýan riston ¤lyeÝn DanaÇn met' ƒAxill¡a.

scolie d’Ajax

Fils de Télamon, valeureux Ajax, on dit de toi

que tu fus le meilleur des Danaens venus à Troie, juste après Achille.

 

TelamÇnow skñlion

tòn TelamÇna prÇton, Aàanta d¢ deæteron

¤w Troýan l¡gousin ¤lyeÝn DanaÇn met' ƒAxill¡a.

scolie de Télamon

Télamon fut le premier, Ajax le second,

dit-on, des Danaens venus à Troie, juste après Achille.

 

aÞaÝ Leicædrion

aÞaÝ Leicædrion prodvs¡tairon,

oáouw ndraw ŽpÅlesaw, m‹xesyai

Žgayoæw te kaÜ eépatrÛdaw,

oã tñt' ¦deijan oávn pat¡rvn ¦san.

Leipsydrion, hélas !

Leipsydrion, hélas ! traître à nos compagnons !

quels hommes as-tu perdus, courageux

au combat et de haute naissance,

qui ont alors montré de quels aïeux ils descendaient !

Il s'agit d’un lieu-dit au pied du Parnasse, fortifié par les Alcméonides

dans leur lutte contre le tyran Hippias (vers ~512).

 

÷stiw ndra fÛlon m¯ prodÛdvsin

÷stiw ndra fÛlon m¯ prodÛdvsin meg‹lhn ¦xei

tim¯n ¦n te brotoÝw ¦n te yeoÝsin kat' ¤mòn nñon.

celui qui ne trahit pas un ami...

Celui qui ne trahit pas un ami est tenu en grand

honneur parmi les mortels et parmi les dieux, c’est ce que je pense.

 

eàye genoÛmhn...

eàye læra kal¯ genoÛmhn ¤lefantÛnh

kaÜ me kaloÜ paÝdew f¡roien Dionæsion ¤w xorñn...

puissé-je devenir...

Puissé-je devenir une belle lyre d’ivoire

que de beaux garçons porteraient pour le chœur de Dionysos.

 

eày' puron kalòn genoÛmhn m¡ga xrusÛon

kaÜ me kal¯ gun¯ foroÛh kayaròn yem¡nh nñon...

Puissé-je devenir une grande belle coupe non forgée au feu

qu’une belle femme porterait avec des pensées pures à l’esprit.

à la procession des Panathénées ?

 

êpò pantÜ lÛyÄ

êpò pantÜ lÛyÄ skorpÛow Î ¥taÝr' êpodæetai

fr‹zeu m® se b‹lh: tÒ d' ŽfaneÝ pw §petai dñlow

sous chaque pierre

Sous chaque pierre, un scorpion se cache, mon ami !

Évite de te faire piquer : avec ce qui se cache vient toute sorte de mal.

Texte proche de celui de Praxilla.

 

ndra fÛlon nomÛzein

eày' ¤j°n õpoÝñw tiw ·n §kastow

tò st°yow dielñnt', ¦peita tòn noèn

¤sidñnta, kleÛsanta p‹lin,

ndra fÛlon nomÛzein ŽdñlÄ frenÛ.

reconnaître un véritable ami

S’il était possible de savoir comment est tout un chacun

en lui ouvrant le cœur, puis en examinant

son esprit, et tout refermer ensuite

pour reconnaître un véritable ami à sa pensée sans malice.

 

êgiaÛnein riston

êgiaÛnein m¢n riston ŽndrÜ ynhtÒ,

deæteron d¢ kalòn fuŒn gen¡syai,

tò trÛton d¢ plouteÝn Ždñlvw,

kaÜ tò t¡tarton ²bn metŒ tÇn fÛlvn.

se bien porter : le bien le plus appréciable

Le bien le plus appréciable pour un mortel, c’est de se bien porter,

en second un physique harmonieux,

en troisième s’enrichir honnêtement,

et en quatrième rester jeune avec ses amis.

õ tò skñlion eêrÆn ¤keÝnow, ÷stiw ·n,

tò m¢n êgiaÛnein prÇton Éw riston øn

Ènñmasen ôryÇw: deæteron d' eånai kalñn,

trÛton d¢ plouteÝn, toèy', õr˜w, ¤maÛneto:

metŒ t¯n êgÛeian gŒr tò plouteÝn diaf¡rei:

kalòw d¢ peinÇn ¤stin aÞsxròn yhrÛon.

       'AnajandrÛdou toè kvmÄdiopoioè.

Celui qui, quel qu’il soit, a composé ce chant

disant qu’en premier être en bonne santé est le bien le plus appréciable

a eu raison. Mais en second un physique harmonieux,

en troisième s’enrichir, là, vois-tu, il a déliré :

c’est juste après se bien porter qu’il faut placer le fait de s’enrichir :

un physique harmonieux affamé, ça fait une bête repoussante !

Anaxandridès, poète comique.

 

ƒAdm®tou lñgon

ƒAdm®tou lñgon Î ¥taÝre mayÆn toçw Žgayoçw fÛlei,

tÇn deilÇn d' Žp¡xou gnoçw ÷ti deiloÝw ôlÛgh x‹riw.

parole d’Admète

Apprends, compagnon, la parole d’Admète : aime les gens bien élevés :

garde-toi du vulgaire, sachant que dans le vulgaire on trouve peu d’honneur.

 

¦gxei kaÜ K®dvni

¦gxei kaÜ K®dvni, di‹kone, mhd' ¤pil®you,

eÞ xr¯ toÝw ŽgayoÝw Žndr‹sin oÞnoxeÝn.

verse à boire à Cédon aussi

Verse à boire à Cédon aussi, garçon, et ne l’oublie pas

si dois verser du vin aux honnêtes gens.

 

sæn moi pÝne

sæn moi pÝne sun®ba sun¡ra sustefanhfñrei,

sæn moi mainom¡nÄ maÛneo, sçn sÅfroni svfrñnei.

avec moi bois

Avec moi bois, ensemble soyons jeunes, ensemble aimons, ensemble couronnons-nous,

avec moi si je suis fou sois fou, avec un homme à jeun reste à jeun.

 

tÒ pareñnti tr¡xein

kalòn m¢n ¤k g°w xr¯ katÛdhn plñon

eà tiw dænaito kaÜ pal‹mhn ¦xoi,

¤peÜ d¡ k' ¤n pñntÄ g¡nhtai

tÒ pareñnti tr¡xein Žn‹gkh.

suivre sa course dans les conditions du moment

Une belle traversée, il faudrait la préparer

avant de quitter la terre, avoir aussi de l’expérience,

mais lorsqu’on est en mer, il faut bien

suivre sa course dans les conditions du moment.

 

õ karkÛnow kaÜ õ öfiw

õ d¢ karkÛnow Ïd' ¦fa

xal˜ tòn öfin labÅn:

eéyçn xr¯ tòn ¥taÝron ¤m-

men kaÜ m¯ skoliŒ froneÝn.

le crabe et le serpent

le crabe ainsi parla

en sa pince ayant pris le serpent :

un compagnon doit être droit

et ne pas préparer de coups tordus.

Jeu de mots sur skoli‹ « scolies » et « obliques, tortueux »

 

 ðw b‹lanon ¦xei

 ðw tŒn b‹lanon tŒn m¢n ¦xei, tŒn d' ¦ratai labeÝn:

kŽgÆ paÝda kal¯n t¯n m¢n ¦xv, t¯n d' ¦ramai labeÝn.

la truie qui possède un gland

La truie qui possède un gland désire s’en trouver un autre,

et moi qui possède une jolie fille, je désire m’en trouver une autre.

Premier vers en dialecte dorien, second vers en dialecte attique.

 

pñrnh kaÜ balaneæw

pñrnh kaÜ balaneçw tvétòn ¦xous' ¤mped¡vw ¦yow:

¤n taét˜ pu¡lÄ tñn t' Žgayòn tñn te kakòn lñei.

la putain et le garçon de bains

La putain et le garçon de bains ont une même habitude bien établie :

ils trempent dans le même bain les bons comme les méchants.

 

Intégralité des fragments conservés

28 octobre 2002

 

 

 


Scythinos de Téos

SkuyÝnow õ T®óow

 

On sait peu de choses de Scythinos. Les sources anciennes le présentent comme "poète iambique", auteur d'une adaptation en vers du livre d'Héraclite d'Éphèse intitulée "Sur la nature" (PerÜ Fæsevw).

On aimerait voir en lui le père d'Anacréon qui, selon certaines sources, s'appelait Scythinos, mais Anacréon a vécu autour de 550… mais Héraclite a vécu de 540 à 480 environ… alors ? tant pis!

 

PerÜ xrñnou oésÛaw

†Ustaton prÇton te p‹ntvn ¤stÜn ŽnyrÅpoiw xrñnow

p‹nt' ¦xvn ¤n aétÄ kstin eåw koék ¦st' ŽeÛ

kaÜ parÄxvkÆw p‹resti kaÜ pareÆn paroÛxetai

¤k d' ¤neñntow aétòw aétÒ neÝt' ¤nantÛhn ôdñn

tvërion gŒr ²mÜn ¦rgv xy¢w tò d¢ xy¢w aërion

Sur la nature du temps

Aboutissement et commencement de toute chose, il y a pour les hommes le temps,

qui a en lui toute chose, qui est un et qui à jamais n'est pas,

et qui est présent quand il a fini de passer et qui est passé quand il est présent,

instant issu de sa durée, lui-même s'en va à contre-courant de son propre cours:

car ce que nous appelons aujourd'hui est en réalité hier mais ce que nous appelons hier est aujourd'hui.

 

PerÜ t°w lærhw

¶n rmñzetai

Zhnòw eéeid¯w ƒApñllvn psan Žrx¯n kaÜ t¡low

sullabÆn ¦xei d¢ lampròn pl°ktron ²lÛou f‹ow

Sur la lyre...

... qu'Apollon, fils de Zeus, à la belle prestance accorde embrassant de toute chose le début et la fin.

Et il se sert pour plectre de la brillante lumière du soleil.

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


Sémonide d'Amorgos

ShmonÛdhw õ ƒAmorgÝnow

 

Sémonide a vécu dans la deuxième moitié du VIIe siècle. Originaire de Samos, il dirige la colonisation d'Amorgos où il fonde trois cités. Certains faisaient de lui, paraît-il, le premier des poètes iambiques, mais cet honneur revient plutôt à Archiloque.

 

Par contre, Strobée nous a conservé un fragment de 118 vers qui fait de Sémonide le premier des grands auteurs misogynes de la littérature occidentale.

 

pollòw gŒr ²mÝn ¤sti teyn‹nai xrñnow

zÇmen d' ŽriymÒ paèra <kaÜ> kakÇw ¦tea

Nous avons beaucoup de temps à passer dans la mort,

nous vivons des années au nombre très restreint, et nous les vivons mal.

 

p‹mpan d' mvmow oëtiw oéd' Žk®riow

Personne n'est sans reproche, personne n'est sans ennuis.

 

toè m¢n yanñntow oék ’n ¤nyumoÛmeya

eà ti fronoèmen pleÝon ²m¡rhw mi°w

De celui qui est mort, nous ne nous mettrions en peine

si nous étions raisonnables, pas plus d'un seul jour.

 

perÜ gunaikÇn

gunaikòw oéd¢n xr°m' Žn¯r lhýzetai

¤syl°w meinon oéd¢ =Ûgion kak°w

Dans sa part de butin, un homme rien de meilleur

qu'une femme si elle est honnête, rien de plus fâcheux si elle est mauvaise.

 

perÜ yutik‹

ðn xÈw feusa xÈw ¤mistæla kr¡a

ÞrvstÛ kaÜ gŒr oé kakÇw ¤pÛstamai

... comment j'ai flambé le cochon et comment j'ai débité la viande

selon les règles rituelles, il est vrai que je ne m'y connais pas qu'un peu.

 

 

PerÜ gunaikÇn

XvrÜw gunaikòw yeòw ¤poÛhsen nñon

tŒ prÇta

Tout d'abord, la divinité créa l'esprit des femmes différemment.

 

t¯n m¢n ¤j êòw tanætrixow

t» p‹nt' Žn' oäkon borbñrÄ pefurm¡na

kosma keÝtai kaÜ kulindeÝtai xamaÛ

aét¯ d'loutow Žplætoiw t' ¤n eámasin

¤n koprÛúsin ²m¡nh piaÛnetai

Ainsi, elle s'inspira d'abord de la truie aux longs poils:

elle, tout ce qu'elle a dans sa maison, tout est couvert de crasse, étalé en désordre, tout roule par terre.

Elle-même, mal lavée dans ses vêtements jamais lavés, assise sur des tas de fumiers, elle engraisse.

 

t¯n d' ¤j Žlitr°w yeòw ¦yhk' ŽlÅpekow

gunaÝka p‹ntvn àdrin oéd¡ min kakÇn

l¡lhyen oéd¢ tÄn Žmeinñnvn

tò m¢n gŒr aétÇn eäpe poll‹kiw kakñn

tò d' ¤sylñn ôrg¯n d' llot' ŽlloÛhn ¦xei

La divinité en fabriqua une autre d'après le renard félon:

la femme au courant de tout.

A celle-ci, rien n'échappe, rien de mal, rien de bien.

De fait elle appelle souvent "mauvais" ce qui est bien et "honnête" ce qui est mal,

son humeur variable passe de l'un à l'autre.

 

t¯n d' ¤k kunòw litoergñn aétom®tora

H pÛ,t' Žkoèsai p‹nta d' eÞd¡nai y¡lei

p‹nth d¢ paptaÛnousa kaÜ planvm¡nh

l¡lhken Hn kaÜ mhd¢n ŽntrÅpvn õr˜

paæseie d' ’n min oët' Žpeil®saw Žn¯r

oéd' eÞ xolvyeÜw ¤jar‹jein lÛyÄ

ôdñntaw oët' ’n meilÛxvw muyeæmenow

oéd' eÞ parŒ jeÛnoisin ²m¡nh tæxú

Žll' ¤mp¡dvw prhkton aéon¯n ¦xei

puis la divinité s'inspira de la chienne au mauvais caractère (litourgñw)

tout comme sa mère: elle veut écouter et tout savoir.

Après avoir regardé et fureté partout,

elle clabaude, même si elle ne voit rien, absolument rien.

Ce n'est pas avec des menaces que son mari pourrait la faire cesser,

pas même si pris de rage il lui brise les crocs

avec une pierre, pas même s'il lui parle avec douceur,

pas même si elle se trouve assise au milieu d'invités,

mais il faut continuellement qu'elle pousse ses criaillements inutiles.

 

t¯n d¢ pl‹santew ghýnhn ƒOlæmpioi

¦dvkan ŽndrÜ phròn oëte gŒr kakòn

oët' ¤sylòn oéd¢n oäde toiaæth gun®

¦rgon d¢ moènon ¤syÛein ¤pÛstatai

koéd' ¶n kakòn xeimÇna poi®sú yeñw

=igÇsa dÛfron ”sson §lketai purñw

puis façonnant la suivante avec de l'argile, les Olympiens

ont donné au mari une arriérée mentale.

Ni ce qui est mal, ni ce qui est bien, ce genre de femme ne sait rien.

Elle possède pour seul talent celui de manger.

Et même si la divinité envoie un mauvais hiver, elle frissonne

mais elle est incapable de tirer son siège plus près du feu.

 

t¯n d' ¤k yal‹sshw ¶ dæ' ¤n fresÜn noeÝ

t¯n m¢n gel˜ te kaÜ g¡ghyen ²m¡rhn

¤pain¡sei min jeÝnow ¤n dñmoiw ÞdÅn

"oék ¦stin llh t°sde lvývn gun¯

¤n psin ŽnyrÅpoisin oéd¢ kallÛvn"

t¯n d' oék Žnektòw oët' ¤n ôfyalmoÝw ÞdeÝn

oët' ”sson ¤lyeÝn ŽllŒ maÛnetai tñte

plhton Ësper ŽmfÜ t¡knoisin kævn

ŽmeÛlixow d¢ psi kŽpoyumÛh

¤xyroÝsin ”sa kaÜ fÛloisi gÛgnetai

Ësper y‹lassa poll‹kiw m¢n Žtrem¯w

§sthk' Žp®mvn x‹rma naætúsin m¡ga

y¡reow ¤n Ërú poll‹kiw d¢ maÛnetai

baruktæpoisi kæmasi foreum¡nh

taætú m‹list' ¦oike toiaæth gun¯

ôrg®n fu¯n d¢ pñntow oék llhn ¦xei

La suivante, c'est en s'inspirant de la mer.

Celle-là a deux types de sentiments: un jour elle rit et se réjouit.

Un étranger la voyant dans sa maison fera son éloge:

"il n'est pas de femme meilleure que celle-ci

dans le monde des hommes, ni de plus parfaite".

Le jour suivant, il n'est pas supportable de l'avoir sous les yeux

ou de l'approcher: dans ces moments-là, elle est folle et inabordable

comme une chienne qui protège ses petits.

Elle devient aigre envers tout le monde et désagréable

envers ceux qu'elle déteste comme envers ceux qu'elle aime.

Comme la mer souvent reste calme et inoffensive,

à la grande joie des marins pendant la saison d'été,

souvent elle déchaîne sa folie qui disperse tout dans le fracas sourd de ses vagues.

C'est à elle que ressemble tout à fait ce genre de femme par son caractère,

et l'étendue marine n'a pas une nature différente de la sienne.

 

t¯n d' ¤k stadaÛhw kaÜ palintrib¡ow önou

¶ sæn t' Žn‹gkú sæn t' ¤nip»sin mñgiw

¦rejen În ‘panta kaÜ pon®sato

rekta tñfra d' ¤syÛei d' ¤n muxÒ

pronçj pro°mar ¤syÛei d' ¤n ¤sx‹rú

õmÇw d¢ kaÜ pròw ¦rgon ŽfrodÛsion

¤lyñny' ¥taÝron õntinÇn ¤d¡jato

La suivante, c'est en s'inspirant de l'âne poussiéreux (spodi°w) et fourbe;

celle-ci accomplit donc toutes les tâches en rechignant, pressée par la nécessité,

pressée par les menaces, et après bien du mal, les laisse inachevées,

ce qui ne l'empêche pas de manger dans les réserves de la maison

et la nuit et le jour, de manger dans la cuisine.

Et sans faire de distinction, pour les activités d'Aphrodite,

elle accueille celui des copains qui veut bien venir.

 

t¯n d' ¤k gal°w dæstunon oÞzuròn g¡now

keÛnú gŒr oë ti kalòn oéd' ¤pÛmeron

prñsestin oéd¢ terpnòn oéd' ¤r‹smion

eén°w d' Žlhn®w ¤stin ŽfrodisÛhw

tòn d' ndra tòn parñnta nausÛú didoÝ

kl¡ptousa d' ¦rdei pollŒ geÛtonaw kakŒ

yusta d' ÞrŒ poll‹kiw katesyÛei

La suivante en s'inspirant du chat, espèce funeste et qui cause bien des lamentations.

Celle-ci rien de beau, rien d'équilibré ne la caractérise,

rien non plus de plaisant, rien qui suscite l'amour.

Elle est pelotonnée dans son lit consacré aux plaisirs d'Aphrodite

et elle donne à son partenaire le mal de mer.

Sans en avoir l'air, elle cause beaucoup d'ennuis à ses voisins.

Elle dévore souvent les offrandes avant le sacrifice.

 

t¯n d' áppow br¯ xait¡ess' ¤geÛnato

¶ doæli' ¦rga kaÜ dæhn peritr¡pei

koët' ’n mælhw caæseien oëte kñskinon

reien oëte kñpron ¤j oàkou b‹loi

oëte pròw Þpnòn Žsbñlhn Žleum¡nh

ázoit' Žn‹gkú d' ndra poieÝtai fÛlon

loètai d¢ p‹shw ²m¡rhw po =æpon

dÛw llote trÛw kaÜ mæroiw ŽleÛfetai

aÞeÜ d¢ xaÛthn ¤ktenism¡nhn foreÝ

bayeÝan Žny¡moisin ¤skiasm¡nhn

kalòn m¢n În y¡hma toiaæth gun¯

lloisi tÒ d' ¦xonti gÛgnetai kakñn

¶n m® tiw µ tærannow µ skhptoèxow Â

÷stiw toioætoiw yumòn Žglaýzetai

La suivante est celle qu'a mise au monde la douce jument à la longue crinière. Celle-là ne vaut rien pour les travaux domestiques et pour les soucis de la vie: elle ne toucherait pas à la meule, ne soulèverait pas le crible, ne sortirait pas les ordures de la maison, ne s'assiérait pas près du four pour enlever la suie. Ce n'est que si elle ne peut pas faire autrement qu'elle se montre tendre envers son mari. Mais elle se baigne pour ôter toute saleté deux fois par jour sinon trois et elle se frotte de parfums. Elle porte toujours son épaisse chevelure dénouée et couverte de fleurs. Ce genre de femme est bien belle à regarder pour les autres hommes, mais pour son mari c'est une plaie s'il n'est pas roi ou monarque ou homme à se glorifier de posséder ce genre de femme.

 

t¯n d' ¤k piy®kou toæto d¯ diakridòn

Zeçw Žndr‹sin m¡giston Êpasen kakñn

aàsxista m¢n prñsvpa toiaæth gun¯

eäsin di' stevw psin ŽnyrÅpoiw g¡lvw

¤p' aéx¡na braxeÝa kineÝtai mñgiw

pugow aéñkvlow aã t‹law Žn®r

÷stiw kakòn toioèton ŽgkalÛzetai

d®nea d¢ p‹nta kaÜ trñpouw ¤pÛstatai

Ësper pÛyhkow oéd¡ oß g¡lvw m¡lei

oéd' n tin' eï ¦rjeien ŽllŒ toèy' õr˜

kaÜ toèto psan ²m¡rhn bouleæetai

÷kvw tin' Éw m¡giston ¦rjeien kakñn

La suivante en s'inspirant du singe.

Voilà certes sans hésiter ce que Zeus a donné aux hommes comme malheur suprême.

Des traits de visage d'une grande laideur (une telle femme provoque le rire de tous hommes à travers la ville) sur un cou trop court. Elle se déplace avec peine, sans fesses, sans hanches. Hélas! malheureux homme que celui qui embrasse une telle horreur. Elle connaît toutes les ficelles et tous les tours, comme le singe, et le ridicule ne la gêne pas. Et ce n'est pas sur elle qu'il faut compter pour rendre service à quelqu'un: ce qu'elle cherche et ce qu'elle veut toute la journée, c'est trouver comment elle pourra faire le plus grand mal possible.

 

t¯n d' ¤k melÛsshw t®n tiw eétæxei labÅn

keÛnú gŒr oàh mÇmow oé prosiz‹nei

y‹llei d' êp' aét°w kŽpa¡jetai bÛow

fÛlh d¢ sçn fileènti ghr‹skei pñsi

tekoèsa kalòn koénom‹kluton g¡now

kŽriprep¯w m¢n ¤n gunaijÜ gÛgnetai

p‹súsi yeÛh d' Žmfid¡dromen x‹riw

oéd' ¤n gunaijÜn ´detai kayhm¡nh

÷kou l¡gousin ŽfrodisÛouw lñgouw

toÛaw gunaÝkaw Ždr‹sin xarÛzetai

Zeçw tŒw ŽrÛstaw kaÜ polufradest‹taw

La suivante en s'inspirant de l'abeille. Celle-là, heureux qui peut la trouver. En voilà une à qui on ne peut pas faire de reproche. Grâce à elle, la vie fleurit et fructifie. Aimante, elle vieillit auprès d'un mari aimant, après lui avoir donné une belle progéniture qui fait honneur à son nom. On la remarque entre toutes les femmes: une grâce divine l'enveloppe. Elle ne prend pas plaisir à rester assise au milieu des femmes lorsqu'elle tiennent des conversations sur les plaisirs de l'amour. De telles femmes sont pour leurs maris une bénédiction de Zeus, les meilleures des femmes et les plus sages en tout.

 

tŒ d' lla fèla taèta mhxan» Diòw

¦stin te p°ma kaÜ p‹r' Žndr‹sin m¡nei

Zeçw gŒr m¡giston toèt' ¤poi®sen kakñn

gunaÝkaw ³n ti kaÜ dokÇsin ÈfeleÝn

¦xontÛ tÄ m‹lista gÛgnetai kakñn

oé g‹r kot' eëfrvn ²m¡rhn di¡rxetai

‘pasan ÷stiw sçn gunaikÜ n‹ssetai

oéd' aäca limòn oÞkÛhw ŽpÅsetai

¤xyròn sunoikht°ra dusmen¡a yeñn

Žn¯r d' ÷tan m‹lista yumhdeÝn dok»

kat' oäkon µ yeoè moÝran µ 'nyrÅpou x‹rin

eêroèsa mÇmon ¤w m‹xhn koræssetai

÷kou gun¯ g‹r ¤stin oéd' ¤w oÞkÛhn

jeÝnon molñnta profrñnvw dexoÛato

´tiw d¡ toi m‹lista svfroneÝn dokeÝ

aìth m¡gista tugx‹nei lvbvm¡nh

kexhnñtow gŒr Žndròw oß d¢ geÛtonew

xaÛrous' õrÇntew kaÜ tñn Éw mart‹nei

t¯n ¶n d' §kastow aÞn¡sei memnhm¡now

gunaÝka t¯n d¢ toéterou mvm®setai

àshn d' ¦xontew moÝran oé gignÅskomen

Zeçw gŒr m¡giston toèt' ¤poi®sen kakñn

kaÜ desmòn Žmf¡yhken Žrr®ktou p¡dhw

¤j oð te toçw m¢n ƒAýdhw ¤d¡jato

gunaikòw eánek' Žmfidhrivm¡nouw

Les autres races dont j'ai parlé sont un fléau imaginé par Zeus qui demeurent un fléau chez les hommes. Car c'est Zeus qui a créé le mal suprême: les femmes. Même si elle semble être utile, pour un mari une femme devient à coup sûr un ennui. En effet comment pourrait-il jamais passer une journée entière de bonne humeur, celui qui vit avec une femme? Comment repousserait-il du seuil de sa maison la famine, cet ennemi familier, cette divinité malveillante? Lorsqu'un mari s'imagine être pleinement heureux dans sa maison par un don du destin ou les bienfaits d'un autre homme, sa femme invente quelque chose à lui reprocher et s'arme pour la bataille. Et lorsqu'il y a une femme à la maison, comment recevoir de bon coeur un hôte qui arrive? Et celle qui paraît tout à fait modérée, celle-là se trouve être de loin la plus malfaisante. 

 

Les thèmes traités par Sémonide étaient-ils issus du folklore ou sont-ils une création originale ? On les retrouve, beaucoup moins développés chez Phocylide.

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


Simonide de Céos

SimvnÛdhw õ XhÛow

Simonide a vécu 89 ans: né vers 553, il est mort vers 464 av. J.-C.

Il a laissé une oeuvre immense: poèmes historiques, épinicies, tragédies, péans, épigrammes, etc. dont il ne reste bien sûr que des fragments.

On lui attribuait l'invention de méthodes mnémotechniques et des lettres êta, oméga, khi et psi; on le considérait aussi comme le premier poète "mercenaire" selon le mot de Callimaque, c'est-à-dire le premier à se faire payer pour composer.

Il s'est fait une solide réputation d'avarice et de cupidité: pendant son séjour à Syracuse, il revendait, paraît-il, la majeure partie des provisions quotidiennes que lui faisait envoyer le tyran Hiéron. "Ainsi, disait-il, tout le monde peut admirer la générosité de Hiéron et ma propre modération".

Il était l’oncle de bacchylide, le rival de Pindare.

 

eÞw Timokr¡onta

pollŒ piÆn kaÜ pollŒ fagÆn kaÜ pollŒ k‹k' eÞpÆn

ŽnyrÅpouw keÝmai Timokr¡vn `„Rñdiow.

Contre Timocréon

J’ai beaucoup bu et beaucoup mangé et beaucoup médit

Des hommes. Gisant ici je suis Timocréon de Rhodes.

 

Taèta m¢n psi toÝw †Ellhsi toÝw ¤n taÝw Yermopælaiw peptvkñsi ¤pig¡graptai

muri‹sin pot¢ t»de trihkosÛaiw ¤m‹xonto

¤k Peloponn®sou xili‹dew t¡torew

Inscription pour tous les Grecs tombés aux Thermopyles :

Ici un jour contre trois millions ont combattu

venus du Péloponnèse quatre mille hommes.

 

ToÝw d¢ Sparti‹taiw t‹de ¤pig¡graptai

Î jeÝn' Žgg¡lein LakedaimonÛoiw ÷ti t»de

keÛmeya toÝw keÛnvn =®masi peiyñmenoi

Inscription des Spartiates :

Passant, va annoncer aux Lacédémoniens qu’ici

Nous gisons et que nous avons obéi à leurs ordres.

 

         Traduction de Cicéron (Tusculanes, I, 42)

Dic, hospes, Spartae nos te hic vidisse iacentes,

       Dum sanctis patriae legibus obsequimur.

Quid ille dux Leonidas dicit ? Prandete animo forti, Lacedaemonii : hodie apud inferos fortasse cenabimus.

Passant, dis à Sparte qu’ici tu nous as vus couchés

pour obéir aux lois sacrées de la patrie.

Que dit alors le célèbre chef Léonidas ? « Déjeunez courageusement, Lacédémoniens : aujourd’hui c’est certainement chez les dieux d’en bas que nous allons dîner ».

 

Voir aussi Praxitèle pour l’inscription du socle de la statue d’Éros.

 

 

 


Socrate d’Athènes

Svkr‹thw õ ƒAyhnaÝow

 

ŽndrÇn p‹ntvn Svkr‹thw sofÅtatow

de tous les hommes Socrate est le plus sage (la Pythie de Delphes)

 

Il s’agit bien sûr du célèbre Socrate, fils du sculpteur Sophroniscos et de la sage-femme Phaenarétè, né dans la 77ème Olympiade (472-469) et condamné à boire la ciguë en 399 à l’âge de soixante-dix ans.

 

D’abord sculpteur, il apprend la philosophie auprès d’Anaxagore de Clazomène.

 

Il n’a laissé aucun ouvrage, mais selon certaines sources il aurait composé un péan, hymne à Apollon, et mis en vers une fable à la manière d’Ésope.

 

ìmnow eÞw ƒApollñna

D®li' …Apollon xaÝre kaÜ …Artemi, paÝde kleeinÅ

...

oã d¢ xoroÝw k‹llista yeoçw timÇsin, ristoi

¤n pol¡mÄ ...

Hymne à Apollon

Apollon de Délos, salut, et à toi Artémis, qui êtes tous deux les glorieux enfants de

…

Ceux qui dans les danses rendent le mieux hommage aux dieux sont les meilleurs

à la guerre…

 

mèyon AÞsvpeion

Aàsvpñw pot' ¦leje KorÛnyion stu n¡mousin

m¯ krÛnein Žret¯n laodÛkÄ sofÛú.

Fable à la manière d’Ésope

Ésope a dit un jour aux habitants de la ville de Corinthe

Qu’il ne fallait pas juger la vertu selon les critères d’un jury populaire.

 

SOCRATE.jpg

 


Les Sept Sages

oß ¥ptŒ SofoÛ

 

m¡tron riston

gnÇyi seautñn

xñlou kr‹tei

oéd¢n gan

oß pleÝstoi kakoÛ

÷ra t¡low makroè bÛou

gÛgnvske kairñn

m¡leta tò pn

¤ggæa par' t&

 

Selon la tradition, Bias de Priène, Chilon de Lacédémone, Cléobule de Lindos, Périandre de Corinthe, Pittacos de Mytilène, Solon d’Athènes et Thalès de Milet, tous philosophes ou hommes politiques grecs du VIe s. av. J.-C., formaient le groupe des Sept Sages.

 

Le nombre de sept est évidemment symbolique. Mais quatre d'entre eux seulement figurent dans toutes les énumérations : Thalès, Pittacos, Bias, Solon. « Dicéarque en nomme six autres, parmi lesquels il en choisit trois : Aristodème, Pamphile, le Lacédémonien Chilon, Cléobule, Anacharsis et Périandre. D'autres ajoutent Acousilaos, Caba ou Scala, un Argien. Hermippe, dans son livre sur les Sages, dit qu'ils furent dix-sept et que chacun en choisit sept selon ses préférences. » (Diogène Laërce). « Diogène Laërce a fait figurer dans sa liste, en plus des quatre précédents : Chilon, Cléobule, Myson, Anacharsis, Périandre, Épiménide, Phérécyde. » (Jean Voilquin, les Penseurs grecs avant Socrate).

 

Antipater de Sidon propose la liste suivante (Anth. Palat., VII, 81) :

„EptŒ sofÇn Kleñboule s¢ m¢n teknÅsato LÛndow:

   fatÜ d¢ SisufÛa xyÆn PerÛandron ¦xein:

Pittakòn  Mutilna: BÛanta d¢ dÝa Pri®nh:

   MÛlhtow d¢ Yal°n kron ¦reisma DÛkaw;

 Sp‹rta XÛlvna: Sñlvna d¢ KekropÜw aäa:

   p‹ntaw Žriz‹lou svfrosænaw fælakaw.

Des Sept Sages, tu fus mis au monde, Cléobule, par Lindos ;

La terre de Sisyphe affirme qu’elle détient Périandre ;

Mytilène possède Pittacos ; la divine Priène possède Bias ;

Milet possède Thalès, ce haut rempart de la Justice ;

Sparte possède Chilon ; la terre de Cécrops possède Solon ;

Tous furent les gardiens de l’enviable sagesse.

 

Platon, dans son Protagoras, propose celle-ci :

toævn ·n kaÜ Yal°w õ Mil®siow kaÜ Pittakòw õ MutilhnaÝow kaÜ BÛaw õ Prihneçw kaÜ Sñlvn õ ²m¡terow

kaÜ Kleñboulow õ LÛndiow kaÜ Mæsvn õ Xhneçw kaÜ §bdomow ¤n toætoiw ¤l¡geto LakedaimonÛow XÛlvn.

Parmi eux se trouvaient Thalès de Milet, Pittacos de Mytilène, Bias de Priène, notre Solon, Cléobule de Lindos, Myson de Chèné, et on compte comme septième d’entre eux Chilon de Lacédémone.

 

On attribuait à chacun un certain nombre de maximes.

 

L'authenticité de ces préceptes n'est nullement établie ; telle sentence est indifféremment attribuée à l'un ou à l'autre de ces Sages. Ces maximes comportent des éléments postérieurs et des proverbes d'origine inconnue ; ce sont des observations isolées, des conseils de prudence et de morale qui ne dépassent pas la sagesse pratique et ne témoignent pas d'une réflexion philosophique approfondie. « Pas de discussion, pas de raisonnement, des vérités nettement formulées, qu'on suppose évidentes par elles-mêmes, ou fondées sur quelque autorité divine. » (Janet et Séailles.) Leur mérite est seulement de montrer les débuts de la pensée grecque, quand elle s'applique au problème de la conduite de la vie. Presque tous ces sages passent pour avoir été des législateurs.

 

 

Žpofy¡gmata tÇn ¥ptŒ sofÇn

¥ptŒ sofÇn ¤r¡v kat' ¦pow pñlin oënoma fvn®n

m¡tron m¢n Kleñboulow õ LÛndiow eäpen riston

XÛlvn d' ¤n koÛlú LakedaÛmoni gnÇyi seautñn

ùw d¢ Kñrinyon ¦naie Xñlou krat¡ein PerÛandrow

Pittakñw oéd¢n gan, ùw ¦hn g¡now ¤k Mutil®nhw

t¡rma d' õrn biñtoio Sñlvn ßeraÝw ¤n ƒAy®naiw

toçw pl¡onaw kakÛouw d¢ BÛaw Žp¡fhne Prihneæw

¡ggæhn feægein d¢ Yal°w Mil®siow hëda

 

Maximes des Sept Sages

des Sept Sages je vais vous dire en vers la cité, le nom et la parole.

Cléobule de Lindos : « Mesure est perfection » ;

Chilon dans le val de Lacédémone : « Connais-toi toi-même » ;

celui qui habitait Corinthe, Périandre : « Maîtrise ta colère » ;

Pittacos : « Rien de trop », il était de Mytilène,

« Regarde le terme de ta vie », disait Solon dans la sainte Athènes ;

« Les méchants sont en majorité » a révélé Bias de Priène ;

« Évite de donner ta caution » a recommandé Thalès de Milet.

Anth. Palat., IX, 366.

 

Traduction latine d’Ausone :

E GRAECO

Septenis patriam, Sapientum nomina, voces,

versibus expediam ; sua quemque monosticha dicent.

Mensuram optimum, ait Cleobulus Lindius, in re.

Chilo, cui patria est Lacedaemon, Noscere seipsum.

Periander, Trepidam moderare, Corinthius, iram.

Ex Mitylenaeis, Nimium nil, Pittacus oris.

Exspectare Solon finem docet, ortus Athenis.

Plures esse Bias pravos, quem clara Priene.

Mileti, fugisse Thales vadimonia, alumnus.

 

Voyez aussi « le Jeu des Sept Sages » et « Maximes des Sept Sages » d’Ausone.

 

 


Stésichore d’Himère

SthsÛxorow õ „ImeraÝow

Stésichore d'Himère (640-555 environ), de son vrai nom Tisias, reçut le nom de Stésichore parce qu’il fut le premier à faire danser un chœur au son de la cithare (st°sai).

 

Grand inventeur de mètres, de rythmes et de mélodies et notamment de l'ode à trois mouvements correspondant aux évolutions du choeur, il avait laissé vingt-huit livres d'Hymnes contenant des légendes d'amour et de mort qui servirent de sujets aux auteurs tragiques. Stésichore créa la triade.

 

Il serait devenu aveugle après avoir écrit un poème contre Hélène, tout comme Homère, mais Stésichore, inspiré par un songe, aurait recouvré la vue après avoir écrit une palinodie.

 

Il ne reste de son œuvre que quelques fragments.

 

„El¡na

pollŒ m¢n KudÅnia mla poterrÛptoun potÜ dÛfron nakti

pollŒ d¢ mærsina fèlla

kaÜ =odÛnouw stef‹nouw àvn te korvnÛdaw oëlaw

Hélène (son mariage avec Ménélas ?)

Ils jetèrent beaucoup de pommes de Cydonie à leur prince vers son char,

Beaucoup de feuilles de myrte

Des couronnes de roses et des violettes tressées en couronne.

 

PalinÄdÛa

oék ¦st' ¦tumow lñgow oðtow

oéd' ¦baw ¤n nhusÜn ¤#ss¡lmoiw

oéd' ákeo p¡rgama TroÛaw

Palinodie

Il n’est pas vrai ce récit :

Tu n’es pas montée sur les navires aux bancs solides,

Tu n’es pas arrivée à la citadelle de Troie.

Lors de leur escale en Égypte, le roi Protée indigné aurait retenu Hélène et aurait fait présent à Pâris

d’un portrait de sa belle qui lui aurait suffi à assouvir sa passion.

 

MoÝsa sç m¢n pol¡mouw Žpvsam¡na ped' ¤meè

kleÛoisa yeÇn te g‹mouw ŽndrÇn te daÛtaw

kaÜ yalÛaw mak‹rvn

Muse, laisse les guerres de côté et avec moi

Chante la gloire des mariages des dieux, les banquets des hommes,

Et les fêtes des bienheureux.

Traduit en dialecte attique par Aristophane, la Paix, 775.

 

 

 


Télésilla d'Argos

Tel¡silla ² ƒArgeÛa

Télésilla d'Argos a vécu au début du Ve s. av. J.-C.

 

Tel¡silla Žgakl¡a « la glorieuse Télésilla »

 

Oédenòw d' ¸tton ¦dojñn ¤sti tÇn koin» diapepragm¡nvn gunaijÜn ¦rgvn õ pròw Kleom¡nh perÜ …Argouw ŽgÅn, ùn ±gvnÛsanto,

TelesÛllhw t°w poihtrÛaw protrecam¡nhw.

« Rien n’est moins illustre, parmi les actions accomplies par les femmes en faveur de la collectivité, que le combat qu’elles livrèrent contre Cléomène pour Argos, à l’instigation de Télésilla la poétesse.

Taæthn d¡ fasin oÞkÛaw oïsan ¤ndñjou tÒ d¢ sÅmati noshmatik¯n eÞw yeoè p¡mcai perÜ êgeÛaw: kaÜ xrhsy¢n aét» Moæsaw yerapeæein,

peiyom¡nhn tÒ yeÒ kaÜ ¤piyem¡nhn Ód» kaÜ rmonÛ& toè te p‹youw Žpallag°nai taxç kaÜ yaum‹zesyai diŒ poihtik¯n êpò tÇn gunaikÇn.

« Celle-ci, dit-on, appartenait à une maison illustre mais était d’une nature maladive. Elle fit donc demander au dieu [Apollon de Delphes] comment retrouver la santé. L’oracle lui répondit de se mettre au service des Muses ; elle obéit au dieu et se consacra à la poésie lyrique et à la musique. Elle se remit rapidement de ses maux et devint un objet d’admiration auprès des femmes par son talent poétique.

ƒEpeÜ d¢ Kleom¡nhw õ basileçw tÇn SpartiatÇn polloçw ŽpokteÛnaw (oé m®n, Éw ¦nioi muyologoèsin, ¥ptŒ kaÜ ¥bdom®konta kaÜ ¥ptakosÛouw

pròw ¥ptakisxilÛoiw) ¤b‹dize pròw t¯n pñlin, õrm¯ kaÜ tñlma daimñniow par¡sth taÝw Žkmazoæsaiw tÇn gunaikÇn Žmænesyai toçw polemÛouw

êp¢r t°w patrÛdow.

« Lorsque Cléomène, le roi de Sparte [en 494], après avoir tué de nombreux Argiens (mais certainement pas, comme quelques-uns [dont Hérodote VII, 148] le prétendent, sept mille sept cent soixante-dix sept !) il marcha sur la ville, une audacieuse initiative d’inspiration divine inspira aux femmes dans la fleur de l’âge le désir de chasser les ennemis de leur patrie.

„Hgoum¡nhw d¢ t°w TelesÛllhw, ùpla lamb‹nousi kaÜ par' ¦paljin ßst‹menai kæklÄ tŒ teÛxh peri¡stecan, Ëste yaum‹zein toçw polemÛouw.

Tòn m¢n oïn Kleom¡nh pollÇn pesñntvn Žpekroæsanto: tòn d' §teron basil¡a Dhm‹raton, Éw Svkr‹thw fhsÛn, ¤ntòw genñmenon

kaÜ katasxñnta tò Pamfuliakòn ¤j¡vsan. Oìtv d¢ t°w pñlevw perigenom¡nhw, tŒw m¢n pesoæsaw¤n t» m‹xh tÇn gunaikÇn ¤pÜ t°w õdoè

t°w ƒArgeÛaw ¦yacan, taÝw d¢ svyeÛsaiw êpñmnhma t°w ŽristeÛaw ¦dosan ßdræsasyai tòn ƒEnu‹lion.

« Sous la conduite de Télésilla, elles prirent les armes et disposées le long de la ligne des créneaux, elles occupèrent le tour des remparts, ce qui surprit les ennemis. C’est ainsi qu’elles repoussèrent Cléomène avec de lourdes pertes. Quant à l’autre roi, Démarate, qui avait réussi (selon Socrate) à entrer dans la ville et à occuper le Pamphyliacon, elles l’en rejetèrent. La cité qui avait été sauvée de cette manière fit ensevelir les femmes qui étaient tombées dans la bataille près de la route d’Argos et donna aux survivantes la permission d’élever un monument à Arès, en souvenir de leur vaillance. »

Plutarque, Mulierum virtutes, 4.

 

Selon Pausanias, Cléomène aurait simplement renonçé à combattre des femmes et se serait retiré. Les Argiens reconnaissants élevèrent à Télésilla sa statue devant le temple d'Aphrodite d'Argos.

 

…Artemiw...

 dƒ …Artemiw Î kñrai

feægoisa tòn ƒAlfeñn...

Artémis, jeunes filles,

fuyant le fleuve Alphée...

 

Intégralité des fragments conservés

 

image001

 


Terpandre de Lesbos

T¡rpandrow õ L¡sbiow

 

Contemporain et ami de Lycurgue selon la légende, spartiate d'adoption, Terpandre a vécu en réalité dans la 1ère moitié du VIIe s.

Citharède célèbre, on lui attribue des innovations en métrique et en musique: c'est lui qui aurait fait passer la lyre de quatre à sept cordes.

Il ne reste de son oeuvre consacrée au lyrisme choral que quelques fragments.

 

Zeè p‹ntvn Žrx‹...

Zeè p‹ntvn Žrx‹ p‹ntvn g®tvr

Zeè soÜ p¡mpv taætan ìmnvn Žrx‹n

Zeus, début de toutes choses et guide en toutes choses,

Zeus, je t'adresse ce début de mes chants.

 

sp¡ndvmen taÝw Moæsaiw

sp¡ndvmen taÝw Mn‹maw paisÜn Moæsaiw

kaÜ tÒ Mous‹rxÄ <tÒ> Latoèw ußeÝ

Versons une libation aux Muses, filles de Mémoire,

et au guide des Muses, le fils de Léto.

 

Î svt°rew

Î Zhnòw kaÜ L®daw k‹llistoi svt°rew

ô de Zeus et de Léda, si beaux enfants, nos sauveurs...

 

perÜ tÇn LakedaimonÛvn

…Eny' aÞxm‹ te n¡vn y‹llei kaÜ moèsa lÛgeia

kaÜ dÛka eéru‹guia

Sur les Lacédémoniens

Là fleurit la lance des jeunes gens et la Muse claire

et la justice en pleine rue...

 

Intégralité des fragments conservés

 


Timocréon de Rhodes

Timokr¡vn õ „Rñdiow

Timocréon a vécu au début du Ve s. av. J.-C.

Auteur comique (il ne reste rien de son théâtre), adversaire du poète Simonide et surtout de Thémistocle, contre lesquel il a écrit des vers féroces. Connu comme athlète (pentathlon), comme sympathisant des Mèdes, il avait aussi une sérieuse réputation de gloutonnerie, comme en témoigne l'épitaphe que lui avait composée Simonide:

 

SimonÛdou eÞw Timokr¡onta

pollŒ piÆn kaÜ pollŒ fagÆn kaÜ pollŒ k‹k' eÞpÆn

ŽnyrÅpouw keÝmai Timokr¡vn `„Rñdiow

Grand buveur, grand mangeur et grand diffamateur

de mes semblables, je gis ici, moi Timocréon de Rhodes.

 

katŒ toè Ploætou

Êfel¡n s' Î tufl¢ Ploæte

m®te g» m®t' ¤n yal‹ssú

m®t' ¤n ±peÛrÄ fan°men

ŽllŒ T‹rtarñn te naÛein

k' ƒAx¡ronta diŒ s¢ gŒr p‹nt'

aÞ¢n ŽnyrÅpoiw kak‹

Contre la richesse

Il aurait mieux valu, Richesse aveugle ,

que ni sur la terre, ni sur la mer,

ni sur le monde des hommes tu ne brilles,

mais que tu habites le Tartare

et l'Achéron: car tu es responsable

jour après jour de tous les malheurs des hommes.

 

 

ŽlÅpekew kñlouroi

oék ”ra Timokr¡vn mñnow

M®doisin õrkiatomeÝ

Žll' ¤ntÜ klloi d¯ ponh-

roÜ koék ¤gÆ mñna kñlou-

riw ¤ntÜ kllai 'lÅpekew

Les renards qui perdent leur queue

Timocréon n'est donc pas le seul

à s'accorder sous serment avec les Mèdes,

mais il y a bien d'autres mauvais sujets, c'est sûr.

Et quant à moi, je ne suis pas le seul à avoir

perdu ma queue dans un piège: il y a bien d'autres renards.

 

 

eÞw tòn SimonÛdhn

Khýa me pros°lye fluarÛa oék ¤y¡lonta

oé y¡lonta me pros°lye Khýa fluarÛa

De l'homme de Céos me sont arrivées des bêtises, je n'avais rien demandé,

Je n'avais rien demandé, me sont arrivées de l'homme de Céos des bêtises.

 

 

›smatow katŒ toè Yemistokl¡ow Žrx®

Moèsa toède toè m¡leow

kl¡ow Žn' †Ellhnew tÛyei

Éw ¤oikòw kaÜ dÛkaion

Début de poème contre Thémistocle

Muse, de ce chant

assure la promotion parmi les grecs:

il vient à point pour dire ce qui est juste.

 

 

Sikelòw komcòw Žn¯r

Sikelòw komcòw Žn¯r

potÜ tŒn mat¡r' ¦fa

Un Sicilien spirituel

dit un jour à sa mère [le reste est perdu]

 

katŒ tòn Yemistokl°n

Žll' eÞ tæ ge PausanÛan µ kaÜ tæ ge J‹nyippou aÞneÝw

µ tæ ge LeutixÛdan ¤gÆ d' ƒAristeÛdan ¤pain¡v

ndr' ßern Žp' 'Ayann

¤lyeÝn §na lÒston ¤peÜ Yemistokl°n ³xyare LatÅ

ceæstan dikon prodñtan ùw Timokr¡onta jeÝnon ¤ñnta

ŽrgurÛoisi kobalikoÝsi peisyeÜw oé katgen

patrÛd' ƒIalusòn eàs<v>

labÆn d¢ trÛ' ŽrgurÛou t‹lant' ¤ba pl¡vn eÞw öleyron

toçw m¢n kat‹gvn ŽdÛkvw toçw d' ¤kdiÅkvn toçw d¢ kaÛnvn

ŽrgurÛvn d' êpñplevw ƒIsymoÝ geloÛvw pandñkeue

cuxrŒ <tŒ> kreÝa parÛsxvn

oß d' ³syion khëxonto m¯ Êran Yemistokl¡ow gen¡syai

Contre Thémistocle

Mais toi tu peux bien admirer Pausanias, ou bien toi Xanthippe,

ou toi encore Léutychide, quant à moi je chante les louanges d'Aristide,

le meilleur entre tous les hommes venus de la sainte Athènes. Car Létô a conçu de la haine pour Thémistocle,

ce menteur, ce malhonnête, ce traître. Lui qui avait des liens d'hospitalité avec Timocréon,

il s'est laissé acheter avec des pièces d'argent de mauvais aloi et n'a pas ramené

Timocréon dans son Ialysos natale.

Au lieu de cela, il a pris les trois talents d'argent et il est parti naviguant vers sa ruine,

il a rapatrié des gens qui ne le méritaient pas, il en a fait poursuivre d'autres en justice, il en tué d'autres.

Couvert d'argent, il a fait l'aubergiste dans l'Isthme et s'est rendu ridicule

en servant des viandes glaciales:

tout le monde a mangé et souhaité qu'on n'accorde aucune attention à Thémistocle.

 

Ú jumbouleæein x¢rw po noèw d¢ p‹ra

... comploter avec quelqu'un sans les mains mais avec sa tête...

 

Intégralité des fragments conservés

 

 

 


Tyrtée de Sparte

TurtaÛow õ L‹kvn

Tyrtée de Sparte a vécu autour de 650 av. J.-C.

 

ƒErvthyeÜw L‹kvn õpoÝñw ¤sti TurtaÝow õ poiht®w

Žgayñw, eäpe, kakkon°n n¡vn cux‹w

Un Spartiate à qui l’on demandait quel genre d’homme était le poète Tyrtée répondit :

« Un homme qui est bon pour aiguiser l’esprit des jeunes ». (Plutarque, Paroles de Spartiates, 235, 60)

 

Lakvnikñn ¦mbathrÛon

get' õ Sp‹rtaw eé‹ndrou

koèroi pat¡rvn polihtn

lai˜ m¢n àtun prob‹lesye

dñru d' eétñlmvw p‹llontew

m¯ feidñmenoi tw zvw

oé gŒr p‹trion t˜ Sp‹rt&

Chant de marche laconien

Allons, jeunes gens de Sparte, cité des hommes courageux,

issus de pères citoyens et libres,

de la main gauche votre bouclier brandissez,

votre lance fièrement agitez,

sans craindre pour vos vies:

ce n'est pas la tradition à Sparte.

 

get' Î Sp‹rtaw koèroi

get' Î Sp‹rtaw ¦noploi koèroi

potÜ tŒn …Arevw kÛnasin

Chant de marche laconien

Allez, jeunes gens armés de Sparte,

vers les rythmes d'Arès.

(attribué aussi à Alcman)

 

Pai‹n

tòn „Elladow Žgay¡aw

stratagòn Žp' eéruxñrou Sp‹rtaw

êmn®somen Ì Þ¢ Pai‹n

Péan

Celui qui domine la Grèce bienheureuse,

le général venu de Sparte au vaste territoire,

chantons sa gloire, ô ié Péan!

(attribution douteuse à Tyrtée:

le premier général pour qui on aurait chanté des péans serait Lysandre, mort en 395).

 

oß treÝw xoroÛ

m¡w pok' ·mew lkimoi neanÛai

õ tÇn Žkmazñntvn ŽndrÇn

m¢w d¢ g' eÞm¡w aÞ d¢ l»w aég‹sdeo

m¢w d¡ g' ¤ssñmeya pollÒ k‹rronew

Les trois choeurs

choeur des vieillards

Nous, nous étions autrefois de vaillants jeunes gens.

choeur des hommes dans la force de l'âge

Nous, nous le sommes aujourd'hui; si tu veux, mets-nous à l'épreuve.

choeur des enfants

Quant à nous, nous serons plus audacieux encore.

(attribution à Tyrtée douteuse)