Noctes Gallicanae

 

Épitaphes

 


SOMMAIRE

 

 

auriges

chevaux

gladiateurs

soldats et vétérans

enfants

couples, mères et épouses

mises en garde

magistrats

morts violentes

commentaires divers

mention d'une profession

épitaphes littéraires

épitaphes chrétiennes

épitaphes médiévales ou modernes

Ausone - épitaphes des héros de la guerre de Troie

¤ἐπιτύμβια ἐπιγράμματα

 

 

Les inscriptions funéraires

tituli sepulcrales

 

Beaucoup d’épitaphes à partir du règne d’Auguste ont été rédigées plus ou moins sur le même modèle.

DIS MANIBVS

SACRVM

DIDIAE CHARIDI

VIXIT ANNIS VII

MENS X DIEBVS VII

A DIDIVS MNESTER

PRAECO A FORO

FILIAE DVLCISSIMAE ET

NONIAE CHARIDI

MATRI EIVS ET SIBI

ET SVIS LIBERT LIBERTABVSQ

SVIS POSTERISQ EORVM

IN FRONT P II S IN AGR P II

Transcription développée :

Dis Manibus ½ sacrum ½ Didiae Charidi ½ vixit annis VII ½ mens(ibus) X diebus VII ½ A(ulus) Didius Mnester ½ praeco a foro ½ filiae dulcissimae et ½ Noniae Charidi ½ matri eius et sibi et ½ suis libert(is) libertabusq(ue) ½ suis posterisq(ue) eorum ½ in front(e) p(edes) II s(emis) in agr(o) p(edes) II

 

Traduction :

Consacré aux dieux mânes. À Didia Charis [Χάρις, au datif Χάριτι]. Elle a vécu sept ans, dix mois, sept jours. Aulus Didius Mnester, crieur public au forum, a fait construire ce tombeau pour sa fille si douce, pour Nonia Charis, la mère de cette enfant, pour lui-même, pour ses affranchis hommes et femmes ainsi que leurs descendants. En façade : deux pieds et demi, en profondeur deux pieds. (L’Année Épigraphique, 1912, 224)

 

D M SACRVM

Invocation

Les inscriptions funéraires commencent souvent par une adresse « aux dieux Mânes » : D(IS) M(ANIBVS) ou D(IS) M(ANIBVS) S(ACRVM). Les deux lettres D M se trouvent soit en haut de l’inscription, soit de part et d’autre.

 

DIDIAE CHARIDI

Nom du défunt

Suit le nom du défunt, au génitif (« aux dieux mânes d’Untel »), au datif (DIDIAE CHARIDI « aux dieux Mânes et à Didia Charis »), ou encore tout simplement au nominatif, le Dis Manibus étant alors devenu une simple formule ; ce nominatif sert souvent sujet au verbe vixit (voir le paragraphe suivant) ou à une formule du type H(ic) S(itus/a) E(st) « Ici se trouve ». Le nom du défunt peut comporter des indications d’état civil et être précisé par la mention de sa profession.

 

VIXIT ANNIS VII MENSIBVS X DIEBVS VII

Age du défunt

Ici se trouve parfois indiqué l’âge du défunt, en années, mois, jours et même dans certaines épitaphes (surtout dans le cas d’un jeune enfant) en heures : le verbe V(ixit) a pour sujet le nom du défunt s’il a été indiqué au nominatif ; ce nom est repris par un pronom relatif ou demeure implicite, comme dans cet exemple, s’il a été indiqué précédemment au génitif ou au datif. L’indication de l’âge peut aussi figurer en fin d’épitaphe ou se trouver tout simplement omise. On trouve les mots annus, mensis, dies àl’accusatif, à l’ablatif ou au génitif.

 

A DIDIVS MNESTER PRAECO A FORO

Qui fait édifier le tombeau ?

Viennent alors, au nominatif, les renseignements relatifs à l’identité de celui qui a fait « ériger le tombeau ». Les verbes P(osuit) ou F(ecit) sont souvent sous-entendus, le complément d’objet MONVMENTVM ne se rencontre pratiquement jamais.

 

FILIAE DVLCISSIMAE

Lien de parenté

Quelques mots au datif (compléments de posuit ou fecit) précisent le lien qui unissait le défunt à la personne qui a fait ériger le tombeau : filiae dulcissimae, coniugi amantissimo « à un époux (ou une épouse) très affectueux », filio pientissimo « à un fils si affectueux », etc.

 

MATRI EIVS ET SIBI ET SVIS LIBERT(IS) LIBERTABVSQ(VE) SVIS POSTERISQ(VE) EORVM

Futurs occupants du tombeau

On se préoccupe parfois de faire élever le monument familial de son vivant, soit par simple prévoyance, ce qui s’exprime par l’adjectif vivus, soit à l’occasion du premier décès dans une famille, comme dans cet exemple.

Suivent parfois une laudatio, « éloge funèbre » ou des indications sur les circonstances de la mort si elles valent la peine d’être racontées, ou encore quelques phrases qui expriment la douleur des proches. Cette laudatio est souvent composée en vers, hexamètres ou distiques élégiaques.

 

IN FRONT(E) P II S IN AGR(O) P II

Indications juridiques

L’inscription peut se terminer, comme ici, par la mention des dimensions du monument ou par une formule comme

H(oc) M(onumentum) H(eredem) N(on) S(equitur)

 

Droit funéraire

La tombe reste la propriété inaliénable du défunt et l’esprit procédurier des Romains prend soin de le mentionner : H(oc) M(onumentum) H(eredem) N(on) S(equitur) « ce tombeau ne fait pas partie de l’héritage ». On peut préciser aussi dans quelles conditions le tombeau a été construit : (EX) D(ecreto) D(ecurionum) « par décision du conseil municipal », L(oco) P(ublico) D(ato) D(ecreto) D(ecurionum) « sur un terrain public donné par décision du conseil municipal », T(estamento) (illius) « selon le testament du défunt », etc.

 

Quelques abréviations courantes

ABN

Abnepos

précédé du prénom au génitif du trisaïeul

D M

Dis Manibus

Aux dieux mânes (de) + gén. ou dat.

EX D D

Ex Decreto Decurionum

Par décision du conseil municipal

H M H N S

Hoc Monumentum
Heredem Non Sequitur

Ce monument ne fait pas partie de l’héritage

F/FIL

Filius / filia

fils / fille

H M S S H N S

Hoc Monumentum Sive Sepulcrum
Heredem Non Sequitur

Ce monument ou tombeau ne fait pas partie de l’héritage

IN A/AG P

In Agro Pedes __

__ pieds en largeur

IN F/FR/FRO P

In Fronte Pedes __

__ pieds en façade

L P D D D

Locus Publicus
Datus Decreto Decurionum

Terrain communal donné par décision du conseil municipal

L/LIB

Libertus

affranchi

M/MEM

Memoriae

À la mémoire de

N

Nepos

précédé du prénom au génitif de l’aïeul

PRON

Pronepos

précédé du prénom au génitif du bisaïeul

PVBL

AVG N PVBL

Publicus
Augusti Nostri Publicus

avec un nom propre : « esclave public »

esclave public affranchi par un empereur

S T T L

Sit Tibi Terra Levis

Que la terre te soit légère

V A M D HO

Vixit __ Annos __ Menses
__Dies __Horas

Il/elle a vécu __ années, __ mois, __ jours, __ heures.

 

 

 


Épitaphes d’enfants

 

 

D M PRISCVS

V A XIIII M VIIII

TI CLAVDIVS MOSCHVS

ET CLAVDIA NICOPOLIS

FILIO PIISSIMO

Dis Manibus. Priscus vixit annos XIIII menses VIIII. Tiberius Claudius Moschus et Claudia Nicopolis filio piissimo.

AE 1989, 94

Aux dieux Mânes. Priscus « l’Ancien » a vécu quatorze ans neuf mois. Tiberius Claudius Moschus et Claudia Nicopolis à leur fils si respectueux.

ÿ

 

P ACILIVS VICTOR

FECIT SE BIBO SIBI ET

SVIS PARENTIBVS POSI

TA AVTEM VRBANA SO

ROR HVZVS Q VIX BIR

CO ANN XIIII M VIII D XXI

ISDEM DIE SOROR

HORVM POSITA A NOMINE

BITALIS Q VIX ANN X

ET DIES LIBERTIS LIBERTABVS

Q POSTERISQ EORVM

P Acilius Victor fecit se vivo sibi et suis parentibus. Posita autem Urbana soror huius quae vixit virgo annos XIIII menses VIII dies XXI ; iisdem diebus soror horum posita a nomine Vitalis quae vixit annos X et dies. Libertis libertabusque posterisque eorum.

AE 1912, 253

Publius Acilius Victor a fait construire ce tombeau, lui vivant, pour lui-même et ses parents ; Mais y a été ensevelie Urbana, sa soeur, qui a vécu vierge quatorze ans, huit mois et vingt et un jours ; dans les jours qui ont suivi leur soeur du nom de Vitalis y a été ensevelie, elle a vécu dix ans et dix jours. Ce tombeau recevra aussi leurs affranchis hommes et femmes ainsi que leurs enfants.

ÿ

 

image001

Narbonne, musée archéologique

M CAREIEVS M L ASISABISIO

VIVOS SIBI FECIT ET CAREIE

NIGELLAE ET CAREIEÆ M F TERTIAE

[.]NOR VI MATER CVM GNATA

[.]ACEO MISERABILE FATO QVA[.]

PVRA ET VNA DIES DETVLT A[.]

CINERE[. . .]

Marcus Careieus Marci libertus Asisabisio vivus sibi [hoc monumentum] fecit... et Careieae Nigellae et Careiae Marci filiae Tertiae annorum sex :

 Mater cum gnata jaceo.

Miserabili fato : quas pura et una dies detulit ad cineres !

AE 1908, 186

Marcus Careius Asisabisio, affranchi de Marcus [Careius], a fait construire ce tombeau de son vivant pour lui-même et pour Careia Nigella et Careia Tertia, fille de Marcus, âgée de 6 ans.

– Moi, la mère, je repose avec ma fille.

Par un sort funeste, une journée sans nuages, une seule, les a vues réduites en cendres.

ÿ

 

TE TERRA OPTESTOR LEVITER SVPER OSSA QVIESCAS ET TENERAE AETATI NE GRAVIS ESSE VELIS.

Toi, terre, je t’en supplie, ne repose pas trop lourdement ces ossements et pour cet âge tendre, ne sois pas trop lourde si tu le veux bien.

ÿ

 

QVOD EDI BIBI MECVM HABEO QVOD RELIQVI PERDIDI

CIL 6, 18131

Ce que j’ai mangé, ce que j’ai bu, je l’ai emporté avec moi. Ce que j’ai laissé sur la terre, c’est perdu pour toujours.

Épitaphe d’un garçon mort à 14 ans.

ÿ

 

VICCENTIA DVLCISSIMA FILIA AVRI NETRIX QAE VIXIT AN VIIII M VIIII

ILS 7691

Viccentia, ma fille si douce, fileuse d’or, qui a vécu 8 ans et 8 mois.

ÿ

 

D M S

TARRACIVS

VERNA

VECTIGALIS

VIXIT

ANNIS X

MENSIBVS X

D XXII

AE 1895, 148

Aux dieux mânes. Tarracius, esclave né à la maison et employé au dehors, a vécu 10 ans, 10 mois et 22 jours.

ÿ

 

DM EVGENIAE FILIAE DEFVN

CTAE IVLIVS VIC

TOR CVPARIVS ET SACCARIVS

ET ACCEPTINAE CON

IVGI ET FLORENTINO FILIO

VIVIS VIVS FECIT

ILS 7659a

Aux dieux mânes d’Eugenia, sa défunte fille. De son vivant, Julius Victor, tonnelier et fabricant d’emballages, a fait élever ce tombeau ainsi que pour Acceptina, son épouse, et Florentinus, son fils, de leur vivant.

ÿ

 

ECCE SVB HOC TITVLO SITA SVNT SOTERIDIS OSSA

CONSVMPTA INMITI MORTE SEPVLTA IACET

NONDVM BIS TERNOS AETAS COMPLEVERAT ANNOS

CVM IVSSAST NIGRI DITIS INIRE DOMVM

MATER QVOS NATAE DEBEBAT TRADERE LVCTVS

TRADIDIT HOS MATRI NATA REPENTE SVAE

AE 1915, 2

Regarde : sous cette inscription reposent les ossements de Soteris. Elle a succombé à une mort prématurée et on l’a enterrée ici. Sa vie n’avait pas encore atteint le nombre de deux fois trois ans lorsqu’elle reçut l’ordre d’entrer chez le noir Pluton. Les chagrins qu’une mère doit laisser à sa fille, la fille tout à coup les a laissés à sa propre mère.

ÿ

 

M MARIVS

LASCIVOS

H S E

TV QVI PRAETERIENS

SPECTAS ARAM QVAM

FECIT CASVS PONI QVO SI

STIS LEGE ET INVENIES QVIT

MIHI CONTIGERIT TRIMVS

EGO ET MENSVM IAM SEX

TVAM LVCEM SENSI

M Marius Lascivos hic situs est. Tu qui praeteriens spectas aram quam fecit casus poni, quo sistis lege et invenies quid mihi contigerit : trimus ego et mensum iam sex tuam lucem sensi.

CIL 2, 14, 290

Ici repose Marcus Marius Lascivus. Toi qui t’arrêtes sur ton chemin et qui regardes cet autel que le malheur a fait élever, lis et tu sauras ce qui m’est arrivé : moi, à trois ans et six mois, j’ai cessé de percevoir la lumière sous laquelle tu es.

ÿ

 

C IVL VALERIVS VET L X G

VIVVS FECIT S ET SEPT

FLORE CONIVGI P K AN L

ET IVLIO FLORO FILIO K AN V

C Iulius Valerius veteranus legionis X Geminae, vivus fecit sibi et Septimiae Florae coniugi piae karissimae annorum L, et Iulio Floro filio karissimo annorum V.

AE 1891, 37

Gaius Iulius Valerius, vétéran de la dixième légion « Gemina » a fait construire ce tombeau de son vivant, pour lui-même, pour sa tendre épouse bien aimée Septimia Flora, âgée de cinquante ans et pour son fils bien aimé Iulius Florus, âgé de cinq ans.

ÿ

 

FLAVIA P [....]OENA

VT ROSA AMOENA HOMINI EST QVOM PRIMO TEMPORE FLORET

QVEI ME VIDERVNT SEIC EGO AMOENA FVI

Flavia Publii filia Amoena

Ut ròs(a) à|mœn(a) (h)òmì|n(i) est cum | primo | tempore | floret

qui me | vide|runt | sic eg(o) à|mœnà fù|i

AE 1894, 20=CIL 6, 23316

Flavia la Charmante, fille de Publius :

de même que la rose pour l’homme est charmante quand elle est fleurissante,

de même pour ceux qui m’ont vue je fus moi aussi charmante.

ÿ

 

HIC PACATE SEDEM LOCAS BAPTISMATE PVRVS

QVARTVM DVM INCVRRIS DEFLENDVM FVNERE LVSTRVM

hic Pa|catè sè|dëm lö|cäs bap|tismàtè | purus

quartum | dum in|curris dè|flendum | funere | lustrum

AE 1944, 587

Ici Pacatus, tu habites un logement provisoire. Toi qui as été purifié par le baptême au moment où tu entrais à grands pas dans ton quatrième lustre, celui où il faut déplorer ta mort soudaine.

ÿ

 

B M

ANNA IN

NOK FILIA STEFANI

LOK SERS BIXIT

IN P ANNV VNV

MEN VIIII DI VIIII S

DEF EST DIES ¢

MEN IVINI IND XII

Bonae Memoriae. Anna innocens filia Stefani, loci servatoris vixit in pace annum unum, menses VIIII, dies VIIII semis. Defuncta est die{s} V mensis Iu{i}nii, ind(ictione) XII.

IRT 834

À la mémoire d’Anna, innocente fille de Stephanus, d’une famille d’esclaves. Elle a vécu dans la paix un an, neuf mois et neuf jours et demi. Elle s’est éteinte le cinq juin, douzième indiction.

ÿ

 

PAVLE DVLCITI DEVS

TE REFRIGERET CVI

VIXIT ANNIS VN

DECI MENSES SEX DIES TREDECI

Paule Dulciti, Deus te refricat. Qui vixit annis undecim, menses sex, dies tredecim.

AE 1976, 60.

Paul Dulcitius, que Dieu te ressucite. Il a vécu onze ans, six mois, treize jours.

ÿ

 

FVRII IANVARIVS ET MOEDVLA

AFRICANO FILIO AGNO INMACV

LATO B M

Furii Ianuarius et Moedula Africano filio agno inmaculato bene merenti.

AE 1915, 65

Januarius, fils de Furius, et Moedula, à leur fils Africanus, agneau immaculé, qui l’a bien mérité.

ÿ

 

BONA ME

MORIA IREN[. ]

BIXI[. . .]NN TR

ES ET MENSE UN

ET REQ IN PACE

[. . .]

Bona memoria. Irene bixit! annos tres et mensem unum et requieuit in pace ...

IRT 209

À sa mémoire. Irène a vécu trois ans et un mois et elle a reposé dans la paix...

ÿ

 

MERENTES PARENTES FECERVNT QVOD

IPSE DEBVIT FACERE INFELICES PARENTES

DOLO DEBERET HVNC TVMVLVM FECERVNT

QVI NATVS EST FL SERGIO ET FL NIGRIANO COSS

III IDVS AVG DIE SATVRNIS DEPOSITVS IN HAC

DOMO AETERNA DD NN VALENTINIANO ET VALENTE

AVG ITERVM COSS VII IDVS DECEMB DIE SATVRNIS

QVI VIXIT ANN XVIIII M III D XXVI

IN PACE

Maerentes parentes fecerunt quod ipse debuit facere. Infelices parentes ! dolo deberet. Hunc tumulum fecerunt. Qui natus est Flavio Sergio et Flavio Nigriano consulibus III Idus Augustas die Saturnis ; depositus in hac domo aeterna dominis nostris Valentiniano et Valente Augustis iterum consulibus, VII Idus Decembribus, die Saturnis. Qui vixit annos XVIIII, menses III, dies XXVI. In pace.

AE 1892, 31

Ses parents affligés ont fait ce qu’il devait faire lui-même. Malheureux parent ! Il le devait dans la douleur. Ils ont fait élever ce tombeau. Il est né sous le consulat de Flavius Sergius et de Flavius Nigrianus, le troisième jour des Ides d’août, un samedi (11 août 355) ; il a été enseveli dans cette demeure d’éternité sous le second consulat de nos seigneurs Valentinien Auguste et Valens Auguste, le septième jour des Ides de décembre, un samedi (7 décembre 373). Il a vécu dix-neuf ans, trois mois, vingt-six jours. Qu’il repose en paix.

ÿ

 

PARENTES DICVNT

AEHEEV MISEROS NOS ET INFELICES QVI DVO LVMINA TAM CIA

RA PERDIDIMVS SET QVID ALIVT FIERI POTEST NISI NATVRAE SER

VIENDVM SET VENIET VTIQVE VINDEX ILLE NOSTER DIES

VT SECVRI ET EXPERTES MALI IACEAMVS SI PARITER SO

PIETVR DOLOR SI SAEPARATIM MAIOR CRVCIATVS SVPER

STITI RELINQVETVR CVPIDI TAMEN SVMVS MORTI VT

IN ILLVM PVRIOREM SECESSVM PROFVGIAMVS

HOMINES ENIM QVO INNOCENTIORES EO INFELICIORES

Parentes dicunt « aeheeu ! miseros nos et infelices, qui duo lumina tam clara perdidimus. Sed quid aliud fieri potest, nisi naturae serviendum ? Sed veniet utique vindex ille noster dies ut securi et expertes mali iaceamus, si pariter sopietur dolor ; si separatim maior cruciatus superstiti relinquetur, cupidi tamen sumus morti ut in illum puriorem secessum profugiamus homines enim quo innocentiores eo infeliciores ! »

AE 1901, 105

Tes parents disent « Hélas ! pauvres malheureux que nous sommes, nous qui avons perdu deux yeux si lumineux ». Mais que peut-on faire d’autre, que se soumettre à la nature ? Mais quoi qu’on fasse, il viendra ce jour, notre jour, qui nous consolera, qui nous étendra en sûreté et à l’abri du malheur, si le chagrin s’endort pareillement. Puisqu’une souffrance plus grande est laissée dans la séparation à celui qui survit, nous sommes désireux de la mort pour nous réfugier dans cette retraite plus pure. Les hommes en effet sont d’autant plus malheureux qu’ils n’ont rien fait pour l’être.

ÿ

 

VIRGINIS HOC TITVLO NOMEN NON DEBVIT ESSE

QVAE CVNCTOS ARTES PERBIBIT ET CECIDIT

NVNC IANVARIA IACES ANNOS TER QVINQVE SEPVLTA

ERIPVIT MISERAS INVIDA FLAMMA PRECES

IN TE CERTEBAT SPECIES FORMATA PVDORE

ET STVDIVM NITENS AD MAIORA BONA

SI NON FATORVM PRAESPOSTERA IVRA FVISSENT

MATER IN HOC TITVLO DEBVIT ANTE LEGI

AE 1916, 56.

Sur cette stèle ne devrait pas se trouver le nom d’une vierge,

qui a bu tous les remèdes de l’art et qui est tombée.

maintenant, Januaria, tu es étendue dans la tombe à trois fois cinq ans,

la flamme envieuse a enlevé les pauvres prières,

en toi l’apparence soignée rivalisait avec la réserve,

et tes goûts tendaient vers de plus grands biens

Si les arrêts des destins n’avaient pas été inversés,

on devrait lire sur cette stèle le nom de ta mère avant le tien.

ÿ

 

DIS MANIBVS

M LVCCEI VERI

VIX ANN VII

DIEB XIII HOR II

Dis Manibus M. Luccei Veri. Vixit annis VII diebus XIII horis II.

AE 1989, 98.

Aux dieux Mânes de Marcus Lucceius Verus. Il a vécu sept ans, treize jours et deux heures.

ÿ

 

D M

HIC IACET ECCE VIDES PVPA SINE FINE DECORIS QVE MIHI

TAM SVBITO RAPTA EST NEQVE ADHVC CREDERE POSSI

NON EGO TAM MODICA POTVI MACVLARE PARE

NTEM CASSIA SVM VOCITA IACET SVB SAXO RECL

VSA IIII ANNOS VIXI ET MENSES V TV QVIDEM QVEM RE

CITAS ABLATVS PIETATE PARENTIS QVISQVIS ES VALE

Dis Manibus. Hic iacet, ecce vides, pupa sine fine decoris, quae mihi tam subito rapta est neque adhuc credere potui.

– non ego tam modica potui maculare parentem, Cassia sum vocita.

– iacet sub saxo reclusa.

– IIII annos vixi et menses V. Tu quidem qui  recitas, ablatus pietate parentis, quisquis es vale !

AE 1992, 1460

Aux dieux Mânes. Ici repose, comme tu le vois, une fillette au charme sans limite, qui m’a été enlevée si soudain que je n’ai pas encore réussi à le croire.

– Ce n’est pas moi, si discrète, qui ai pu infliger ce deuil à mère, je m’appelle Cassia.

– Elle repose enfouie sous cette pierre.

– J’ai vécu quatre ans et cinq mois. Et toi qui es en train de lire, bien loin de la tendresse de ta mère, qui que tu sois, adieu !

ÿ

 

D M S

MEMORIAE DORIDIS

INFELICISSIMAE QVAE INCREDI

BILI SVBITANEA VI IGNIS DEPERIT

[.]NNOS AETATIS VII DIEB XXII

FECIT LICINIA HEDONE

[..]RONA O T B Q T T L S

Dis Manibus sacrum. Memoriae Doridis infelicissimae quae incredibili subitanea vi ignis deperiit, annos aetatis VII diebus XXII. Fecit Licinia Hedone, patrona. Ossa tua bene quiescant. Tibi terra levis sit.

AE 1988, 117

Consacré aux dieux mânes. A la mémoire de la si malheureuse Doris, qui a péri dans un incendie soudain d’une incroyable violence. Elle a vécu sept ans et vingt-deux jours. Stèle élevée par sa patronne Licinia Hédoné. Que tes os reposent bien. Que la terre te soit légère.

ÿ

 

..]O

[. . .]IM MATER

[. . .]IMO QVI MIHI FLORE

PERIT PERCVSSVS CORNV BVBVS

DVM PABVLA PONIT

AD QVEM DVM CVRRO DVM MISER ANTE PERIT

INFELIXS GENETRIX DITI TRIA FVNERA DVXSI

LVGEBAM NATAS CVM MIHI NATVS OBIT

QVOD SVPEREST MATRI SALTEM CONCEDITE

MANES

VT SINT QVI VOLTVS POST MEA FATA PREMANT

M OCTAVI PVLLI

F RVFI

Filio infelicissima mater aetatis primo. Qui mihi florebat. Periit percussus cornu bubus, dum pabula ponit. Ad quem dum curro, dum miser ante periit. Infelix genetrix Diti tria funera duxi : lugebam natas cum mihi natus obiit. Quod superest matri, saltem concedite, Manes, ut sint qui voltus post mea fata premant, Marci Octavi, Pulli filii, Rufi.

AE 1922, 48

A son fils, un mère infortunée, à son fils aîné. Lui qui resplendissait pour mon bonheur. Il a péri frappé par la corne, par les bœufs, en leur donnant leur fourrage. Le temps que je me précipite vers lui, le malheureux était mort avant. Mère éprouvée par le sort, j’ai conduit vers Pluton trois enterrements : je pleurais mes filles lorsque mon garçon est décédé. Ce qui survit à une mère, accordez-moi au moins ça, dieux Mânes, afin qu’il y ait quelqu’un pour fermer les yeux, après ma mort, de Marcus Octavius Rufus, fils de Pullus.

ÿ

 

DM

EVGENIAE

FILIAE DEFVN

CTAE IVLIVS VIC

TOR CVPARIVS

ET SACCARIVS ET

ACCEPTINAE CON

IVGI ET FLORENTINO

FILIO VIVIS VIVS

FECIT

ILS 7659a

Aux dieux mânes d’Eugenia, sa défunte fille. De son vivant, Julius Victor, tonnelier et fabricant d’emballages, a fait élever ce tombeau ainsi que pour Acceptina, son épouse, et Florentinus, son fils, de leur vivant.

ÿ

 

P ALBI P F FAB MEMORIS

VIX ANNV M VI D VI

P ALBIVS THREPTVS

ET ALBIA APOLLONIA

PARENTES FILIO DVLCISSIMO

image003

(source: Mallet-Isaac, 5ème, éd. 1957)

A la mémoire de Publius Albius Fabius, fils de Publius. Il a vécu un an, 6 mois, 6 jours. Publius Threptus et Albia Apollonia ses parents à leur fils si doux.

ÿ

AVE

HERENNIA CROCINE

CARA SVEIS INCLVSA HOC TVMVLO

CROCINE CARA SVEIS VIXI EGO

ET ANTE ALIAE VIXERE PVELLAE

IAM SATIS EST LECTOR DISCEDENS

DICAT CROCINE SIT TIBI TERRA

LEVIS VALETE SVPERI

Ave ! Herennia Crocine, cara suis, inclusa hoc tumulo. Crocine cara suis vixi ego, et ante aliae vixere puellae. Iam satis est. Lector discedens dicat : « Crocine sit tibi terra levis ! » Valete superi.

CIL2, 1821

Stèle découverte à Gadès (Espagne), Ier siècle av. J.-C.

Bonjour ! Herennia Crociné, chère à ses proches, est ensevelie dans cette tombe. Moi, Crociné, chère à ses proches, j’ai fini de vivre, et d’autres jeunes filles ont fini de vivre avant moi. En voilà assez. Que celui qui a lu dise en repartant : « Crociné, que la terre te soit légère ! » Adieu, les vivants.

 

ÿ

CHRYS[.]

HIC DORM[.]

Chryse hic dormit

AE 1983, 97.

Tombe de jeune fille ?

Ici dort Chrysè.

 

ÿ

DIS MANIBVS

SACRVM

DIDIAE CHARIDI

VIXIT ANNIS VII

MENS X DIEBVS VII

A DIDIVS MNESTER

PRAECO A FORO

FILIAE DVLCISSIMAE ET

NONIAE CHARIDI

MATRI EIVS ET SIBI ET

SVIS LIBERT LIBERTABVSQ

SVIS POSTERISQ EORVM

IN FRONT P II S IN AGR P II

Dis Manibus sacrum. Didiae Charidi (Χάριτι). Vixit annis VII, mensibus X, diebus VII. A. Didius Mnester, praeco a foro, filiae dulcissimae et Noniae Charidi, matri eius, et sibi, et suis libertis libertabusque suis posterisque eorum. In fronte pedes II semis, in agro pedes II.

AE 1912, 224

Consacré aux dieux mânes. À Didia Charis. Elle a vécu sept ans, dix mois, sept jours. Aulus Didius Mnester, héraut au forum, a fait construire ce tombeau pour sa fille si douce, pour Nonia Charis, la mère de cette enfant, pour lui-même, pour ses affranchis hommes et femmes ainsi que leurs enfants. En façade deux pieds et demi, en profondeur deux pieds.

 

ÿ

EGNATIA FLORENTINA

H S E S T T L

QVOD PARENTI FACERE DEBVIT

FILIA ID IMMATVRE FILIAE

FECIT PATER

CIL 2, 7, 452

Egnatia Florentina repose ici. Que la terre te soit légère. Ce que pour son père devait une fille, c’est ce que prématurément pour sa fille a fait un père.

 

ÿ

sommaire


Couples, mères et épouses

 

 

V(IVI) F(ECERVNT) CN(AEVS) BAEBIVS EROS

CHILONIANVS

OPPIA MONTANA VXOR

IN SVIS HORTEIS SITI SVNT

H(OC) M(ONVMENTVM) H(EREDEM) N(ON) S(EQVETVR)

IN F(RONTE) P(EDES) XXIII IN A(GRO) P(EDES) XX

CIL 2, 14, 407

De leur vivant, Gnaeus Baebius Eros Chilonianus et Oppia Montana, son épouse, ont fait élever ce monument. Ils reposent sur leurs terres. Ce monument ne fait pas partie de l’héritage. En façade : 23 pieds ; en profondeur, 20 pieds.

 

 

 

DIS EST SACRATVS MANIBVS

HIC TVMVLVS

QVI TEGIT OSSA PIAE

C[. . .]AE NVMISIAE

MARCELL[IN]AE QVINTI

[. . .]O[. . .]RIS

QVORVM QVOT SIC SVNT

CONIVNCTA SEPVLCRA

TESTANTVR QVAM CONCOR

DES EXEGERINT AEVOM(!)

QVOS NEC MORS POTVIT

SEIVNGERE LONGE

CRVDELIS QVAE SOLA POTEST

DISIVNGERE AMANTES

AE 1915, 73.

Dis est sacratus Manibus hic tumulus

qui tegit ossa piae Claudiae Numisiae Marcellinae Quinti

...o...ris quorum quot sic sunt coniuncta sepulcra

testantur quam concordes exegerint

aevom quos nec mors potuit seiungere longe

crudelis quae sola potest disiungere amantes

Il est consacré aux dieux mânes, ce tombeau qui abrite les ossements de la pieuse Claudia Numisia Marcellina et de Quintus ... dont les pierres tombales, puisqu’elles sont ainsi réunies, attestent à quel point ils ont passé leurs vies en bonne entente, eux que la mort n’a pas pu séparer en les éloignant, la mort qui seule peut séparer ceux qui s’aiment.

 

 

CLAVDIA

FORTVNAT[.]

XII LIBERO

RVM MATER

V ANN L

HIC SITA EST

Claudia Fortunata XII liberorum mater vixit annos L hic sita est

AE 1934, 67

Claudia Fortunata, mère de douze enfants repose ici ; elle a vécu cinquante ans.

 

 

D M

TI CLAVDIVS DIADVMENVS

PATRONAE B M F

SI TV BIBIS ET MIHI DA

AE 1976, 1030.

Aux dieux Mânes. Tiberius Claudius Diadumenus a fait construire ce tombeau pour sa patronne avec une grande reconnaissance. Et toi, si tu bois, donne-m’en aussi.

 

 

D M

SEPTIMIAE T F MAXVMAE

MATRI PIENTISSIMAE

QVAE VIXIT ANN LVI MENSE V

DIE XX B M

Í

HOSPES SISTE PIVS PATVLAE SVB TEGMINE QVERCVS

MANIBVS HIC NATI ME POSVERE DEIS

QVAE FVERINT MALA MVLTA MIHI QVAE VOLNERA FATI

QVI CASVS NESCIS DVLCIS AMORE VIRI

SEPTIMIAE MATRIS CASTAE SEMPER MEMOR ESTO

CVIVS PROGENIES PERPETVAT SPECIEM

Dis Manibus Septimiae Titi filiae Maxumae matri pientissimae quae vixit annos LVI menses V dies XX bene merenti.

Hospes, siste pius patulae sub tegmine quercus. Manibus hic nati me posuere deis. Quae fuerint mala multa mihi, quae volnera fati, qui casus, nescis. Dulcis amore viri, Septimiae, matris castae, semper memor esto, cuius progenies perpetuat speciem.

AE 1993, 539 a et b.

Aux dieux mânes de Septimia maxima, fille de Titus, mère admirable qui a vécu 56 ans, 5 mois et vingt jours, et qui a bien mérité cet hommage.

Passant, assieds-toi recueilli à l’ombre de ce large chêne. Ici mes enfants m’ont consacrée aux dieux Mânes. Quels ont été mes nombreux malheurs, quelles ont été les blessures du destin, quels ont été les coups du sort, tu l’ignores. Souviens-toi de Septimia, douce par amour de son mari, chaste mère, dont la descendance perpétue la race.

 

 

MEMOR AETERN

CLOD EVPORIAE ANN

XXXX DIES XXVIII

CASTAE ET ABSTINENTIS BONAE

INDOLIS MATRONAE NEC ALIE

NI CVPIDA PAR OPINIONIS SVAE

SANCTA IN CONIVGE PIA QVOQ

NATAE FAMVLISQ BENIGNA

OBSEQVENTISSIMA DIGNIS HANC

OMNIS AETAS AMAVIT QVAE MV

TATA PATRIA CASV RAPTA MANE[.]

CIL 2, 7, 439

Memoriae aeternae Clodiae Euporiae, annorum XXXX dierum XXVIII, castae et abstinentis, bonae indolis matronae, nec alieni cupida, par opinionis suae, sancta in coniugem, pia quoque, natae famulisque benigna, obsequentissima dignis. Hanc omnis aetas amavit. Quae mutata patria casu rapta manet.

A la mémoire éternelle de Clodia Euporia, 40 ans et 28 jours, pudique et sobre, femme douée d’un heureux caractère, pas envieuse des autres, au jugement équilibré, respectueuse du lien conjugal, pieuse également, bienveillante pour sa fille et ses serviteurs, obéissante à ceux qui le méritaient. Tous ses contemporains l’ont aimée. Elle demeure ici, ayant changé de patrie et ravie par un sort funeste.

 

 

D M

CAESIAE DAPHNES

T CAESIVS ADVENA

CONIVGI SANCTISSIMAE ET

FIDELISSIMAE CVM QVA VIXIT

INCOMPARABILI DVLCITVDINE

ANNIS XXVII SINE VLLA ANIMI EIVS

OFFENSA QVAE VIX ANN XXXXII

MENS IIII DIE I HOR III

HAEC SINE VLLA CORPORIS SVI

VEXATIONE DIE VII FLENTE SVPER SE

MARITO CVIVS MANVS SVPER OCVLOS

SVOS TENEBAT DEBITVM NATVRAE SOLVIT

AE 1911, 192

Aux dieux mânes de Caesia Daphné. Titus Caesius Advena à sa très respectée et très fidèle épouse, avec laquelle il a vécu dans une incomparable douceur 27 ans, sans aucun saut d’humeur de sa part. Elle a vécu 42 ans, 4 mois, 1 jour et 3 heures. Le septième jour, sans aucune souffrance physique, comme son mari en pleurs se penchait sur elle et qu’elle lui tenait la main sur ses yeux, elle s’est acquittée de sa dette envers la nature.

 

 

[. . .]

DIEBV[. . .]RA NOCTVRN VI

AVR FELICIANVS PR LEG VII CL

CONIVGI DIGNISSIMAE

Diebus decessit hora nocturna VI. Aurelius Felicianus princeps legionis VII Claudiae coniugi dignissimae.

AE 1902, 23

Elle a fini ses jours à la sixième heure de la nuit. À Claudia, son épouse si méritante, Aurelius Felicianus, soldat de deuxième ligne de la septième légion.

 

 

DIS MANIB

GRAPTE

EGNATIAE MA

XIMILLAE

A MANV

CONIVGI KARIS

SIMAE C EGN

ATIVS AROGVS

ILS, 7397

Aux dieux mânes de Grapta, secrétaire d’Egnatia Maximilla. A son épouse si chère, Gaius Egnatius Arogus.

 

 

DEAE SANCTAE MEAE

PRIMILLAE MEDICAE

L VIBI MELITONIS F

VIXIT ANNIS XXXXIIII

EX EIS CVM L COCCEIO

APTHORO XXX SINE

QVERELLA FECIT

APTHORVS CONIVG

OPTIMAE CASTAE

ET SIBI

ILS, 7804

A ma vénérée déesse Primilla, médecin, fille de Lucius Vibius Melito. Elle a vécu 44 ans, dont 30 avec Lucius Cocceius Apthorus sans dispute. Tombe élevée par Apthorus pour son excellente et pudique épouse, et pour lui-même.

 

 

DAPHNIS EGO HERMETIS CONIVNX SVM LIBERA FACTA

CVM DOMINVS VELLET PRIMV HERMES LIBER VT ESSET

FATO EGO FACTA PRIOR FATO EGO RAPTA PRIOR

QVAE TVLI QVOD GEMVI GEMITVS VIRO SAEPE RELIQVI

QVAE DOMINO INVITO VITAM DEDI PROXIME NATO

NVNC QVIS ALET NATVM QVIS VITAE LONGA MINISTRAT

ME STYGA QVOD RAPVIT TAM CITO ENI A SVPEROS

PIA VIXIT ANNIS XXV H S E

AE 1897, 43

cum dominus vellet primus Hermes liber ut esset

fato ego facta prior fato ego rapta prior

quae tuli quod gemui gemitus viro saepe relinqui

quae domino invito vitam dedi proxime nato

nunc quis alet natum quis vitae longa ministrat

me stygia quod rapuit tam cito enim a superos

Moi, Daphnis, épouse d’Hermès, je suis devenue libre.

Alors que notre maître voulait qu’Hermès soit libre le premier,

Le destin a voulu que je le sois la première, le destin a voulu que je sois enlevée la première,

Moi qui ai enduré en pleurant de laisser bien des larmes à mon mari,

Moi qui malgré la volonté du maître viens de donner le jour à un garçon.

Qui maintenant va nourrir ce garçon ? Qui s’occupera de lui au long de sa vie ?

Puisqu’il m’a arrachée, malheureuse, si vite au monde des vivants.

Elle a vécu dans le devoir 25 ans. Elle repose ici.

 

 

 

image004

Rome, 3ème s. av. J.-C.)

Animation1

via Appia : le monument des Caecilii Metelli, état actuel et reconstitution

 

CAECILIAE

Q(VINTI) [METELLI] CRETICI F(ILIAE)

METELLAE CRASSI [VXORI]

A Caecilia Metella, fille de Quintus [Caecilius Metellus], épouse de Crassus.

 

 

D M S

IVLIAE SATVRINAE

ANN XXXXV VXORI INCOMPARABILI

MEDICAE OPTIMAE MVLIERI SANCTISSIMAE

CASSIVS PHILIPPVS MARITVS OB MERITA

H S E S T T L

ILS 7802

Consacré aux dieux mânes de Julia Saturina, âgée de 45 ans, épouse incomparable, excellent médecin, femme à la vertu irréprochable. Cassius Philippus, son mari, lui a fait élever cette stèle pour rendre hommage à ses mérites. Elle repose ici. Que la terre te soit légère.

 

 

HI DVO CONVENTI

VNA FATA SECVTI

VNO LECTO COMPOSITI

VNA FAVILLA IACENT

CIL 9, 5140

Ces deux êtres réunis, qui ont suivi un seul et même destin, qui ont été placés sur un seul et même lit funèbre, gisent ici en une seule et même cendre.

 

 

D M S

CLODIAE SE

CVNDAE CONIV

GI DVLCISSIMAE ET BENE

MERENTI QVAE VIXIT AN

XXV MEN X DIEB XIIII IN

CONIVGIO MECVM FVIT SI

NE QVERELLA AN VII M IIII

DIEB XVIII L CAELIVS FLO

RENTINVS

(CENTVRIO) COH(ORTIS) X

VRB(ANAE) POSVIT

NAT(A) MAMERTINO ET

RVFO COS PRI NON

AVG DEF XV KAL IVL APRO ET MAXIMO

COSS

AE 1901, 140

Consacré aux dieux mânes. A Clodia Secunda, mon épouse si tendre qui mérite bien ma reconnaissance, qui a vécu vingt-cinq ans, dix mois et quatorze jours, qui a passé avec moi sans une dispute une vie conjugale de sept ans, quatre mois et dix-huit jours. Moi, Lucius Caelius Florentinus, centurion de la dixième cohorte « Urbana », j’ai fait élever ce tombeau. Elle était née sous le consulat Mamertinus et de Rufus, la veille des nones d’août (4 août 182) ; elle est décédée le quinzième jour des calendes de juillet, sous le consulat d’Aper et de Maximus (17 juin 207).

 

 

MEMMIAE PALAESTR[.]

CONIVGI SANCTISSIMA[.]

A PONTIVS EVTYCHVS

OMNIVM HOMINVM INFELICISSIM[.]

QVI TAM INCOMPARABILEM FEMINAM

CITO CARVI [. . .

Memmiae Palaestrae(?) coniugi sanctissimae  Aulus Pontius Eutychus omnium hominum infelicissimus qui tam incomparabilem feminam  cito carui

AE 1968, 175

A Memmia Palaistra, son épouse très respectable. Aulus Pontius Eutychus (« l’Heureux », en latin « Felix »), le plus malheureux (en latin « infelix ») de tous les hommes, qui a perdu si vite une femme tout à fait incomparable.

 

 

D M

METTIAE LEDAE L

MANITIVS ASIATI

CVS COIVGI INCO

MPARABILI CVM QVA VIXIT ANNIS

XXXII MENSIBVS

VII SINE VLLA QVAE

RELLA BEN MER

FECIT

Dis Manibus  Mettiae Ledae Lucius  Manitius Asiaticus coniugi incomparabili cum qua vixit annis XXXII mensibus VII sine ulla qu{a}erella bene merenti fecit

AE 1968, 135

Aux dieux mânes de Mettia Leda. Lucius Manitius Asiaticus a fait élever ce monument à son épouse incomparable qui l’avait bien mérité, avec laquelle il a vécu 32 ans et 6 mois sans la moindre querelle.

 

image006.jpg

sommaire

 


Epitaphes latines médiévales et modernes

 

KAROLI.jpg

SVB HOC CONDITORIO SITVM EST CORPVS

KAROLI MAGNI ATQVE ORTHODOXI IMPERATORIS

QVI REGNVM FRANCORVM NOBILITER AMPLIAVIT

ET PER ANNOS XLVII FELICITER REXIT

DECESSIT SEPTVAGENARIVS ANNO DOMINI DCCCXIIII

INDICTIONE VII V KAL FEBR

Aix-la-Chapelle, 9ème s. ap. J.-C., texte transmis par Éginhard

 

Sous cette dalle se trouve le corps

de Charles le Grand (Charlemagne) et empereur catholique,

qui augmenta par ses faits d’armes le royaume des Francs et régna avec bonheur 47 années.

Il mourut septuagénaire l’année 814 de notre Seigneur,

la 7ème de l’indiction, le 5 des calendes de février (28 janvier).

 

 

ALCUIN1

 

Albinus Flaccus, né vers 735 à York, selon les uns, en Saxe du nord selon d’autres, fut chargé par Charlemagne de diriger l’école du palais à Aix-la-Chapelle en 782. Il inspira la réforme liturgique et scolaire carolingienne. Il mourut à Tours en 804.

Artes liberales studiosissime coluit, earumque doctores plurimum veneratus magnis adficiebat honoribus. In discenda grammatica Petrum Pisanum diaconem senem audivit, in ceteris disciplinis Albinum cognomento Alcoinum, item diaconem, de Brittania Saxonici generis hominem, virum undecumque doctissimum, praeceptorem habuit, apud quem et rhetoricae et dialecticae, praecipue tamen astronomiae ediscendae plurimum et temporis et laboris inpertivit. Discebat artem conputandi et intentione sagaci siderum cursum curiosissime rimabatur.

[Charlemagne] cultiva les arts libéraux avec le plus grand intérêt, il témoigna le plus grand respect aux maîtres de ces discipliens et leur accorda de grands honneurs. Il suivit dans l’étude de la grammaire l’enseignement du diacre Pierre de Pise, qui était alors âgé, et dans les autres disciplines, il eut pour professeur Albinus surnommé Alcuin, diacre lui aussi, un Saxon originaire de Bretagne, homme au savoir universel. Auprès de lui, il consacra énormément de temps et de peine à apprendre la rhétorique et la dialectique, mais surtout l’astronomie. Il apprenait l’art de compter et il observait le cours des astres avec une attention sans faille.

Eginhard, Vie de Charlemagne, 25.

 

Hic, rogo, pauxillum veniens subsiste, viator,

et mea scrutare pectore dicta tuo,

ut tua deque meis agnoscas fata figuris :

vertetur species, ut mea sic tua.

Toi qui passes, voyageur, arrête-toi un peu ici

et médite mes paroles dans ton cœur

pour prendre conscience de ton destin d’après mes traits.

On change d’apparence : comme la mienne sera la tienne.

Quod nunc es fueram, famosus in orbe, viator,

et quod nunc ego sum, tuque futurus eris.

Delicias mundi casso sectabar amore,

nunc cinis et pulvis, vermibus atque cibus.

Quapropter potius animam curare memento,

quam carnem, quoniam haec manet, illa perit.

Ce que tu es aujourd’hui, voyageur, je l’ai été, et connu dans le monde,

et ce que je suis aujourd’hui, toi aussi tu le seras un jour.

Je poursuivais les plaisirs du monde d’un amour inutile,

aujourd’hui cendre et poussière, et nourriture des vers.

Voilà pourquoi, souviens-t’en, il faut soigner son âme

plutôt que sa chair : celle-là demeure, celle-ci périt.

Cur tibi rura paras? quam parvo cernis in antro

me tenet hic requies : sic tua parva fiet.

Cur Tyrio corpus inhias vestirier ostro

quod mox esuriens pulvere vermis edet?

Ut flores pereunt vento veniente minaci,

sic tua namque, caro, gloria tota perit.

Pourquoi t’acheter des propriétés ? Tu vois dans quel petit trou

le repos éternel m’a enfermé ici : tes propriétés deviendront tout aussi petites.

Pourquoi aspires-tu à vêtir ton corps de la pourpre de Tyr

ce corps bientôt en poussière que dévorera le ver affamé ?

Comme périssent les fleurs quand se lève un vent menaçant,

ainsi, il est vrai, ô chair, périt toute ta gloire.

Tu mihi redde vicem, lector, rogo, carminis huius

et dic: Da veniam, Christe, tuo famulo.

Obsecro, nulla manus violet pia iura sepulcri,

personet angelica donec ab arce tuba :

Qui iaces in tumulo, terrae de pulvere surge,

magnus adest iudex milibus innumeris.

Alchuine nomen erat sophiam mihi semper amanti,

pro quo funde preces mente, legens titulum.

Et toi, lecteur, rends-moi, s’il te plaît, la réciproque de ce poème

et dis : « Accorde, ô Christ, ton pardon à ton serviteur ».

Je vous en prie, que nulle main ne profane la sainte loi du tombeau

tant que depuis la citadelle céleste la trompette n’aura pas sonné :

« Toi qui reposes dans cette tombe, lève-toi de la poussière de la terre,

voici le grand juge pour les innombrables milliers ».

Alcuin était mon nom, j’ai toujours aimé la Sagesse,

verse pour moi de ton cœur des prières en lisant mon épitaphe.

Hic requiescit beatae memoriae domnus Alchuinus abba, qui obiit in pace XIV. Kal. Iunias. Quando legeritis, o vos omnes, orate pro eo et dicite : Requiem aeternam donet ei dominus. Amen.

Ici repose dom Alcuin, abbé, d’heureuse mémoire, qui mourut en paix le 14 des calendes de juin (19 mai). Quand vous aurez fini de lire, tous autant que vous êtes, priez pour lui et dites : « Que le seigneur lui accorde le repos éternel ». Amen.

 

 

 

GUILLERMI.jpg

Guillaume le Conquérant

Caen, Abbaye aux Hommes

Eglise Saint-Etienne.

 

HIC SEPULTUS EST

INVICTISSIMUS

GUILLELMUS

CONQUESTOR

NORMANNIAE DUX

ET ANGLIAE REX

HUJUSCE DOMUS

CONDITOR

QUI OBIIT ANNO

MLXXXVII

Ici a été enseveli le très invaincu Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, roi d’Angleterre, fondateur de cette maison,

qui mourut en 1087.

 

 

 

Basilique Saint-Pierre

Tombe de Léon XII

 

Leoni magno patrono coelesti

Me svpplex commendans

Heic apvd sacros eivs cineres

Locvm sepvltvrae elegi

Leo XII hvmilis cliens

Haeredvm tanti nominis minimvs

A Léon le Grand, mon protecteur aux cieux,

Me recommandant dans la soumission,

Ici auprès de ses saintes cendres

J’ai choisi le lieu de ma sépulture,

Moi, Léon XII, son humble protégé,

Le plus petit héritier d’un tel nom.

 

Inscription composée par Léon XII (1823-1829) pour être gravée sur sa tombe ; il repose près des reliques de saint Léon.

 

 

Charlemagne equestre.jpg

sommaire

 


Épitaphes littéraires

 

 

Auteurs

Virgile

Cicéron

Tibulle

Domitius Marsus

Hadrien

Martial

Pétrone

Aulu-Gelle (Naevius, Plaute, Pacuvius)

Properce

Lygdamus

Ausone

 

 

VERGILII

Sibi

MANTVA ME GENVIT CALABRI ME RAPVERE TENET NVNC

PARTHENOPE CECINI PASCVA RVRA DVCES

De Virgile pour lui-même (Suétone, Vie de Virgile)

Mantoue m’a vu naître, la Calabre m’a vu mourir, maintenant

Naples me retient. J’ai chanté les pâturages, les champs, les héros.

 

 

Tibvlli (I, III)

Sibi

HIC IACET IMMITI CONSVMPTVS MORTE TIBVLLVS

Messallam terra dvm seqvitvrqve mari

De Tibulle pour lui-même

Ci-gît Tibulle, ravi par une mort cruelle,

pendant qu’il suivait Messala sur terre et sur mer.

 

 

LYGDAMI

Sibi

LYGDAMVS HIC SITVS EST DOLOR HVIC ET CVRA NEAERAE

CONIVGIS EREPTAE CAVSA PERIRE FVIT

De Lygdamus pour lui-même (Corpus Tibullianum)

Ci-gît Lygdamus. La douleur et le regret de Neaera

L’épouse qu’il a perdue furent les causes de sa mort.

 

 

DOMITI MARSI

Tibullo poetae

TE QVOQVE VERGILIO COMITEM NON AEQVA TIBVLLE

MORS IVVENEM CAMPOS MISIT AD ELYSIOS

NE FORET AVT ELEGIS MOLLES QVI FLERET AMORES

AVT CANERET FORTI REGIA BELLA PEDE

De Domitius Marsius pour le poète Tibulle (Corpus Tibullianum)

Toi aussi, Tibulle, une mort injuste t’a envoyé

aux côtés de Virgile vers les Champs Élysées,

pour que plus personne ne pleure les tendres amours dans des vers élégiaques,

ou ne chante les guerres royales sur le vers héroïque.

 

 

HADRIANI CAESARIS

Sibi

ANIMVLA VAGVLA BLANDVLA,

HOSPES COMESQVE CORPORIS,

QVAE NVNC ABIBIS IN LOCA,

PALLIDVLA, RIGIDA, NVDVLA,

NEC VT SOLES DABIS IOCOS ?

De l’empereur Hadrien pour lui-même

Petite âme, insaisissable et caressante,

hôte et compagne de mon corps,

en quels lieux vas-tu t’en aller,

pâlotte, tendue, toute nue

où, contrairement à ton habitude, tu ne pourras plus plaisanter ?

 

eiusdem

Voconio poetae

LASCIVVS VERSV MENTE PVDICVS ERAS

De l’empereur Hadrien pour le poète Voconius

Léger dans tes vers, tu étais profond dans ton cœur.

 

 

MARTIALIS

Puellae (V, XXXIV)

Hanc tibi, Fronto pater, genetrix Flaccilla, puellam

Oscula commendo deliciasque meas,

Parvula ne nigras horrescat Erotion umbras

Oraque Tartarei prodigiosa canis.

Impletura fuit sextae modo frigora brumae,

Vixisset totidem ni minus illa dies.

Inter tam veteres ludat lasciva patronos

Et nomen blaeso garriat ore meum.

Mollia non rigidus caespes tegat ossa nec illi ;

Terra, gravis fueris : non fuit illa tibi.

De Martial pour une petite fille

A toi, Fronton, mon père, à toi, Flacilla, ma mère, je recommande cette petite fille,

dont les bisous faisaient mes délices,

pour que la petite Erotion ne soit pas horrifiée par les ombres noires

et par les gueules monstrueuses du chien de Tartare.

Elle allait seulement voir la fin des rigueurs de son sixième hiver,

s’il n’avait manqué à sa vie ce même nombre de jours.

Parmi des protecteurs aussi âgés, qu’elle joue sans souci

et balbutie mon nom de sa bouche qui zézaie.

Qu’un gazon trop dur ne couvre pas ses os si tendres ;

terre, ne lui sois pas pesante, elle ne l’a pas été pour toi.

 

Eiusdem puero (III, XIX)

Proxima centenis ostenditur ursa columnis,

exornant fictae qua platanona ferae.

Huius dum patulos adludens temptat hiatus

pulcher Hylas, teneram mersit in ora manum :

vipera sed caeco scelerata latebat in aere

vivebatque anima deteriore fera.

Non sensit puer esse dolos, nisi dente recepto

dum perit. O facinus, falsa quod ursa fuit !

Du même pour un petit garçon

Proche des Cent colonnes, on voit une ourse,

à l’endroit où des statues de bêtes féroces ornent une allée de platanes.

Alors que pour jouer il voulait sonder ce gouffre béant,

le bel Hylas plongea la main dans la gueule de l’ourse.

Mais une vipère funeste se cachait dans l’obscurité du bronze,

abritant une âme plus mauvaise que celle du fauve.

L’enfant ne prit conscience du piège qu’en mourant de la piqûre

de cette dent. Malheur ! Il aurait mieux valu que l’ourse fût vivante !

 

Eiusdem Paridi histrioni (XI, XIII)

Quisquis Flaminiam teris, viator,

noli nobile praeterire marmor.

Urbis deliciae salesque Nili,

ars et gratia, lusus et voluptas,

Romani decus et dolor theatri

atque omnes Veneres Cupidinesque

hoc sunt condita, quo Paris, sepulchro.

Du même pour l’acteur Pâris

Toi qui parcours la voie Flaminienne, voyageur,

ne passe sans regarder ce marbre illustre.

Le charme de Rome et l’esprit du Nil,

l’art et le talent, la gaîté et le plaisir,

la gloire et le chagrin du théâtre romain,

ainsi que tout l’amour, toute la grâce,

reposent dans ce tombeau où repose Pâris.

 

Eiusdem Scorpo agitatori (X, LIII)

Ille ego sum Scorpus, clamosi gloria Circi,

Plausus, Roma, tui deliciaeque breves

Invida quem Lachesis raptum trieteride nona

     Dum numerat palmas, credidit esse senem.

Du même pour le cocher Scorpus

Je suis le fameux Scorpus, gloire du Cirque hurlant,

que tu as applaudi, Rome, qui a fait tes brèves délices,

que la jalouse Lachesis m’enlevant après neuf fois trois années,

parce qu’elle avait compté mes palmes, a pris pour un vieillard.

 

Eiusdem Philaeno anui (IX, XXIX)

Saecula Nestoreae permensa, Philaeni, senectae

    rapta es ad infernas tam cito Ditis aquas?

Euboicae nondum numerabas longa Sibyllae

    Tempora : maior erat mensibus illa tribus.

Heu quae lingua silet! Non illam mille catastae

    vincebant, nec quae turba Sarapin amat,

nec matutini cirrata caterva magistri,

    nec quae Strymonio de grege ripa sonat.

Quae nunc Thessalico lunam deducere rhombo,

    quae sciet hos illos vendere lena toros?

Sit tibi terra levis mollique tegaris harena,

    ne tua non possint eruere ossa canes.

Du même pour la vieille Philaenis

Philaenis, tu t’es maintenue pendant les siècles d’une vieillesse digne de Nestor

et tu as été si vite emportée vers les eaux infernales de Ditis ?

Tu ne comptais pas encore de la Sybille de Cumes les longues

années, elle était ton aînée de trois mois !

Hélas, quelle langue vient de se taire ! Mille marchés d’esclaves

ne la surpassaient pas, ni cette foule des adorateurs de Sérapis,

ni la troupe frisée du maître d’école matinal,

ni la berge qui retentit du bruit des vols de grues du Strymon.

Quelle femme maintenant saura faire descendre la lune avec le rhombe thessalien ?

Quelle maquerelle saura mettre en vente l’un ou l’autre lit conjugal ?

Que la terre te soit légère et puisses-tu être recouverte d’un sable friable,

pour que les chiens ne puissent pas ne pas déterrer tes ossements.

 

Eiusdem Antistio quodam Rustico (IX, XXX)

Cappadocum saevis Antistius occidit oris

    Rusticus. O tristi crimine terra nocens!

Rettulit ossa sinu cari Nigrina mariti

    et questa est longas non satis esse vias;

cumque daret sanctam tumulis, quibus invidet, urnam,

    visa sibi est rapto bis viduata viro.

Du même pour un certain Antistius Rusticus

Il est tombé sur les rivages sinistres de la Cappadoce,

Antistius Rusticus. Terre coupable d’un crime déplorable !

Nigrina a rapporté dans son sein les ossements de son cher mari

et se plaignait que les routes ne fussent pas assez longues.

Et comme elle confiait l’urne sacrée aux tombeaux qu’elle jalouse,

il lui sembla qu’on lui enlevait son mari pour la deuxième fois, la laissant deux fois veuve.

 

Eiusdem colono quodam brevi (XI, XIV)

Heredes, nolite brevem sepelire colonum:

nam terra est illi quantulacumque gravis.

Du même pour un tout petit fermier

Héritiers, ne donnez pas de sépulture au tout petit fermier :

car la terre est lourde pour lui, même s’il y en a bien peu.

 

 

PETRONII IN SATIRICON LIBRIS (LXXI)

Titulus Trimalchionis sibi

 

C POMPEIVS TRIMALCHIO MAECENATIANVS HIC REQVIESCIT

HVIC SEVIRATVS ABSENTI DECRETVS EST

CVM POSSET IN OMNIBVS DECVRIIS ROMAE ESSE TAMEN NOLVIT

PIVS FORTIS FIDELIS EX PARVO CREVIT SESTERTIVM RELIQVIT TRECENTIES

NEC VNQVAM PHILOSOPHVM AVDIVIT

VALE

ET TV»

H M H N S

De Pétrone, dans le Satiricon : épitaphe de Trimalchion par lui-même

Ci-gît Gaius Pompeius Trimalchio Meceniatus.

Il fut élu sévir en son absence.

Il aurait pu appartenir à toutes les décuries de Rome mais il ne le voulut pas.

Respectueux de ses engagements, courageux, homme de parole, il partit de peu et laissa trente millions de sesterces

et ne fut jamais élève des philosophes.

Adieu.

– Adieu à toi aussi.

Ce monument ne fait pas partie de l’héritage.

 

 

TRIVM POETARVM INLVSTRIVM EPIGRAMMATA

 

Trium pœtarum inlustrium epigrammata, Cn. Naevii, Plauti, M. Pacuvii, quae ipsi fecerunt et incidenda sepulcro suo reliquerunt, nobilitatis eorum gratia et venustatis scribenda in commentariis esse duxi[t Aulus Gellius, I, XXIV].

 

Epigramma Naevii plenum superbiae Campanae, quod testimonium iustum esse potuisset, nisi ab ipso dictum esset :

IMMORTALES MORTALES SI FORET FAS FLERE,

FLERENT DIVAE CAMENAE NAEVIVM PŒTAM.

ITAQVE POSTQVAM EST ORCHO TRADITVS THESAVRO,

OBLITI SVNT ROMAE LOQVIER LINGVA LATINA.

 

Epigramma Plauti, quod dubitassemus an Plauti foret, nisi a M. Varrone positum esset in libro de Pœtis primo :

POSTQVAM EST MORTEM APTVS PLAVTVS, COMŒDIA LVGET

SCAENA EST DESERTA, DEIN RISVS, LVDVS IOCVSQVE

ET NVMERI INNVMERI SIMVL OMNES COLLACRIMARVNT.

 

Epigramma Pacuvii verecundissimum et purissimum dignumque eius elegantissima gravitate :

ADVLESCENS, TAMETSI PROPERAS, TE HOC SAXVM ROGAT

VT SESE ASPICIAS, DEINDE QVOD SCRIPTVM EST LEGAS.

HIC SVNT PŒTAE PACVVI MARCI SITA

OSSA. HOC VOLEBAM NESCIVS NE ESSES. VALE.

Épitaphes de trois poètes illustres

Ces trois épitaphes de poètes illustres, Gnaeus Naevius, Plaute et Marcus Pacuvius, qu’ils ont composées eux-mêmes et qu’ils ont laissées pour être gravées sur leurs tombeaux, j’ai pensé qu’en raison de la notoriété de leurs auteurs et de leur charme elles devaient figurer dans mes notes. (Aulu-Gelle).

 

Épitaphe de Naevius, pleine de l’orgueil campanien qui aurait pu fournir un témoignage exact sur lui, si elle n’avait été écrite par lui-même :

Si pleurer les mortels aux immortels était permis,

Elles pleureraient, les divines Camènes, le poète Naevius.

Ainsi depuis qu’il fut remis au trésor d’Orchus

On ne sait plus à Rome parler la langue latine.

 

Épitaphe de Plaute, que nous aurions hésité à attribuer à Plaute, si Varron ne l’avait pas placée dans le premier livre de son Sur les poètes :

Depuis que de la mort Plaute est l’hôte, la comédie est en deuil,

Le théâtre reste désert ; rires, jeux de scène , bons mots,

Et rythmes innombrables, tous ensemble ont éclaté en pleurs.

 

Épitaphe de Pacuvius, très digne, très pure et qui correspond bien à son sérieux si raffiné :

Jeune homme, même si tu es pressé, cette pierre te demande

De la regarder et de lire l’inscription qu’elle porte.

Ici se trouvent du poète Marcus Pacuvius

Les ossements. Cela, je voulais que tu ne l’ignores pas. Adieu.

 

 

PROPERTII (IV, VII)

Cynthiae

hic carmen media dignum me scribe columna

sed breve quod currens vector ab urbe legat.

HIC TIBVRTINA IACET AVREA CYNTHIA TERRA

ACCESSIT RIPAE LAVS ANIENE TVAE

De Properce pour Cynthia

Là, au milieu de la colonne, écris un poème digne de moi

Mais assez bref pour qu’un cavalier qui quitte la ville au galop puisse le lire :

CI-GÎT CYNTHIA LA BELLE, EN TERRE TIBURTINE ;

ANIO, VOICI UNE GLOIRE DE PLUS POUR TA RIVE.

 

CICERONIS

in Tusculanarum disputationum libro V, XXXV

ex quo sardanapalli, opulentissimi syriae regis, error agnoscitur, qui incidi iussit in busto

HAEC HABEO QVAE EDI QVAEQVE EXSATVRATA LIBIDO

HAVSIT AT ILLA IACENT MVLTA ET PRAECLARA RELICTA

« Quid aliud, inquit Aristoteles, in bovis non in regis sepulcro inscriberes ? »

Dans le livre V des Tusculanes de Cicéron

C’est à cela qu’on se rend compte de l’erreur de Sardanapale, le très riche roi de Syrie, qui fit graver sur son mausolée :

J’emporte avec moi ce que j’ai mangé et ce que j’ai tiré de l’assouvissement de mes désirs

amoureux, mais restent derrière moi les nombreux trésors que j’ai laissés.

Ce qui fit dire à Aristote : « Pas un mot à changer pour la tombe d’une vache, mais pas pour celle d’un roi ! ».

 

Le texte grec nous a été transmis par Athénée :

κεῖνἔχω ὅσσἔφαγον καὶ ἐφύβρισα καὶ σὺν ἔρωτι

τέρπνἔπαθον τὰ δὲ πολλὰ καὶ ὄλβια πάντα λέλειται

J'emporte avec moi ce que j'ai mangé, les plaisirs que j’ai donnés et reçus

grâce à l’amour, quant à mes nombreuses richesses, elles sont perdues.

 

 

D. MAGNI AVSONII

Tituli varii

 

De Noibe in Sipylo monte iuxta fontem sepulta

Thebarum regina fui, Sipyleia cautes

quae modo sum. Laesi numina Letoidum,

Bis septem natis genetrix laeta atque superba

tot duxi mater funera quot genui.

Nec satis hoc divis: duro circumdata saxo

  amisi humani corporis effigiem.

Sed dolor obstructis quamquam vitalibus haeret

  perpetuasque rigat fonte pio lacrimas.

Pro facinus! Tantaene animis caelestibus irae?

  Durat adhuc luctus matris, imago perit.

Niobé, enterrée sur le mont Sipyle, près d’une fontaine

Je fus reine de Thèbes, moi qui ne suis aujourd’hui

qu’un rocher du Sipyle. J’ai outragé la divinité des Latoïdes.

Mère de quatorze enfants, ma joie et mon orgueil,

j’ai mené le deuil de chacun de ceux que j’avais engendrés.

Et ce n’était point assez pour les dieux : enveloppée de la dure écorce du marbre,

j’ai perdu la forme d’un corps humain.

Mais si ma vie est étouffée, la douleur me reste,

et m’arrache éternellement de pieux ruisseaux de larmes.

O forfait ! les dieux ont-ils dans l’âme tant de haines ?

La douleur de la mère dure encore, quand la forme a péri.

 

Eidem

Vivebam : sum facta silex, quae deinde polita

  Praxitelis manibus, vivo iterum Niobe.

Reddidit artificis manus omnia, sed sine sensu.

  Hunc ego, quum laesi numina, non habui.

Pour la même

Je vivais, je suis devenue pierre : façonnée

des mains de Praxitèle, je revis, je suis encore Niobé.

La main de l’artiste m’a tout rendu, hors l’intelligence.

Je n’en avais point quand j’offensai les dieux.

 

Eidem

Habet sepulcrum non id intus mortuum ;

Habet nec ipse mortuus bustum super :

Sibi sed est ipse hic sepulcrum , et mortuus.

Pour la même.

Ce sépulcre n’a pas au dedans de cadavre,

et le cadavre, lui, n’a pas de monument au-dessus de lui :

mais sépulcre et cadavre, ici, ne font qu’un.

 

 

Didoni

Infelix Dido, nulli bene nupta marito :

  Hoc pereunte fugis, hoc fugiente peris.

Didon

Quel malheur en maris, pauvre Didon, te suit !

tu t’enfuis quand l'un meurt, tu meurs quand l'autre fuit.

(Traduction de Corneille)

 

 

In Diogenis Cynici sepulcro, in quo pro titulo canis signum est

Dic, canis, hic cuius tumulus? Canis. At canis hic quis?

  Diogenes. Obiit? Non obiit, set abit.

Diogenes, cui pera penus, cui dolia sedes,

  ad manes abiit? Cerberus ire vetat.

At quonam? Clari flagrat qua stella Leonis

  additus est iustae nunc canis Erigonae.

Sur le tombeau Diogène le Cynique, où se trouve pour épitaphe une statue de chien

Dis, chien, à qui ce tombeau ? – Au chien. – Mais quel chien se trouve ici ?

– Diogène. – Il nous a quittés ? – Il ne nous a pas quittés, il s’en est allé.

– Diogène, avec ses provisions dans une besace, avec une jarre pour demeure,

s’en est allé chez les Mânes ? – Cerbère lui défend d’entrer.

– Où donc est-il ? – Où brille du Lion l’étoile étincelante :

le chien s’est placé près de la juste Érigone.

Original grec dans l’Anthologie.

 

 

In tumulum sedecennis matronae

Omnia quae longo vitae cupiuntur in aevo,

  ante quater plenum consumpsit Anicia lustrum.

Infans lactavit, pubes et virgo adolevit,

  nupsit, concepit, peperit, iam mater obivit.

Quis mortem accuset, quis non accuset in ista?

  Aetatis meritis anus est, aetate puella.

Sur le tombeau d’une mère de famille, morte à seize ans

Tous les biens qu’on peut désirer dans le cours d’une longue vie,

Anicia les avait épuisés avant d’avoir accompli son quatrième lustre.

Enfant, elle fut nourrie de lait; puis elle grandit vierge et pubère ;

elle se maria, conçut, enfanta, devint mère et mourut.

Comment accuser la mort ? comment aussi ne pas l’accuser ?

Elle avait tous les dons de l’âge mûr, elle avait l’âge d’une jeune fille encore.

 

 

De Glaucia inmatura morte praevento

Laeta bis octono tibi iam sub consule pubes

  cingebat teneras, Glaucia adulte, genas.

Et iam desieras puer anne puella videri,

  cum properata dies abstulit omne decus.

Sed neque functorum socius miscebere volgo

  nec metues Stygios flebilis umbra lacus,

verum aut Persephonae Cinyreius ibis Adonis

  aut Iovis Elysii tu Catamitus eris.

Glaucias, mort avant l’âge.

Ta puberté fleurie, après deux fois huit consuls, jeune Glaucias,

entourait déjà de son duvet tes tendres joues ;

sur tes traits déjà on commençait à distinguer l’homme de la jeune fille,

quand le trépas, devançant l’heure, t’enleva tous ces dons.

Mais tu ne seras point confondu dans la compagnie des morts vulgaires,

et ton ombre plaintive n’a point à redouter les marais du Styx.

Tu seras ou le fils de Cinyré, l’Adonis de Proserpine,

ou le Ganymède du Jupiter de l’Élysée.

 

 

Callicratea

Viginti atque novem genitrici Callicrateae

  Nullus semis mors mihi visa fuit.

Sed centum et quinque explevi bene messibus annos.

  Intremulam baculo non subeunte manum.

Callicratea.

Callicratea, mère de vingt-neuf enfants,

je n’en ai pas vu mourir un seul de l’un ou de l’autre sexe.

Mais j’ai compté cent cinq moissons dans le cours complet de ma vie,

sans qu’un bâton ait jamais soutenu ma main tremblante.

Original grec dans l’Anthologie.

 

 

In tumulo hominis felicis

Sparge mero cineres bene olentis et unguine nardi,

  hospes, et adde rosis balsama puniceis.

Perpetuum mihi ver agit inlacrimabilis urna

  et commutavi saecula, non obii.

Nulla mihi veteris perierunt gaudia vitae, seu

  meminisse putes omnia sive nihil.

Pour le tombeau d’un homme heureux.

Arrose mes cendres de vin, et d’huile parfumée du nard,

passant ; mêle aussi le baume à la rose de pourpre.

Les larmes ne doivent point mouiller cette urne

qui me donne un printemps éternel.

Je n’ai fait que changer de vie ; je ne suis point mort.

Aucune des joies de mes anciens jours n’a péri pour moi,

soit que tu penses que je me rappelle tout ou rien.

 

 

Sepulcrum Cari vacuom

Me sibi et uxori et natis commune sepulcrum

  constituit seras Carus ad exequias.

Iamque diu monumenta vacant, sitque ista querella

  longior et veniat ordine quisque suo,

nascendi qui lege datus, placidumque per aevum

  condatur, natu qui prior, ille prior.

Le tombeau vide de Carus

– Je suis le tombeau familial que pour lui, pour sa femme et pour ses enfants

Carus a fait construire pour leur future sépulture.

– Depuis longtemps déjà les emplacements restent vides : puisses-tu t’en plaindre

longtemps encore et que chacun vienne à son tour,

selon l’ordre que l’âge lui a donné, qu’au sein du repos éternel

soit enseveli le premier qui le premier reçut le jour.

 

 

Ex sepulcro Latinae viae.

Non nomen, non quo genitus, non unde, quid egi,

  Mutus in aeternum sum, cinis, ossa, nihil.

Non sum ; nec fueram : genitus tamen e nihilo sum.

  Mitte, nec exprobres singula : talis eris.

Sur un tombeau de la voie Latine

Pas de nom, ni mention de mon père, ni de mon pays d’origine, qu’est-ce que j’ai fait ?

Je suis muet pour l’éternité, cendre, ossements, rien.

Je ne suis pas, je n’avais pas été, et pourtant j’ai été engendré du néant.

Fais une offrande et ne me fais pas de reproches, tu seras comme moi.

 

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Magistrats et fastes funéraires

 

L MVNATIVS L F L N L PRON

PLANCVS COS CENS IMP ITER VIIVIR

EPVLON TRIVMP EX RAETIS AEDEM SATVRNI

FECIT DE MANIBIS AGROS DIVISIT IN ITALIA

BENEVENTI IN GALLIA COLONIAS DEDVXIT

LVGVDVNVM ET RAVRICAM.

CIL 10, 6087

Lucius Munatius Luci filius Luci nepos Luci pronepos Plancus, consul, censor, imperator iterum, VIIvir epulonum, triumphavit ex Raetis, aedem Saturni fecit de manibis, agros divisit in Italia Beneventi, in Galliam colonias deduxit Lugudunum et Rauricam.

 

Lucius Munatius Plancus, fils de Lucius, petit-fils de Lucius, arrière-petit-fils de Lucius, consul, censeur, acclamé imperator deux fois, septemvir épulon. Honoré d’un triomphe sur les Rhétes, il a fait bâtir le temple de Saturne avec le butin. Il a réparti des terres entre les vétérans en Italie à Bénévent. Il a fondé en Gaule les colonies de Lyon et de Raurica.

 

L. Munatius Plancus est né vers 90 av. J.-C. Il sert sous les ordres de César en Gaule :

Tres (legiones) in Belgis collocavit : eis Marcum Crassum quaestorem et Lucium Munatium Plancum et Gaium Trebonium legatos praefecit César fit hiverner trois légions en Belgique, sous le commandement du questeur Marcus Crassus et des légats Lucius Munatius Plancus et Gaius Trébonius. César, BG, V, 24.

Il suit César pendant la guerre civile en Espagne et en Afrique. Préfet de Rome, puis préteur en 45, il devient gouverneur de la Gallia Comata en 44-43. Il y fonde en particulier la colonie de Lugdunum. Consul en 42 avec D. Brutus, il est chargé d’installer les vétérans près de Bénévent après la victoire de Philippes.

Quand éclate le conflit entre Octave et Antoine, il a du mal à choisir son camp : morbo proditor, in omnia et omnibus venalis atteint de la maladie de la trahison, prêt à se vendre pour tout et à tous, ainsi le définit Velleius Paterculus (II, 83). On lui connaît aussi le surnom de desultor bellorum civilium : le voltigeur des guerres civiles ! Il rejoint Antoine à Alexandrie, où il arbitre le célèbre pari d’Antoine et de Cléopâtre, mais il se brouille bientôt avec la reine et rejoint le camp d’Octave en 32. C’est lui qui, le 16 janvier 27, fait décerner à Octave le titre d’Augustus.

 

Plancus célèbre en 29 son triomphe sur les Rhètes qui habitaient le Tyrol actuel. Raurica (colonia) : aujourd’hui Augst, près de Bâle.

 

M( ) C( ) Q( ) AVITO

SVPERFLVENTI PECVNIA

QVAM IN MAVSOLEVM

SIBI FACIENDVM ET

STATVAM MARMOREAM

PONENDAM TESTAMENTO

IMPENDI IVSSIT

CIL 2, 14, 198

 

Marcus C Q Avito, a ordonné par testament de consacrer l’excédent du budget qu’il a prévu pour la construction de son tombeau à faire élever également sa statue en marbre.

 

QVINTIA PROBA

SIBI ET PORCIO

RVFO ET PORCIO

RVFINO ARCVM

FECIT ET STATVAS

SVPERIMPO(SVIT) HS N(VMMVM) XL ET P(OSTERIS)

CIL 2, 14, 237

 

Quintia Proba a fait construire ce caveau pour elle-même, pour Porcius Rufus et Porcius Rufinus. Elle a fait poser par-dessus une statue de 40 mille sesterces. Et aussi pour ses descendants.

 

C VESTORIO PRISCO AEDIL

VIXIT ANNIS XXII

LOCVS SEPVLTVRAE DATVS ET IN

FVNERE HS M M

D D

MVLVIA PRISCA MATER P S

C. Vestorio Prisco aedili. Vixit annis XXII. Locus sepulturae datus et in funere sestertium duo milia decreto decurionum. Mulvia Prisca mater pecunia sua.

AE 1911, 72

À Gaius Vestorius Priscus, édile. Il a vécu vingt-deux ans. Un décret des décurions a attribué l’emplacement de la tombe et deux mille sesterces pour les funérailles. Sa mère, Mulvia Prisca, a élevé ce monument à ses frais.

 

 

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Commentaires divers

 

Ces épitaphes, je les ai choisies un peu au hasard, sur une émotion passagère, sur quelques mots qui m’ont touché ou qui ont retenu mon attention … ou en trouvant un document ici ou là… Rien de rationnel.

 

HORA[. . .]

BALB[. . .]

MVNICIPIBVS [.]

EIS INCOLEISQVE [..]

CA SEPVLTVRA[.] S P DAT

EXTRA AV[..]ORATEIS ET

QVEI SIBEI [..] QVEO MANV

ATTVLISSENT ET QVEI

QVAESTVM SPVRCVM

PROFESSI ESSENT SINGVLEIS

IN FRONTE P X IN AGRVM P X

INTER PONTEM SAPIS ET TITV

LVM SVPERIOREM QVI EST IN

FINE FVNDI FANGONIANI

IN QVIBVS LOCEIS NEMO HVMA

TVS ERIT QVI VOLET SIBEI

VIVOVS MONVMENTVM FA

CIET IN QVIBVS LOCEIS HV

MATI ERVNT EI D T QVEI

HVMATVS ERIT POSTEREIS

QVE EIVS MONVMENTVM

FIERI LICEBIT

Horatius [.] filius Balbus, ..., municipibus sueis incoleisque loca sepulturae sua pecunia dat, extra auctorateis et quei sibei laqueo manu attulissent et quei quaestum spurcum professi essent, singuleis in fronte p X, in agrum p X, inter pontem Sapis et titulum superiorem qui est in fine fundi Fangoniani. In quibus loceis nemo humatus erit, qui volet sibei vivous monumentum faciet. In quibus loceis humati erunt, ei dumtaxat quei humatus erit, postereisque eius monumentum fieri licebit.

CIL 1, 2, 2123

Horatius Balbus …, fils de …, à ses concitoyens et aux autres habitants de son municipe fait don, à ses propres frais, d’emplacements funéraires, excepté aux gladiateurs engagés volontaires, à ceux qui se sont pendus de leur propre main et à ceux qui ont exercé une activité lucrative déshonorante. Chacun aura droit à 10 pieds en façade et 10 pieds en profondeur, entre le pont de la Sapis et le premier monument qui se trouve sur la limite de la propriété de Fangonius. Aux emplacements où personne n’aura été enterré, qui voudra se construira un monument de son vivant et pour lui-même. Aux emplacement où des gens ont été enterrés, il sera permis de faire construire un monument pour celui seulement qui y aura été enterré ainsi que pour ses descendants.

Pierre gravée de Sassina (Ombrie)

 

 

HIC INCLVSVS VITAM PERDIDIT

AE 1893, 28

Celui qui est enterré ici a perdu la vie.

 

 

MEMORIAE C

ANNEI FORTV

NATI C FL(AVIVS) SATV

LVS LOCO SEDATO AT (=AD)

SEPVLTVRAM OB EIVS

CARISSIMAM ADFECTI

ONEM ET OFELIVS TIRO

QVIBVS SVAM FRVGA

LITATEM TESTAMENTO

SVO LEGAVIT FECE

RVNT V(IXIT) A(NNOS) CIII. H(IC) S(ITVS) E(ST)

AE 1891, 135

A la mémoire de Gaius Anneus Fortunatus. Gaius Flavius Satulus choisi cet endroit tranquille pour sa sépulture en retour de son inépuisable affection. Avec Ofélius Tiro, ils ont élevé ce monument à un homme qui leur a légué par testament sa récolte de fruits. Il a vécu cent trois ans. Il repose ici.

 

 

NON SPLENDOR NON DIVITIAE

SED ANIMI CORPORISQVE

HIC DATVR TRANQVILLITAS

AE 1915, 3

Ici on ne donne ni la gloire ni la richesse, mais le repos de l’âme et du corps.

 

 

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Rome, musée des Conservateurs

D(IS) M(ANIBVS)

Q(VINTO) FABIO TROPHIMO

Q(VINTVS) FABIVS [Q L] FIDELIS

PATRONO SVO BENE

MERENTI FECIT

ET SIBI ET SVIS

Aux dieux mânes. Pour Quintus Fabius Trophimus. Quintus Fabius Fidelis a fait élever ce tombeau pour son ancien maître qui l’avait bien mérité, ainsi que pour lui-même et pour sa famille.

 

 

VIXI QVOD VOLVI SEMPER BENE PAVPER HONESTE

FRAVDAVI NVLLVM QVOD IVVAT OSSA MEA.

CIL 6, 2489

J’ai vécu comme je l’ai voulu, toujours dans le droit chemin, pauvre et honnêtement. Je n’ai trompé personne.

Que cela fasse du bien à mes os.

 

 

EXTERNIS NATVS TERRIS MONVMENTA LOCAVI

E PARVO NOBIS QVOD LABOR ARTE DEDIT

PATRONO ET VNA CONIVGI FECI MEA

AE 1899, 99

Né dans des terres lointaines, j’ai fait bâtir ces monuments avec les petits gains que ma peine m’a rapportés dans l’exercice de mon métier ; je l’ai fait pour mon ancien maître et en même temps pour ma femme.

 

 

OSSA T QVINCTI HIC SITA SVNT STABILIO COGNOMINE

MVLTIPLICI CVRA DEFESSVS NVNC SECVRVS QVIESCO

CIL 6, 6821

Ici se trouvent les ossement de Titus Quinctius, Stabilius de son surnom.

Accablé de soucis de toute sorte, je repose maintenant bien tranquille.

 

 

QVOD SVPEREST HOMINI REQVIESCVNT DVLCITER OSSA

NEC SVM SOLLICITVS NE SVBITO ESVRIAM

ET PODAGRAM CAREO NEC SVM PENSIONIBVS ARRA

ET GRATIS AETERNO PERFRVOR HOSPITIO.

CIL 6, 7193a

Mes ossements, ce qui reste d’un homme, reposent dans une douce quiétude. Je ne m’inquiète plus à l’idée de connaître tout à coup la famine, je ne souffre plus de mes rhumatismes, je ne suis plus la caution vivante de mes loyers, et c’est gratuitement et pour l’éternité que je jouis de ce logement.

 

 

BALNEA VINA VENVS CORRVMPVNT CORPORA NOSTRA

SED VITAM FACIVNT B V V

CIL 6, 15258

Les bains aux thermes, les bons vins et les plaisirs de Vénus usent nos corps prématurément.

Mais la vie n’est pas la vie sans les bains aux thermes, les bons vins et les plaisirs de Vénus.

 

οἶνος καὶ τὰ λοετρὰ καὶ περὶ Κύπριν ἐρωὴ

ὀξυτέρην πέμπει τὴν ὁδὸν εἰς αΐδην

Le vin, les bains et les plaisirs de Cypris

augmentent la pente de la route vers Hadès.

Anonyme, Anthologie, X, 122

 

 

DIS MANIBVS SACRVM

SI VIVVNT ANIMAE CORPORE CONDITO

VIVIT PATER NOSTER NOSTER SET SINE NOS

AE 1895, 30B=CIL 8, 27279

Aux dieux mânes. Si les âmes sont vivantes quand le corps est enfoui, notre père est vivant, le nôtre mais sans nous.

À Thugga (Tunisie)

 

 

. . ]F L OFFELIVS C F C

VIVOS SIBEI SVEIS

QVE MAIORIBVS

FACIVNDVM

CVRAVIT

CIL 1, 2, 1737

… Lucius Offellius, fils de Gaius, tribu Claudia, a fait construire ce monument de son vivant, pour lui, les siens et ses ancêtres.

On se serait attendu à lire postereis, « pour ses descendants » !

 

 

MEMORIAE

M AEBVTI VERNAE

RARISSIMI

EXEMPLI AMICI

T AELIVS VERNAE

AMICVS

CIL 10, 7298

A la mémoire de Marcus Aebutius Verna, un ami comme on n’en trouve que très rarement.

Titus Aelius, l’ami de Verna (a fait élever ce tombeau).

 

 

MEMORIE C

ANNEI FORTV

NATI C FL SATV

LVS LOCO SEDATO AT

SEPVLTVRAM OB EIVS

CARISSIMAM ADFECTI

ONEM ET OFELIVS TIRO

QVIBVS SVAM FRVGA

LITATEM TESTAMENTO

SVO LEGAVIT FECE

RVNT V A CIII H S E

Memoriae C. Annei Fortunati. C. Flavius Satulus loco sedato at (=ad) sepulturam ob eius carissimam adfectionem, et Ofelius Tiro, quibus suam frugalitatem testamento suo legavit, fecerunt. Vixit annos CIII. Hic situs est.

AE 1891, 135

A la mémoire de Gaius Anneus Fortunatus. C’est Gaius Flavius Satulus qui a choisi cet endroit tranquille pour sa sépulture en retour de son inépuisable affection. Avec Ofélius Tiro, ils ont élevé ce monument à un homme qui leur a légué par testament sa récolte de fruits. Il a vécu cent trois ans. Il repose ici.

 

 

P Acilivs Victor

fecit se bibo sibi et

svis parentibvs posi

ta avtem Vrbana so

ror hvZvs

q vix bir

Co ann XIIII m VIII d

XXI isdem die soror

horvm posita a nomine

Bitalis q vix ann X

et dies libertis libertabvs

q posterisq eorvm

P. Acilius Victor fecit se bibo (=vivo) sibi et suis parentibus ; posita autem Urbana soror huius quae vixit birgo (=virgo) annos XIIII, menses VIII, dies XXI ; iisdem diebus soror horum posita a nomine Bitalis (=Vitalis) quae vixit annos X et dies X ; libertis libertabusque posterisque eorum.

AE 1912, 253

Publius Acilius Victor a fait construire ce tombeau, lui vivant, pour lui-même et ses parents ; Mais y a été ensevelie Urbana, sa soeur, vierge qui a vécu quatorze ans, huit mois et vingt et un jours ; dans les jours qui ont suivi leur soeur du nom de Vitalis y a été ensevelie, elle a vécu dix ans et jours. Ce tombeau recevra aussi les affranchis hommes et femmes ainsi que leurs enfants.

 

 

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sommaire

 


Épitaphes avec avertissement ou mise en garde

 

Pour commencer, une épitaphe rédigée dans un latin assez particulier. Je n’ai pas sous la main l’Année épigraphique de 1984, ni la liste des consuls après le règne d’Hadrien… Si quelqu’un pouvait m’en dire plus sur l’endroit où cette stèle a été découverte, merci d’avance.

 

EGO AVRELIVS SAMOHIL CONPARABI

MEMORIAM MI ET OXSORIS MAEE LASIFERI

NE QVE FATVM CONPLEBIT XII KAL NOVEMBR

ES DIAE VENERIS LVNA OCTABA MERO

BAVDES ITERVM ET SATORNINO CON

SVLIBVS QVAE VIXIT ANNOS XXIII CVM

PACE ADIVRO VOS PER VICTORIAS QVI IN

PERANT ITEM ADIVRO VOS PER HONOR

ES PATRIARCARVM ITEM ADIVRO VOS

PER LICEM QVEM DOMINVS DEDIT IV

DEIS NI QVIS APERIAT MEMORIAM ET MI

TTAT CORPVS ALIENVM SVPRA OSSA NOSTRA

SI QVIS AVTEM APERIVERIT DIT FISCO ARGENDI PONDO

DECE

Ego Aurelius Samuel conparavi memoriam mihi et uxori meae Lasiferinae quae fatum conplevit XII Kalendas Novembres die Veneris luna octava Merobaudes iterum et Saturnino consulibus. Quae vixit annos XXIII cum pace. Adiuro vos per victorias qui inperant, item adiuro vos per honores patriarcharum, item adiuro vos per lucem quam Dominus dedit Iudaeis ne quis aperiat memoriam et mittat corpus alienum supra ossa nostra. Si quis autem aperuerit, det fisco argenti pondo decem.

AE 1984, 439

Essai de traduction, à améliorer :

Moi, Aurelius Samuel, j’ai fait bâtir ce monument de moi et de mon épouse Lasiferina, qui a achevé son destin le 12ème jour des calendes de novembre(21 octobre), jour de Vénus (vendredi), huitième jour de la lune, sous le consulat de Merobaudes ( ?) pour la 2ème fois et de Saturninus. Elle a vécu 23 ans en paix. Je vous conjure au nom des victoires de ceux qui nous gouvernent, je vous conjure aussi au nom du respect dû aux patriarches, je vous conjure aussi par la lumière que le Seigneur a donnée aux Juifs que personne n’ouvre ce monument et n’envoie un cadavre inconnu par dessus nos os. Mais si quelqu’un l’a ouvert, qu’il paie au fisc dix livres d’argent.

 

 

DIS MAN

C TVLLIVS HESPER

ARAM FECIT SIBI VBI

OSSA SVA COICIANTVR

QVA SI QVIS VIOLAVE

RIT AVT INDE EXEME

RIT OPTO EI VT CVM

DOLORE CORPORIS

LONGO TEMPORE VIVAT

ET CVM MORTVVS FVE

RIT INFERI EVM NON

RECIPIANT

Dis Manibus. Gaius Tullius Hesper aram fecit sibi, ubi ossa sua coiciantur. Quae si quis violaverit aut inde exemerit, opto ei ut cum dolore corporis longo tempore vivat et cum mortuus fuerit inferi eum non recipiant !

AE 1900, 4

Aux dieux mânes. Gaius Tullius Hesper s’est fait construire ce monument où on rassemblera ses ossements. Si quelqu’un les profane ou les en retire, je souhaite qu’il vive longtemps avec des douleurs physiques et qu’après sa mort les dieux des enfers ne le reçoivent pas.

 

 

DIS MANIBVS

SACRVM

DIDIAE CHARIDI

VIXIT ANNIS VII

MENS X DIEBVS VII

A DIDIVS MNESTER

PRAECO A FORO

FILIAE DVLCISSIMAE ET

NONIAE CHARIDI

MATRI EIVS ET SIBI ET

SVIS LIBERT LIBERTABVSQ

SVIS POSTERISQ EORVM

IN FRONT P II S IN AGR P II

Dis Manibus sacrum. Didiae Charidi (Χάριτι). Vixit annis VII, mensibus X, diebus VII. A. Didius Mnester, praeco a foro, filiae dulcissimae et Noniae Charidi, matri eius, et sibi, et suis libertis libertabusque suis posterisque eorum. In fronte pedes II semis, in agro pedes II.

AE 1912, 224

Consacré aux dieux mânes. À Didia Charis. Elle a vécu sept ans, dix mois, sept jours. Aulus Didius Mnester, héraut au forum, a fait construire ce tombeau pour sa fille si douce, pour Nonia Charis, la mère de cette enfant, pour lui-même, pour ses affranchis hommes et femmes ainsi que leurs enfants. En façade deux pieds et demi, en profondeur deux pieds.

 

 

FFAVIA FESA SIBI ET BONOSO CON

IVC DVLCISSVMO ARCAM DE

PROPIO SVO EMERVNT SI

QVIS EAM APERIRE TENPTAVERIT

DABIT FISSO

ARGEN

TI PONDO QVINQVE

Flavia Fesa, sibi et Bonoso coniugi dulcissumo, arcam de proprio suo emerunt. Si quis eam aperire tenptaverit, dabit fisco argenti pondo quinque

AE 1976, 248.

Flavia Fesa, pour elle-même et pour Bonosus son très tendre époux, ont acheté sur leurs économies personnelles ce tombeau. Si quelqu’un essaie de l’ouvrir, il donnera au fisc cinq livres d’argent.

 

 

HIC REQVIESCIT IN PACE DVION ANCILLA BA

LENTES ESPONSA DEXTRI DEPOSITA EST III

IDVS SEPT CONSVLATV D N THEODOSIO

AVG XIII ET VALENTINIANO AG BES CCSS ADIV

RO PER DEVM ET PER LEGES CRESTEANOR

VT QVICVMQVE EXTRANEVS VOLVERIT AL

TERVM CORPVS PONERE VOLVERIT DET

ECISIE CATOLICE SAL AVR III

Hic requiescit in pace Duiona ancilla Valentis {e}sponsa Dextri. Deposita est III Idus Septembres consulatu domino nostro Theodosio Augusto XIII et Valentiniano Augusto bis consulibus. Adiuro per deum et per leges Christianorum ut quicumque extraneus voluerit alterum corpus ponere voluerit det ecclesiae catholicae Salonitanae aureos III

AE 1892, 32

Ici repose dans la paix Duiona, servante de Valens, épouse (ou fiancée ?) de Dexter. Elle a été ensevelie le troisième jour des ides de septembre (11 septembre) sous le consulat de notre seigneur Théodose Auguste pour la treizième fois et de Valentinien Auguste, pour deuxième fois consuls (ensemble ?). Je supplie, au nom de Dieu et des lois des Chrétiens, que quiconque aurait voulu, sans appartenir à la famille, aurait voulu ensevelir un autre corps, doive donner à l’église catholique de Salonita trois deniers d’or.

 

 

V F CN BAEBIVS EROS

CHILONIANVS

OPPIA MONTANA VXOR

IN SVIS HORTEIS SITI SVNT

H M H N S

IN F P XXIII IN A P XX

vivi fecerunt Gnaeus Baebius Eros Chilonianus, Oppia Montana uxor. In suis hortis siti sunt. Hoc monumentum heredem non sequetur. In fronte pedes XXIII, in agro pedes XX.

CIL 2, 14, 407

De leur vivant, Gnaeus Baebius Eros Chilonianus et Oppia Montana, son épouse, ont fait élever ce monument. Ils reposent sur leurs terres. Ce monument ne fait pas partie de l’héritage. En façace : 23 pieds ; en profondeur, 20 pieds.

 

 

D M

C HELVIO NATALI

VIVIR AVG COL BARC

ET AEMILIAE FIDENTINAE

VXORI ET HIBERALI ET

MARCELLAE LIB

H M H N S N F S

Dis Manibus C. Helvio Natali, VIviro Augustali coloniae Barcinonensis, et Aemiliae Fidentinae, uxori, et Hiberali et Marcellae libertis. Hoc monumentum heredem non sequetur. Noli facere stercus.

AE 1966, 210

Aux dieux mânes. À Gaius Helvius Natalis, sévir augustal de la colonie de Barcelone ; à Aemilia Fidentina, son épouse ; à Hiberalis et Marcella, leurs affranchies. Ce tombeau ne fait pas partie de l’héritage. N’y fais pas tes besoins.

 

 

C VIBIVS FELIX

VIXIT ANNIS XXXXIX

VIBIA DROSIS FECIT PATRO

SVO CARISSIMO

QVIS

QVIS

HVIC

MONI

MENTO

CONTI

MELIA

NON FEC

ERIT DOLORE

NVLVM EX

PERICA

TVR

C. Vibius Felix vixit annis XXXXIX. Vibia Drosis fecit patrono suo carissimo. Quisquis huic monimento contimelia (=contumeliam) non fecerit, dolorem nullum experiscatur !

AE 1992, 202

Gaius Vibius Felix a vécu quarante-neuf ans. Vibia Drosis a fait élever cette stèle à son patron bien-aimé. Celui ne fera pas outrage à ce monument, qu’il ne souffre d’aucune douleur !

 

 


Morts violentes

 

INSCRIPSIT TVMVLIS SEPTEM SCELERATA VIRORVM

     SE FECISSE CHLOE QVID POTE SIMPLICIVS

Sur les tombes de ses sept maris Chloé la criminelle a fait inscrire

     « Fait par Chloé ». On ne peut pas être de plus sincère !

                                                                   Martial, IX, 15.

 

 

L ATILIO L L

SATVRNINO

ANNOR XL DOMO

FL SCARBANTIA INTERFECTA LATRONIBVS INRTVSIS

ATILIVS TERTIVS FRATER

STATIVS ONESIMVS

AMICO

LOC GRATVIT DAT AB

CLODIA TERTIA

Lucio Atilio, Lucii liberto, Saturnino, annorum XL. Domo Flavia Scarbantia interfecta latronibus inrtusis (=intrusis), Atilius Tertius frater, Statius Onesimus. Amico locum gratuitum datum ab Clodia Tertia.

AE 1903, 203

À Lucius Atilius Saturninus, affranchi de Lucius, âgé de quarante ans. Son frère Atilius Tertius et Statius Onesimus lui ont élevé ce tombeau quand la famille Flavia Scarbantia a été tuée par une attaque de brigands. Le terrain a été donné gratuitement par Clodia Tertia pour son ami.

 

 

D M S

MEMORIAE DORIDIS

INFELICISSIMAE QVAE INCREDI

BILI SVBITANEA VI IGNIS DEPERIT

[.]NNOS AETATIS VII DIEB XXII

FECIT LICINIA HEDONE

[..]RONA O T B Q T T L S

Dis Manibus sacrum.

Memoriae Doridis infelicissimae quae incredibili subitanea vi ignis deperiit, annos aetatis VII diebus XXII.

Fecit Licinia Hedone, patrona.

Ossa tua bene quiescant. Tibi terra levis sit.

AE 1988, 117

Consacré aux dieux mânes. A la mémoire de la si malheureuse Doris, qui a péri dans un incendie soudain d’une incroyable violence. Elle a vécu sept ans et vingt-deux jours. Stèle élevée par sa patronne Licinia Hédoné. Que tes os reposent bien. Que la terre te soit légère.

 

 

[. . .]VRRIVS PP L ZETVS

[..]CENTINVS MERCATOR

[..]PVRARIVS HIC SITVS EST

[. . .] CONSISTE ET CASVS HOMINVM COGITA

ANNORVM NATV XXXV ARBITROR FVISSEM

[..] PLVRIMI FVI ET FLOREBAM MAXVME

[. . .]CIDI LONGE AB DOMO ET MEIS AMANTIB[.]

P MVRRIVS PP L EROS

[..]LIBERTVS ET SOCIVS VIVVS

HOC MONVMENTVM FECIT OSSAQVE [..]STVLIT PLACENTIAM

P Murrius Publiorum libertus Zetus, Placentinus, mercator purpurarius, hic situs est. Viator, consiste et casus hominum cogita ! Annorum natus XXXV arbitror fuissem, quom plurimi fui et florebam maxume, et cecidi longe ab domo et meis amantibus. P Murrius Publiorum libertus Eros, conlibertus et socius vivus, hoc monumentum fecit ossaque transtulit Placentiam.

AE 1972, 74

Publius Murrius Zetus, affranchi des deux Publius, de Plaisance, marchand de pourpre, repose ici. Voyageur, arrête tes pas et médite sur le malheur des hommes. J’avais atteint, je crois, l’âge de 35 ans, j’étais un homme de très grande importance et j’étais on ne peut plus florissant, et je suis tombé loin de chez moi et de ceux qui m’aimaient. Publius Murrius Eros, affranchi des deux Publius, son co-affranchi et compagnon survivant a fait élever cette stèle et a rapporté ses ossement à Plaisance.

 

 

..]O

[. . .]IM MATER

[. . .]IMO QVI MIHI FLORE

PERIT PERCVSSVS CORNV BVBVS

DVM PABVLA PONIT

AD QVEM DVM CVRRO DVM MISER ANTE PERIT

INFELIXS GENETRIX DITI TRIA FVNERA DVXSI

LVGEBAM NATAS CVM MIHI NATVS OBIT

QVOD SVPEREST MATRI SALTEM CONCEDITE

MANES

VT SINT QVI VOLTVS POST MEA FATA PREMANT

M OCTAVI PVLLI

F RVFI

Filio infelicissima mater aetatis primo. Qui mihi florebat. Periit percussus cornu bubus, dum pabula ponit. Ad quem dum curro, dum miser ante periit. Infelix genetrix Diti tria funera duxi : lugebam natas cum mihi natus obiit. Quod superest matri, saltem concedite, Manes, ut sint qui voltus post mea fata premant, Marci Octavi, Pulli filii, Rufi.

AE 1922, 48.

A son fils, un mère infortunée, à son fils aîné. Lui qui resplendissait pour mon bonheur. Il a péri frappé par la corne, par les bœufs, en leur donnant leur fourrage. Le temps que je me précipite vers lui, le malheureux était mort avant. Mère éprouvée par le sort, j’ai conduit vers Pluton trois enterrements : je pleurais mes filles lorsque mon garçon est décédé. Ce qui survit à une mère, accordez-moi au moins ça, dieux Mânes, afin qu’il y ait quelqu’un pour fermer les yeux, après ma mort, de Marcus Octavius Rufus, fils de Pullus.

 

 

D M

EVHELPISTI LIB QVI ET

MANES VIXIT ANNIS XXVII

MENS IIII DIEB XI FLOREN

TES ANNOS MORS SVBITA

ERIPVIT ANIMA INNO

CENTISSIMA QVEM

MEDICI SECARVNT

ET OCCIDERVNT

P AELIVS AVG LIB PECVLIARIS ALVMNO SVO

Dis Manibus Euhelpisti liberti qui et  Manes. Vixit annis XXVII, mensibus IIII, diebus XI. Florentes annos mors subita eripuit anima innocentissima. Quem medici secarunt et occiderunt. Publius Aelius Augusti libertus Peculiaris alumno suo.

AE 1911, 191

Aux dieux mânes de Euhelpistus, dit Manes, affranchi. Il a vécu 27 ans, 4 mois et 11 jours. Une mort imprévue a arraché à ses belles années cette âme si pure. Lui que les médecins ont amputé et tué. Publius Aelius Peculiaris, affranchi impérial à son élève.

 

 

]XII

Delphin[ 

]t occid[

peri t[empes]

tas [ 

XII Delphinus ... t occidit vesperi tempestas

AE 1929, 150

… 12 (ans ?), Delphinus ... un orage de soirée l’a tué …

 

 

..... LATRO C PETRONI C ...

SER ANNORVM XII A VIPERA

PERCVSSVS SEPTVMO DIE PERIT

MODESTVS FRATER PHILARGVRVS

CONSERVOS POSVERVNT

ILS, 8521, à Pérouse

Latro, esclave de Gaius Petronius C…, âgé de 12 ans, mort au bout de six jours d’une morsure de vipère. Son frère Modestus et son compagnon d’esclavage Philargurus ont élevé cette stèle.

 

 

DAPHNVS ET

CHRYSEIS

LACONIS LIBERTI

FORTVNATO SVO V A VIII

BALNEO MARTIS PISCINA

PERIT

ILS, 8518, à Rome

Daphnus et Chryseis, affranchis de Lacon, à leur très cher Fortunatus qui a vécu 8 ans. Il est mort au bain de Mars, dans la piscine.

 

 

D D

INFELICISSIMIS INFANTIBVS

HILARIONI ET REVOCATE FRATRIBVS

QVI VIXERVNT PVELLA AN

P M VIII PVE AN P M IIII QVI IN SE IN

MARE PERIERVNT MAXIMVS PATER POS

ILS, 8517, dans l’île de Brattia en Dalmatie

Consacré à de très infortunés enfants, Hilarion et Revocata, frère et sœur, qui vécurent la fillette environ 8 ans et le garçon environ 4 ans et qui se sont noyés dans la mer. Leur père Maximus leur a fait élever cette stèle.

 

05.TIF

sommaire

 


Indication d’une profession

 

image004

L CALPVRNIO DAPHNO

ARGENTARIO

MACELLI MAGNI

TI(BERIVS) CLAVDIVS AVG(VSTI) L(IBERTVS)

APELLES ET

ASCONIA QVARTA

PROPINQVO CARISSIMO

FECERVNT

D(ATVR) A PISCE

 

A Lucius Calpurnius Daphnus, percepteur des taxes du grand marché. Tiberius Claudius Apelles, affranchi de l’État, et Asconia Quarta ont fait élever ce monument pour leur proche parent qui leur était si cher.

Taxe acquittée sur le poisson.

 

Î

 

FVIT ATISTIA VXOR MIHEI FEMINA

OPITVMA VEIXSIT

QVOIVS CORPORIS RELIQVIAE QVOD SVPERANT

SVNT IN HOC PANARIO

ILS 7460 = CIL I.2 1206

Atistia fut mienne épouse, elle a vécu en excellente femme.

De son corps les cendres, ce qu’il en reste, se trouvent dans cette huche.

Atistia était boulangère, le monument représente une huche.

On remarque les faux archaïsmes (« mihei, » « veixsit »  et « quoius ») et les libertés avec le vocabulaire (« opitumus ») et la syntaxe (« quod superant »).

 

Î

 

DIS MANIB

GRAPTE

EGNATIAE MA

XIMILLAE

A MANV

CONIVGI KARIS

SIMAE C EGN

ATIVS AROGVS

Dis manibus Graptae, Egnatiae Maximillae a manu, coniugi karissimae, C. Egnatius Arogus.

ILS 7397

Aux dieux mânes de Grapta, secrétaire d’Egnatia Maximilla.

Monument élevé par Gaius Egnatius Arogus pour son épouse bien aimée.

 

Î

 

VICCENTIA DVLCISSIMA FILIA AVRI NETRIX QAE VIXIT AN VIIII M VIIII

ILS 7691

Viccentia, ma fille si douce, fileuse d’or, qui a vécu 8 ans et 8 mois.

 

Î

 

NOSTIA DAPHNIDIS L CLEOPATRA ORNATRIX DE VICO LONGO

ILS 7618

Nostia Cleopatra, coiffeuse de la rue Longue.

 

Î

 

VRBANA VETERAN

QVASILLARIA

HEIC OSSA SITA SVNT

ILS 7432

Urbana, esclave de cette maison depuis toujours, fileuse. Ici se trouvent ses ossements.

 

Î

D M S

PANOPE ORNATRIX

TORQVATE Q VOLV

SI VIXIT ANNIS XXII

ET PHOEBE A SPECV

LVM VIXIT ANNIS XXXVII

SPENDO CONTV

BERNALIBVS SVIS

BENE MERENTIBVS

FECIT ET SIBI

LOC D DEC DECV

Dis Manibus Sacrum. Panope ornatrix Torquatae Q. Volusii, vixit annis XXII, et Phoebe a speculum vixit annis XXXVII. Spendo contubernalibus suis bene merentibus, fecit et sibi. Locus datus decreto decurionum.

ILS 7418

Consacré aux dieux mânes. Panopè, femme de chambre de Torquata, épouse de Quintus Volusius, a vécu 22 ans, et Phoebé, préposée au miroir, a vécu 37 ans. Spendo pour deux compagnes qui lui étaient chères et qui le méritaient bien a fait élever ce tombeau qui sera aussi le sien. Emplacement accordé par décret des décurions.

Panopè Πανόπη était une des Néréides.

 

Î

 

D M S

NVMMIAE

PANOPENI

CONIVGI DVL

CISSIMAE ET

INCOMPARA

BILI FLAVIANVS

SER NOT ET ACT

OB BENE MERITA

EIVS C S FECIT

Dis Manibus Sacrum. Nummiae Panopeni, coniugi dulcissimae et incomparabili,

Flavianus, servus notarius et actuarius ob bene merita eius cum suis fecit.

ILS 7402

Consacré aux dieux mânes. Pour Nummia Panopè, son épouse si tendre et incomparable, Flavianus, secrétaire et fondé de pouvoir, en hommage à ses bonnes qualités, a fait élever ce monument avec sa famille.

 

Je suppose que la commande était ob bona merita eius et que le graveur l’a confondue avec le bene merenti traditionnel. La force de l’habitude ?

Cum suis : « avec sa famille » ou « à ses frais » ? Mais dans ce dernier sens on trouve plutôt P(ecunia) S(ua).

Notarius. cf Pline, Lettres, IX, 36 : Notarium voco et die admisso quae formaveram dicto; abit rursusque revocatur rursusque dimittitur Je fais appeler mon (un ?) secrétaire, et quand on a fait entrer la lumière dans la pièce, je dicte ce que j’avais composé de tête ; il s’en va, je le fais rappeler encore et encore, il s’en retourne encore et encore.

Panopeni : une autre Panopè, je suppose, mais ce datif est bien étrange...

 

Î

 

ASINIA PREPVSA

VXOR ET CHRYSEROS

THREPTO C ASINI

POLLIONIS VNCTORI

BENE MERENTI

VIXIT ANN XX

Asinia Prepusa, uxor, et Chryseros, Threpto C. Asini Pollionis unctori bene merenti. Vixit annos XX.

ILS 7415

Asinia Prepusa, sa femme, et Chryseros ont fait élever ce monument pour Threptus, masseur de Gaius Asinius Pollion.

Il l’avait bien mérité. Il a vécu 20 ans.

Threptus : équivalent grec de verna, « esclave né à la maison »

 

Î

 

ITALIAE

COCCEIAE PHYLLIDIS

VESTIFICAE

VEIXSIT ANNEIS XX

ACASTVS CONSERVOS

PRO PAVPERIE FECIT SVA

ILS 7428

Italia, couturière de Cocceia Phyllis. Elle a vécu 20 ans.

En raison de son impécuniosité, Acastus, compagnon d’esclavage, a fait poser cette stèle à ses frais.

OU      Acastus, compagnon d’esclavage, a fait poser cette stèle dans la mesure de sa pauvreté.

 

Pauperies, « pauvreté », est un mot archaïque conservé dans la langue juridique (avec un sens différent).

 

J’avais sous-entendu eius, et compris sua comme suä pecuniä / impensä, mais je dois l’autre interprétation à Sarah Van Der Pas qui m’a fait l’amitié de m’écrire : « Lorsque je lis pro pauperie fecit sua, l'interprétation qui me vient le plus naturellement à l'esprit c'est "a fait (poser ce monument) dans la mesure de sa pauvreté", sa propre pauvreté, et pas en raison de la pauvreté de la personne décédée […] Trouve-t-on jamais sua = sua pecunia? Je pense que si on voulait faire court, on disait de suo ou s.p. ». Pertinente remarque !

 

Î

 

IVCVNDAE PEXSAE

V A XIV VESTIPLICA

IVCVNDVS PATER

PHYLLIS MATER

CHRONE SOROR P

Iucundae Pexsae vixit annis XIV vestiplica Iucundus pater Phyllis mater Chrone soror posuerunt.

ILS 7430

A Jucunda Pexa. Elle a vécu 14 ans. Lingère. Jucundus, son père, Phyllis sa mère et Chronè sa sœur ont fait poser cette stèle.

 

Î

 

D M S IVLIAE SATVRINAE

ANN XXXXV

VXORI INCOMPARABILI

MEDICAE OPTIMAE

MVLIERI SANCTISSIMAE

CASSIVS PHILIPPVS

MARITVS OB MERITA

H S E S T T L

ILS 7802

Consacré aux dieux mânes de Julia Saturina, âgée de 45 ans, épouse incomparable, excellent médecin, femme à la vertu irréprochable. Cassius Philippus, son mari, lui a fait élever cette stèle pour rendre hommage à ses mérites. Elle repose ici. Que la terre te soit légère.

 

Î

 

DM EVGENIAE FILIAE DEFVN

CTAE IVLIVS VIC

TOR CVPARIVS ET SACCARIVS

ET ACCEPTINAE CON

IVGI ET FLORENTINO FILIO

VIVIS VIVS FECIT

ILS 7659a

Aux dieux mânes d’Eugenia, sa défunte fille. De son vivant, Julius Victor, tonnelier et fabricant d’emballages, a fait élever ce tombeau ainsi que pour Acceptina, son épouse, et Florentinus, son fils, de leur vivant.

 

Î

 

ADVLESCENS TAMETSI PROPERAS HIC TE SAXSOLVS

ROGAT VT SE ADSPICIAS DEINDE VT QVOD SCRIPTVM EST LEGAS

HIC SVNT OSSA MAECI LVCI SITA PHILOTIMI VASCVLARI

HOC EGO VOLEBA(M) NESCIVS NI ESSES VALE

AE 1895, 66

Jeune homme, même si tu es pressé, cette petite stèle te demande de la regarder, puis de lire ce qui est écrit : ici se trouvent les ossements de Maecus Lucius Philotimus, l’orfèvre. Je voulais que tu ne l’ignores pas. Adieu.

 

Î

 

D M CL HIC IACEO DIADVME NVS ARTE POETA OLIM CAE SAREIS FLORIDVS OFFICIIS QVEM NVMQVAM CVPIDAE POSSEDIT GLORIA FAMAE SED SEMPER MODICVS REX SIT VBIQVE TENOR HYLLE PATER VENI NOLO MOVERE TVMVLTV HOSPITIVM NOBIS SVFFICIT ISTA DOMVS . . . [. . .] CL FRVCTIANE B M F

Dis Manibus Claudius hic iaceo Diadumenus arte poeta         olim Caesareis floridus officiis quem numquam cupidae possedit gloria famae         sed semper modicus rexit ubique tenor Hylle pater veni nolo movere tumultum         hospitium nobis sufficit ista domus [. . .] Claudiae Fructianae bene merenti fecit

AE 1891, 154

Aux dieux mânes. Je repose ici, Claudius Diadumenus, poète de mon état. Jadis à Césarée je fus florissant par mes fonctions publiques. Jamais la gloire d’une renommée exigeante ne me posséda, mais toujours et partout le cours tranquille des choses me guida. Hyllus, mon père, je suis venu te rejoindre, je ne veux pas provoquer de désordre : comme gîte cette demeure nous suffit. … a fait élever ce tombeau pour Claudia Fructiana.

 

Î

 

[. . .] [. . .]RIAE AETERN[.] CAESONI NICONIS [..]VIRI AVG LVG CORPO [..]TI INTER FABROS TIGN LVG CONSIST [. . .]ONIVS MENAS CON [..]BERTO OPTIMO PONEND CVR ET SVB AS CIA DEDICAVIT

Dis Manibus et memoriae aeternae Caesoni Niconis, seviri Augustalis Lugdunensis, corporati. Inter fabros tignuarios Luguduni consistentes, Caesonius Menas conliberto optimo ponendum curavit et sub Ascia dedicavit.

AE 1893, 63

Aux dieux mânes et à la mémoire éternelle de Caesonius Nicon, sévir augustal à Lyon, devenu cadavre. Parmi les charpentiers établis à Lyon, Caesonius Ménas, pour le meilleur de ses amis affranchis, s’est chargé de faire construire ce monument et de le dédier sous la hache.

 

Î

 

IN HIS PRAED

RVFI VOLVSIANI C V ET

CAECINIAE LOLLIANAE C F ET FILIO

RVM CCC VVV THIASVS PROC(VRATOR) FECIT

In his praediis Rufi Volusiani clarissimi viri et Caeciniae Lollianae clarissimae feminae et filiorum trium clarissimorum virorum Thiasus procurator fecit.

AE 1895, 30a

Dans cette propriété (leur ayant appartenu) (reposent les ossements) de Rufus Volusianus, homme de très haute noblesse, de Caecinia Lolliana, femme de très haute noblesse, et de leurs trois fils, garçons de très haute noblesse.

Construit par Thiasus, leur homme de confiance.

 

Î

 

D M S

SILVANI CAES N SER

VERN DIS SCAENICORVM

. .] ANN XXXIII

POSVERVNT

QVINTILLA PROCVLA

CONIVNX EIVS ET

FELIX AVG LIB FRATER

Dis Manibus sacrum Silvani Caesaris nostri servi vernae, dispensatoris scaenicorum. Vixit annos XXXIII.

Posuerunt Quintilla Procula coniunx eius et Felix, Augusti libertus, frater.

AE 1898, 16

Consacré aux dieux mânes de Silvanus, esclave né à la maison de notre César, administrateur des spectacles scéniques. Il a vécu trente-trois ans. Cette stèle a été élevée par Quintilla Procula, son épouse et Félix, affranchi impérial, son frère.

 

Î

 

FELIX CAESARIS

AB ARGENTO CORRE

CTOR V AN LII

FECIT IVLIA ROMANA

CONIVGI BENE MERENTI

Felix Caesaris ab argento corrector vixit annos LII fecit Iulia Romana coniugi bene merenti

AE 1925, 20.

Félix, contrôleur d’argent de César. Il a vécu cinquante-deux ans. Construit par Julia Romana pour son époux qui l’a bien mérité.

 

Î

 

D M

P AELIO QVIETO

A VINIS AVG LIB

Dis Manibus P. Aelio Quieto a vinis Augusti liberto

AE 1925, 21.

Aux dieux Mânes. Publius Aelius Quietus, administration des vins, affranchi impérial.

 

Î

 

V

Q FLAVIVS Q L

PRIMVS

LARDARIVS

[. .  .]

Vivus Quintus Flavius Quinti libertus Primus lardarius [sibi suisque fecit].

AE 1912, 25

De son vivant, Quintus Flavius Primus, affranchi de Quintus, charcutier, [a fait construire ce tombeau pour lui et pour les siens].

 

Î

 

DIS MANIBVS SACRVM DIDIAE CHARIDI VIXIT ANNIS VII MENS X DIEBVS VII A DIDIVS MNESTER PRAECO A FORO FILIAE DVLCISSIMAE ET NONIAE CHARIDI MATRI EIVS ET SIBI ET SVIS LIBERT LIBERTABVSQ SVIS POSTERISQ EORVM IN FRONT P II S IN AGR P II

Dis Manibus sacrum. Didiae Charidi (Χάριτι). Vixit annis VII, mensibus X, diebus VII. A. Didius Mnester, praeco a foro, filiae dulcissimae et Noniae Charidi, matri eius, et sibi, et suis libertis libertabusque suis posterisque eorum. In fronte pedes II semis, in agro pedes II.

AE 1912, 224

Consacré aux dieux mânes. À Didia Charis. Elle a vécu sept ans, dix mois, sept jours. Aulus Didius Mnester, héraut au forum, a fait construire ce tombeau pour sa fille si douce, pour Nonia Charis, la mère de cette enfant, pour lui-même, pour ses affranchis hommes et femmes ainsi que leurs enfants. En façade deux pieds et demi, en profondeur deux pieds.

 

Î

 

D M

SELLIAE NICES

VIX ANN XXXV

MENS VI DIEB XXI

C SELLIVS ONESIMVS

FLATVRAR DE VIA SAC

CONIVGI B M F

ILS, 700

Aux dieux mânes de Sellia Nicè. Elle a vécu 35 ans, 6 mois et 21 jours. Gaius Sellius Onesimus, fondeur sur la voie Sacrée a fait élever ce monument pour son épouse qui l’avait bien mérité.

 

Î

 

DIS MANIBVS

VOLVSIAE OLYMPIADIS

M LICINIVS EVTYCHVS

QVI DISPENSAVIT

VOLVSIO TORQVATO

LVCI FILIO

CONIVGI SANCTISSIMAE

ET FIDELISSIMAE

FECIT ET SIBI

ILS, 7382

Aux dieux mânes de Volusia Olympias. Marcus Licinius Eutychus qui fut comptable de Volusius Torquatus, fils de Lucius, a fait élever ce tombeau pour son épouse irréprochable et si fidèle, ainsi que pour lui-même.

 

Î

 

LATVRNIA IANVARIA CALCARIA VIX AN XXXXV

ILS 7663

Laturnia Januaria, chauleuse, elle a vécu 45 ans.

 

Î

 

D M S

L CALPVRNIVS

FVRNARIVS VIXIT

ANNIS LX ET BENE

VIXIT ET AD FVNVS

EIVS EROGATI

XC

Dis Manibus sacrum. Lucius Calpurnius Furnarius vixit annos LX et bene vixit et ad funus eius erogati denarios centum.

AE 1903, 238

Consacré aux dieux mânes. Lucius Calpurnius Furnarius (ou le fournier) a vécu soixante ans et a bien vécu ;

on a dépensé cent deniers pour ses funérailles.

 

Î

 

P DECIMIVS P L EROS

MERVLA MEDICVS

CLINICVS CHIRVRGVS

OCVLARIVS VIVIR

HIC PRO LIBERTATE DEDIT HS I ÉÉÉ

HIC PRO SEVIRATV IN REM P

DEDIT HS MM

HIC IN STATVAS PONENDAS IN

AEDEM HERCVLIS DEDIT HS IIIII IIIII IIIII

HIC IN VIAS STERNENDAS IN

PVBLICVM DEDIT HS IIIII IIIII IIIII I ÉÉ MM

HIC PRIDIE QVAM MORTVVS EST

RELIQVIT PATRIMONI

HS Q(VINGENTORVM MILIVM) . . .

. . .

P(ublius) Decimius P(ubli) l(ibertus) Eros | Merula medicus | clinicus chirurgus | ocularius Vivir (Augustalis) | hic pro libertate dedit HS I ÉÉÉ | hic pro seviratu in rem p(ublicam) | dedit HS MM | hic in statuas ponendas in | aedem Herculis dedit HS IIIII IIIII IIIII | hic in vias sternendas in | publicum dedit HS IIIII IIIII IIIII I ÉÉ MM | hic pridie quam mortuus est | reliquit patrimoni | HS q(uingentorum milium) . . . | . . .

CIL XI, 5400

Publius Decimius Eros Merula, affranchi de Publius, médecin clinicien, chirurgien, oculiste, sévir Augustal.

Pour sa liberté, il a donné 50000 sesterces ;

Pour son sévirat, il a donné à la collectivité 2000 sesterces ;

Pour faire placer des statues dans le temple d’Hercule, il a donné 30000 sesterces ;

Pour faire paver les rues, il a donné 37000 sesterces ;

La veille de sa mort, il laissait un patrimoine de 500000 sesterces …

Voir la page sur l’évergétisme.

Î

 

stele gallo_grecque

ΧΑΙΡΕ

[-]ΠΑΥΛΟС

ΚΛΑΥΔΙΟ

ΥΕ [----]ΙΟ

СΠΑΝΚΡΑ

ΑΤΙΑСΤΗ

СΕΝΘΑΔΕ

ΚΙΤΕΤΟΝΔ

ΕΤΑΦΟΝΕΡΜΟ

ΓΕΝΗСΕΠΟΙΕ[-]

Χαῖρε ... Παῦλος Κλαθδίου ἐ(λεύθερος) ...ιος

παν(=γ)κρατιαστὴς ἐνθάδε κῖτε (=κεῖται)

Τόν δὲ τάφον ῾Ερμογένης ἔποιε (=ἐποίησε) ...

Bonjour, ci-gît … Paulus …ius, affranchi de Claudius, le lutteur. Hermogène a fait ériger ce tombeau.

 

J’ai trouvé il y a un certain temps sur un forum historique (dont j’ai oublié le nom !) la photo de cette stèle avec le commentaire suivant et une demande d’interprétation :

« Ma famille et moi résidons sur Lyon et je suis passionné entre autres d'histoire.

Pour faire simple : il s'agit d'un stèle en calcaire blanc qui provient du sud de Vienne (38) et qu'un agriculteur m'a donnée (si, si...) alors qu'elle gisait au milieu d'une basse cour à canards à côté de l'emplacement d'un ancien château. Le calcaire n'est pas local. Il est du même type que celui employé pour les stèles gallo-romaines de Lyon.

La localisation est intéressante, il s'agit d'une vallée à une dizaine de km au sud de Vienne qui mène du Rhône vers Grenoble et le château est localisé à sur le flanc de l'endroit le plus étroit de cette vallée, donc un lieu plutôt stratégique.

Ce qui reste du château appartient à la même famille depuis longtemps et la poterne (fort belle, une photo en témoigne) a été abattue après la seconde guerre pour laisser passer le foin sur les tracteurs. A mon humble avis, la stèle faisait partie des murs abattus, ce qui explique sa bonne conservation et sa présence dans un lieu improbable. »

 

Î

sommaire

 


Soldats et vétérans

 

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Römisch-Germanisches Museum Köln

M VAL CELERINVS

PAPIRIA ASTIGI

CIVES AGRIPPINE

VETER LEG X G P F

VIVOS FECIT SIBI

ET MARCIAE PRO

CVLAE VXORI

Marcus Valerius Celerinus Papiria Astigi cives Agrippinensis coloniae, veteranus legionis X Geminae Piae Fidelis, vivos fecit sibi et Marciae Proculae uxori.

Marcus Valerius Celerinus, tribu Papiria, originaire d’Astigi (Ecija), citoyen de la colonie d’Agrippine, vétéran de la 10ème légion Gemina Pia Fidelis, a fait construire ce monument de son vivant pour lui-même et pour son épouse légitime Marcia Procula.

La 10ème légion a été appelée d’Espagne sur le Rhin par Vespasien.

Ce vétéran a acquis le droit de cité romaine et le droit de juste mariage en recevant son honesta missio.

 

 

image002

Bonn, Rheinisches Landesmuseum

CIL 13, 8648 ; ILS 2244

M(arco) CAELIO T(iti) F(ilio) LEM(onia) BON(onia)

[I] O(rdinis) LEG(ionis) XIIX ANN(orum) LIII S

[oc]CIDIT BELLO VARIANO OSSA

[i]NFERRE LICEBIT

P(ublius) CAELIVS T(iti) F(ilius)

LEM(onia) FRATER FECIT

Marco Caelio Titi filio Lemonia Bononia legionis XIIX, annorum LIII Semis, [oc]cidit bello Variano. Ossa [i]nferre licebit. Publius Caelius Titi filius Lemonia frater fecit.

A Marcus Caelius, tribu Lemonia, fils de Titus, originaire de Bologne, centurion de première classe de la 18ème légion. Agé de 53 ans et demi. Il est tombé pendant la guerre de Varus (9 ap. J.-C.). On pourra un jour transporter ici ses ossements. Monument élevé par son frère, Publius Caelius, tribu Lemonia, fils de Titus.

Le cénotaphe de Caelius abrite les ossements de deux affranchis du défunt : Privatus et Thiaminus. On remarque les phalères sur la cuirasse.

Selon Dion Cassius, les ossements de ceux qui étaient tombés avec Varus ont été recueillis et ont reçu une sépulture lors des campagnes de Germanicus en 15-16.

 

 

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Römisch-Germanisches Museum Köln

T(ITVS) FLAVIVS BASSVS MVCALAE

F(ILIVS) DANSALA EQ(VES) ALAE NORI

CORV(M) TVR(MA) FABI(I) PVDENTIS

AN(NORVM) XXXXVI STIP(ENDIORVM) XXVI H(EREDES) F(ECERVNT)

Titus Flavius Bassus, fils de Mucala, originaire de Dansala [Bulgarie actuelle], cavalier du régiment de cavalerie des Noriques, escadron de Fabius Pudens. Il était âgé de 46 ans et avait 26 ans de service. Tombeau élevé par ses héritiers.

 

 

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Saint-Germain-en-Laye, musée des Antiquités nationales

C(aius) DECCIVS L(ucii) F(ilius)

PAPIRIA TICINI

MILES LEG(ionis) XX

PEQVARIVS ANNOR(um)

XXXV STIPENDIORV(m)

XVI HIC S(itus) EST

Gaius Deccius, fils de Lucius, de la tribu Papiria, originaire de Ticinum (Pavie), éleveur. Agé de 35 ans, 16 ans de service militaire. Il repose ici.

 

 

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Rome, musée des Conservateurs

VALERIVS III [LEGIONE] A[VGVSTA] SCVTARIVS

NATIONE MAVRVS PRIMA

CONIVGI SVO DIGNISSIMO

IN PACE QUI VIXIT ANNOS

XXX ME(N)SES DVOS

Valerius, de la 3ème légion Augusta Pia Vindex, garde du corps, d’origine maure. Prima pour son époux qui le méritait bien. Qu’il repose en paix. Il a vécu 30 ans et deux mois.

On remarque la qualité de la gravure et l’absence quasi totale d’abréviations. L’orthographe du mot meses reflète la prononciation réelle.

 

 

C IVL VALERIVS VET L X G

VIVVS FECIT S ET SEPT

FLORE CONIVGI P K AN L

ET IVLIO FLORO FILIO K AN V

C(aius) Iul(ius) Valerius vet(eranus) l(egionis) X g(eminae) | vivus fecit s(ibi) et Sept(imiae) | Flor(a)e coniugi p(iae) k(arissimae) an(norum) L | et Iulio Floro filio k(arissimo) an(norum) V

AE 1891, 37

Gaius Iulius Valerius, vétéran de la dixième légion « Gemina » a fait construire ce tombeau de son vivant, pour lui-même, pour sa tendre épouse bien aimée Septimia Flora, âgée de cinquante ans et pour son fils bien aimé Iulius Florus, âgé de cinq ans.

 

 

D M

SI MODO SVNT MA

NES SENTIANT SPES VI

TE NOSTRE FVERAS NV

NC QVIS VBI IACEAS INDI

CAT ISTE LAPIS L SPVRENI

VS HERCVLANVS PAT ET

II PAVLA MATER L SPVREN

NIO RVFO B COR MATTIA

CORVM MILITANTI AN XX

BENE MERENTI POSVE

RVNT VALETE VIATORES

AE 1892, 109

Dis Manibus.Si modo sunt Manes, sentiant spes vitae nostrae fueras. Nunc quis ubi iaceas indicat iste lapis Lucius Spurenius Herculanus pater et Secunda Paula mater Lucio Spuren{n}io Rufo bucinatori cohortis Mattiacorum militante anno XX bene merenti posuerunt. Valete viatores

Aux dieux mânes. Si toutefois il y a des dieux mânes, qu’ils comprennent que tu avais été l’espoir de notre vie. Maintenant, que cette pierre sous laquelle tu gis et qui est la tienne indique qui tu étais : Lucius Spurenius Herculanus. Ton père et Secunda Paula ta mère l’ont fait poser pour toi, tu en étais digne, Lucius Spurenius Rufus, trompette de la cohorte de Mattium (Germanie) sous les armes pour la vingtième année. Voyageurs, adieu.

 

 

D M

EQVESTR PAVLO

MILITI LEG III ITALICAE

ANTONINIANAE VIXIT

ANNO[.] XXXVI MIL AN XVI

AV[. . .]RIVS HERES F C

Dis Manibus. Equestri Paulo militi legionis III Italicae Antoninianae.Vixit annos XXXVI, militavit annos XVI. Aurelius Valerius heres faciendum curavit.

AE 1898, 122

Aux dieux mânes. Au cavalier Paulus, soldat de la troisième légion « Italica Antoniniana ». Il a vécu trente-six ans, il a servi seize ans sous les armes. Son héritier Aurelius Valerius s’est chargé de faire graver cette stèle.

 

 

AELIA A[.]TERIA AELIO ANTI

[.]CH[.]ANO TESSERARIO LEG

[.]I CL DVLCISSIMO QVANDO

MARITO SVO INSTRVXIT MO

NIMENTVM ET STATVAM

EI ACVLAM CVM SVBPOSI

TO IN TERRAM SARCOPHAGO

LAPIDEO SECVNDVM VOLVN

[.]ATEM S S ANTIOCHIANI ME

MORIAE CAVSA HVIVS EXEM

PLARIA IVSIA CERIS DVABVS RE

POSITA SVNT IN ARCHIA PVBLI

CA CIBYRATORVM

Aelia Asteria Aelio Antiochiano, tesserario legionis XI Claudiae, dulcissimo quando marito suo instruxit monimentum et statuam et arulam cum subposito in terram sarcophago lapideo, secundum voluntatem supra scripti Antiochiani, memoriae causa. Huius exemplaria iusta ceris duabus reposita sunt in archia publica Cibyratorum.

AE 1899, 169

Aelia Asteria a fait élever ce monument, cette statue et ce petit autel avec un sarcophage de pierre placé sous la terre pour Aelius Antiochianus, chargé de la transmission du mot d’ordre de la onzième légion « Claudia », qui fut son mari. Tout cela selon la volonté du susdit Antiochianus pour sa mémoire. L’original authentique sur deux tablettes de cire a été déposé aux archives publiques (τὰ ἀρχεῖα) de Cibyre (Cilicie).

 

 

DIS M C ANTISTIO SEVERO MIL COH VIIII PR SPE MILITANS ANN X DECESSIT FALERIS CVIVS CINERES ANTISTIVS CORAESVS RETTVLIT PATER

Dis Manibus C. Antistio Severo, militi cohortis VIIII praetoriae, speculatori. Militans annos X, decessit Faleriis.

Cuius cineres Antistius Coraesus rettulit pater.

AE 1900, 2

Aux dieux mânes. Pour Gaius Antistius Severus, soldat éclaireur de la huitième cohorte prétorienne. Au service pendant dix ans, il est mort à Falérie (Etrurie). Antistius Coraesus, son père, a rapporté ses cendres.

 

 

[. .] MEMORIAM FORTIS[. . . ] PRO RE P MORTE OCCV[. . .] . . .]OL POMP DOMICIL NEAPOL ITALIAE PRA[. . .] [. . .]

In memoriam fortissimorum virorum qui pro re publica morte occubuerunt. Cornelius Fuscus, colonia Pompeis, domicilio Neapoli Italiae, praefectus praetorio.

AE 1904, 228

À la mémoire des hommes si courageux qui ont trouvé la mort pour la collectivité. Cornelius Fuscus, préfet du prétoire, colonie de Pompéi, région de Naples en Italie.

 

 

D M

C IVLIVS MAXI

MVS VETER

COH

I BELG

V

F SIB ED AVIL

AMABILI CONIVGI SVE

AE 1893, 132

Dis Manibus. Caius Iulius Maximus veteranus cohortis I Belgarum vivus fecit sibi et Aviliae Amabili coniugi suae.

Aux dieux mânes. Gaius Julius Maximus, vétéran de la première cohorte belge, a fait construire ce tombeau de son vivant, pour lui son épouse Avilia Amabilis.

 

 

D M

SI MODO SVNT MA

NES SENTIANT SPES VI

TE NOSTRE FVERAS NV

C QVIS VBI IACEAS INDI

CAT ISTE LAPIS L SPVRENI

VS HERCVLANVS RAT ET

II PAVLA MATER L SPVREN

NIO RVFO B CHR MATTIA

CORVM MILITANTI AN XX

BENE MERENTI POSVE

RVNT VALETE VIATORES

AE 1892, 109

D(is) M(anibus) si modo sunt Manes sentiant spes vit(a)e nostr(a)e fueras nu(n)c quis ubi iaceas indicat iste lapis L(ucius) Spurenius Herculanus pat(e)r et II(=Secunda) Paula mater L(ucio) Spuren{n}io Rufo b(ucinatori) c(o)h(o)r(tis) Mattiacorum militante an(no) XX bene merenti posuerunt valete viatores

Aux dieux mânes. Si toutefois il y a des dieux mânes, qu’ils comprennent que tu avais été l’espoir de notre vie. Maintenant, que cette pierre sous laquelle tu gis et qui est la tienne indique qui tu étais : Lucius Spurenius Herculanus. Ton père et Secunda Paula ta mère l’ont fait poser pour toi, tu en étais digne, Lucius Spurennius Rufus, trompette de la cohorte de Mattium (Germanie) sous les armes pour la vingtième année. Voyageurs, adieu.

 

 

T FVFICIVS C F POL VET LEG XX

T FVFICIVS T L PRIVATVS

FVFICIA T L PRISCA FVFICIA T L TERTIA

Titus Fuficius, Gai filius, Pollia, veteranus legionis vicesimae

Titus Fuficius, Titi libertus, Privatus

Fuficia Titi liberta Prisca ; Fuficia Titi liberta Tertia

Titus Fuficius, fils de Gaius, tribu Pollia, vétéran de la 20ème légion

Titus Fuficius Privatus, affranchi de Titus

Fuficia Prisca, affranchie de Titus, Fuficia Tertia, affranchie de Titus

 

Diplômes de vétérans

 

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sommaire

 


Épitaphes chrétiennes

Remarque : le mot cat(h)olicus a été emprunté au grec καθολικός « universel ».

Je traduis fides cat(h)olica par « vraie religion » qui me semble, à tort ou à raison, rendre compte du sens réel de ce groupe de mots.

 

 

DONATIANVS PRSB

IN EXILIO PRO FIDE CA

TOLICA HIC APVT COL MAD

RELEGATVS RECESSIT DIE

NONAS APRILES AN VII K

VIXIT ANNIS XLVI

AE 1916, 82

Donatianus presbiter, in exilio pro fide catolica, hic apud coloniam Madaurensem relegatus, recessit, die Nonis Aprilibus, anno VII, Karthaginis. Vixit annos XLVI.

Donatien, prêtre en exil pour sa foi en la vraie religion, relégué ici auprès de la colonie de Madaure, a quitté la vie le jour des nones d’avril (5 avril), la 7ème année de l’indiction, à Carthage. Il a vécu 46 ans.

 

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PRESVITER LIBE

RATVS PRO FIDE

CATOLICA IN EXSILI

O RECESIT IN PACE ET VX

ANNIS LXXV

DEPOSITVS EST

DIE XVII KA IVLIAS

AE 1916, 83

Presbiter Liberatus, pro fide  catolica in exsilium, recessit in pace et vixit annos LXXV. Depositus est die XVII Kalendas Iulias.

Liberatus, prêtre, en exil pour sa foi en la vraie religion, a quitté la vie dans la paix et a vécu 75 ans. Il est mort le 17ème jour des calendes de juillet (15 juin).

 

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 [. . .]VONDAM BEATVS

[. . .] ET NVNC BEATIOR

[. . .]E SANCTVS EPIS PLACENTINVS

[. . .]BEM IN CATOLICA FLORENTER

[. . .]IT ET NVNC ETERNA LVCE IAM FRVITVR

VICXIT ANNIIS LXXXVI

Hic iacet quondam beatus in vita, et nunc beatior in pace, sanctus episcopus Placentinus. Qui urbem in catolica florenter rexit et nunc aeterna luce iam fruitur. Vixit annis LXXXVI.

AE 1916, 81

Ci-gît un homme autrefois heureux dans sa vie et plus heureux encore maintenant dans la paix le saint évêque Placentinus. Il a dirigé avec succès sa ville vers la vraie religion et jouit maintenant de la lumière éternelle. Il a vécu quatre-vingt-six ans.

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PEREGRINVS

PRESVITER

RELIGIONIS

KATOLICE

BIXIT

ANIS

LX

Peregrinus, presbyter religionis catholicae. Vixit annis LX.

AE 1916, 85

Peregrinus, prêtre de la vraie religion. Il a vécu soixante ans.

 

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HIC TITVLVS TEGET DIAC

EMILIVM QVEM FVNERE

DVRO EV NIMIVM CELERE

RAPVIT MORS IMPIA CVRSV

XXXVIII ETATIS SVE ANNO MOR

TEM PERDEDIT VITAM INVE

NIT QVIA AVCTOREM VI

TE SOLVM DILEXIT

Hic titulus tegit diaconum Aemilium, quem funere duro, heu ! nimium celeriter rapuit mors impia, cursu XXXVIII aetatis suae anno. Mortem perdidit, vitam invenit quia auctorem vitae solum dilexit.

AE 1891, 18

Stèle d’Andance (Ardèche).

Cette stèle recouvre le diacre Émilius que, par un meurtre cruel, la mort méprisant sa piété, a emporté, hélas ! trop vite, dans le cours de sa trente-huitième année. Il a gâché sa mort, il a gagné la vie, puisque son seul amour allait à l’Auteur de la Vie.

 

Je traduis funus par « meurtre », il s’agit en tout cas d’une mort imprévue et violente qu’Émilius n’a pas eu le temps de s’y préparer en chrétien.

 

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D M S

GRANIVS ABET DEV

IN PACE ET REQVIE

VIXIT ANNIS XXIII

M V DIES VIII

ORAS X

Dis Manibus sacrum. Granius. Habeat deus in pace et requie. Vixit annos XXIII, menses V, dies VIII, horas X.

AE 1891, 136

Aux dieux mânes. Granius, que Dieu le garde en paix et en repos. Il a vécu vingt-trois ans, cinq mois, huit jours et dix heures.

 

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ALEXANDER EPISCOPV[. .]EGIBVS IPSIS ALTARIBVS NATVS

AETATIBVS HONORIBVSQVE IN AECLESIA CATHOLICA FVNCTVS

CASTITATIS CVSTOS KARITATI PACIQVE DICATVS

CVIVS DOCTRINA FLORET INNVMERA PLEBS TIPASENSIS

PAVPERVM AMATOR AELEMOSINAE DEDITVS OMNIS

CVI NVMQVAM DEFVERE VNDE OPVS CAELESTE FECISSET

HVIVS ANIMA REFRIGERAT CORPVS HIC IN PACE QVIESCIT

RESVRRECTIONEM EXPECTANS FVTVRAM DE MORTVIS PRIMAM

CONSORS VT FIAT SANCTIS IN POSSESSIONE REGNI CAELESTIS

Alexander episcopus, legibus ipsis altaribus natus, aetatibus honoribusque in ecclesia catholica functus, castitatis custos, caritati pacique dicatus, cuius doctrina floret innumera plebs Tipasensis, pauperum amator, aelemosinae (ἐλεημοσύνη) deditus omnis, cui numquam defuere unde opus caeleste fecisset, huius anima refrigerat corpus. Hic in pace quiescit, resurrectionem expectans futuram de mortuis primam, consors ut fiat sanctis in possessione regni caelestis.

AE 1893, 65

L’évêque Alexandre, né chrétien ( ?), qui a passé sa vie et sa carrière au sein de l’église de la vraie religion, gardien de la chasteté, dévoué à la charité et à la paix, dont l’enseignement assure l’épanouissement de l’innombrable peuple de Tipasa (Maurétanie), ami des pauvres, tout entier adonné à l’aumône, qui toujours trouva l’occasion de faire oeuvre céleste. Son âme a refroidi son corps. Il repose ici dans la paix, dans l’attente de la résurrection prochaine d’entre les morts, qui fera de lui le compagnon des saints pour jouir du royaume céleste.

 

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IN NOMINE PATRIS ET FI

LI ET SPS SC AMEN

VITALIS PRSB VI[. . .]

DI ANNIS XXXVIII RE[.]VI[. . .]

DIE HIC POSITVS PLA[. . .]

PACE RESERBOR PVLBERI

SPES MICI MVLTA MANET NA[. . .]

VENTVRVM SPERO DMM QVI CVNCTA

CREASTI TIBI VT CINERE[.] ISTOS

SVSCITES IPSE POTENS HEC EST

SPECIOSOR SOLE ET SVPER OMNEM

S[.]ELLARVM DISPOSITIONEM

LVCI CONPARATA INBENITVR PRIOR

DVM SIT VNA OMNIVM POTENS ET

IN SE PERMANENS OMNIA INNO

DANS NATVS ANNO XXVIII

REGIS GESIRIC PRIDIE IDVS

SEPTEMBRES

In nomine patris et filii et spiritus sancti, amen. Vitalis presbyter, vixi in pace domini annos XXXVIII. Requiesco hodie hic positus placida in pace. Reservor pulveri. Spes mihi multa manet nam te venturum spero, dominum, qui cuncta creasti tibi, ut cineres istos suscites ipse potens haec est speciosor sole et super omnem stellarum dispositionem luci conparata invenitur prior, dum sit una omnium potens et in se permanens omnia. Innodans natus anno XXVIII regis Gesiric, pridie Idus Septembres.

AE 1915, 38

Au nom du père et du fils et du saint esprit, amen. J’étais Vitalis, prêtre. J’ai vécu dans la paix du seigneur trente-huit ans. Aujourd’hui je repose enterré ici dans une paix tranquille. Je suis destiné à la poussière. Il me reste un grand espoir j’espère que tu viendras, seigneur, toi qui as tout créé pour toi, afin de faire relever ces cendres

 

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FVRII IANVARIVS ET MOEDVLA

AFRICANO FILIO AGNO INMACV

LATO

B M

Furii Ianuarius et Moedula Africano filio agno inmaculato bene merenti.

AE 1915, 65

Januarius, fils de Furius, et Moedula, à leur fils Africanus, agneau immaculé, qui l’a bien mérité.

 

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Rome, 2ème s. ap. J.-C ?

Eutychiano filio dulcissimo Eutychus pater dedicavit. Vixit annum I menses II dies IIII, Dei servus Iesu Christi.

ΙΧΘΥС

A Eutychianus, mon fils si doux. Eutychus, son père, a fait bénir ce tombeau. Il a vécu 1 an, 2 mois, 4 jours, serviteur de Dieu et de Jésus Christ.

 

ἰχθύς, « ichthus » désigne en grec le poisson, les lettres qui forment le mot ΙΧΘΥС sont les initiales de ᾿Ιησοῦ Χριστὸς Θεοῦ Ὑιὸς Сώτηρ « Jésus Christ, fils de Dieu, sauveur ». La ligature des deux lettres initiales du mot grec ΧΡΙΣΤΟΣ « le Christ » s’appelle un CHRISME.

 

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MARGARITA

BONE MEMORIE

IN CRISTO FIDELIS

REQVIEBIT IN PACE

BIXIT ANNIS XXXVIII

DP S D XVII KL OCTOBR

IND XIIII

Margarita bonae memoriae in Cristo fidelis requiebit in pace. Vixit) annis XXXVIII. Deposita sub die XVII Kalendas Octobres, indictione XIIII.

AE 1972, 688

Margarita, en son souvenir, repose en paix dans la foi du Christ. Elle a vécu trente-huit ans. Elle a été ensevelie le dix-septième jour des calendes d’octobre, la quatorzième indiction.

 

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PAVLE DVLCITI DEVS

TE REFRIGERET CVI

VIXIT ANNIS VN

DECI MENSES SEX DIES TREDECI

Paule Dulciti, Deus te refricet ( ?). Qui vixit annis undecim, menses sex, dies tredecim.

AE 1976, 60.

Paul Dulcitius, que Dieu te ressucite. Il a vécu onze ans, six mois, treize jours.

 

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SI QVIS HOC SEP[. . .]

ERIT APERIRE AB[. . .]

IVD[.]CEM ET QVOD [. . .]

A[. . .]ESTR[. ] ROPV[. . .]

[. . .]INE [. . .]

[. . .] INQ[. . .]

[. . .]TI P QV[. . .]

Si quis hoc sepulcrum voluerit aperire, habebit deum iudicem et quod si quis ista arca vestra ruperit puniatur in nomine domini nostri et habebit inquisitionem ante tribunal dei. Dabit fisco argenti pondo quinquaginta.

AE 1993, 527c

Si quelqu’un cherche à ouvrir ce tombeau, Dieu sera son juge et si quelqu’un brise ce sarcophage qui est le vôtre, qu’il soit puni au nom de notre seigneur et il sera poursuivi devant le tribunal de Dieu. Il paiera au fisc une amende de cinquante livres d’argent.

 

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BONA ME

MORIA IREN[.]

BIXI[. .]NN TR

ES ET MENSE VN

ET REQ IN PACE

[. . .]

Bonae memoriae. Irene vixit annos tres et mensem unum et requievit in pace ...

IRT 209

À sa mémoire. Irène a vécu trois ans et un mois et elle a reposé dans la paix...

 

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AVDIAS IN ILLA

DIE BOCEM DNI

IHV XPI DICENTIS

REMISSA SVNT

TIBI VNIVERSA

DELICTA

Audias in illa die vocem domini IHV (Iesu) XPI (Christi) dicentis : remissa sunt tibi universa delicta.

IRT 212b

Puisses-tu entendre en ce jour-là la voix de Jésus Christ disant « elle te sont pardonnées, tes fautes, toutes sans exception ».

 

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MARCELLA

BONE MEMORIE

IN CHRO REQVIEVIT

D K IANVARIARVM

IND IX

Marcella, bonae memoriae, in Christo requievit die Kalendarum Ianuariarum indictione IX.

IRT 213

Marcella. A sa mémoire. Elle a trouvé le repos dans le Christ le jour des calendes de janvier, 9ème indiction.

 

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BONA ME

ORIA MA

TRONA BIX

ANOS XXXVII

PL M BIX IN P

DICA[.] TIBI DNS

REMISSA SV

NT TIBI PECATA

Bonae memoriae. Matrona vixit annos XXXVII plus minus. Vixit in pace. Dicat tibi dominus : remissa sunt tibi peccata.

IRT 214

À sa mémoire. Cette dame a vécu environ trente-sept ans. Elle a vécu dans la paix. Puisse le seigneur te dire « Tes péchés te sont pardonnés ».

 

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. . .]

QVI LEGIS ORA

PRO ME PECC

ATORE

Qui legis ora pro me peccatore

IRT 226

Toi qui lis ceci, prie pour moi le pécheur.

 

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. . .]

[.]A PRO ME PECATRICE

Ora pro me peccatrice

IRT 227

Prie pour moi la pécheresse.

 

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HIC REQVIESHIT

ALEXANDRVS

BAGAI FILIVS QVI BIT ANNIS

HOCTOGINTA SEX SEPVLTVS EST

IND TERTIA MENSI SEPTEMBRI

HC EST QVI ERAT BIR GNARVS

ET SOLLERS IN COGNATIONE SVA

Hic requiescit Alexandrus, Bagai filius, qui v(ix)it annis octoginta sex. Sepultus est indictione tertia, mensi Septembri. Hic est qui erat vir gnarus et sollers in cognitione sua.

IRT 833

Ici repose Alexandre, fils de Bagaius, qui a vécu quatre-vingt-six ans. Il a été enseveli dans la troisième indiction, au mois de septembre. Ci-gît un homme savant et habile dans son domaine d’activités.

 

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HIC REQVIESCIT IN PACE DVION ANCILLA BA

LENTES ESPONSA DEXTRI DEPOSITA EST III

IDVS SEPT CONSVLATV D N THEODOSIO

AVG XIII ET VALENTINIANO AG BES CCSS ADIV

RO PER DEVM ET PER LEGES CRESTEANOR

VT QVICVMQVE EXTRANEVS VOLVERIT AL

TERVM CORPVS PONERE VOLVERIT DET

ECISIE CATOLICE SAL AVR III

Hic requiescit in pace Duiona ancilla Valentis {e}sponsa Dextri. Deposita est III Idus Septembres consulatu domino nostro Theodosio Augusto XIII et Valentiniano Augusto bis consulibus. Adiuro per deum et per leges Christianorum ut quicumque extraneus voluerit alterum corpus ponere voluerit det ecclesiae catholicae Salonitanae aureos III

AE 1892, 32

Ici repose dans la paix Duiona, servante de Valens, épouse (ou fiancée ?) de Dexter. Elle a été ensevelie le troisième jour des ides de septembre (11 septembre) sous le consulat de notre seigneur Théodose Auguste pour la treizième fois et de Valentinien Auguste, pour deuxième fois consuls (ensemble ?). Je supplie, au nom de Dieu et des lois des Chrétiens, que quiconque aurait voulu, sans appartenir à la famille, aurait voulu ensevelir un autre corps, doive donner à l’église de la vraie religion de Salonita trois deniers d’or.

 

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[.]LORENTINA PIA BONA CRESTIANA

DVLCISSIMAE COIVGI EGO MAIVS FEC[.]

QVE VIXIT MECVM AN XXIII ME IIII DI V

SENE NVLA QVERELA SEPER IN PAKE

DEP NON IVN

Florentina pia bona chrestiana. Dulcissimae coniugi ego Maius feci. Quae vixit mecum annos XXIII menses IIII dies V, sine nulla querela semper in pace. Deposita Nonis Iuniis.

CIL 10, 7173

Florentina, pieuse et bonne chrétienne. Moi, Maius, j’ai fait élever cette stèle pour ma très douce épouse. Elle a vécu avec moi 23 ans, 4 mois et 5 jours, sans aucune dispute, toujours en paix. Elle a été enterrée le jour des nones de juin (5 juin).

 

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SEVERA

IN DEO VI-

VAS

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Musée du Vatican

Sévéra, puisses-tu vivre en Dieu !

 

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AFLIVS SATVRNINVS

CASSI(a)E FARETRIAE CLARISSIM(a)E

FEMIN(a)E CONIVGE (=coniugi) BENE ME-

RENTI DEPOS(i)TIO TERTIV(m) NO-

NAS FEBR(u)ARIAS

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Musée du Vatican

Aflius Saturninus (a fait poser ce monument) pour Cassia Faretria, son épouse,  appartenant à l’ordre sénatorial. Elle l’a bien mérité. Elle a achevé sa vie le troisième jour des nones de février (3 février).

 

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HIC PACATE SEDEM LOCAS BAPTISMATE PVRVS

QVARTVM DVM INCVRRIS DEFLENDVM FVNERE LVSTRVM

AE 1944, 587

Ici Pacatus, tu habites un logement provisoire. Toi qui as été purifié par le baptême

au moment où tu entrais à grands pas dans ton quatrième lustre, celui où il faut déplorer ta mort soudaine.

 

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Épitaphes d’auriges

 

D M

MVSCLOSO

A F R

NAT TVSCVS

VIC PAL DCLXXXII A III P V V II

R DCLXXII

APVLEIA VERECVNDA

CONIVNX

M C P

CIL 6, 10063

Dis Manibus. Muscloso agitatori factionis russeae, natione Tuscus. Vicit palmas DCLXXXII, in factione alba III, in factione prasina V, in factione veneta II, in factione russea DCLXXII. Apuleia Verecunda coniunx marito carissimo posuit.

Aux dieux mânes. A Musclosus, aurige de la faction rouge, d’origine toscane. Il a gagné 682 palmes : 3 chez les Blancs, 5 chez les Verts, 2 chez les Bleus et 672 chez les Rouges. Apuleia Verecunda son épouse a fait élever ce monument à la mémoire de son mari.

 

 

HYLA AGITATOR PANNI

VENETI VIX ANN XXV

BIGA PVERIL VIC VII QVADR

XXI REVOCAT

III SECVNDAS

XXXIX TERTIAS XLI

Hyla agitator Panni Veneti. Vixit annos XXV, biga puerili vicit VII, quadriga XXI,

revocatus III, secundas XXXIX, tertias XLI

AE 1906, 106

Hyla, aurige à la casaque bleue. Il a vécu 25 ans. Il a remporté 7 victoires avec le bige des juniors, 21 avec le quadrige, sur nouveau départ trois fois, il a remporté 39 fois le deuxième place et 41 fois la troisième.

 

 

IC IACET AGI

TATOR VRB

ICVS QVIS DIC

IBATVR ROM

VLVS QVI BIX

IT AN XXIII M V D X PERIT IDVS OCTOBRIS

Hic iacet agitator Urbicus qui dicebatur Romulus qui vixit annos XXIII menses V dies X periit Idibus Octobribus

AE 1982, 384.

Ci-gît l’aurige Urbicus, appelé aussi Romulus, qui a vécu 23 ans, 5 mois et 10 jours.

Il est mort le jour des Ides d’octobre (15 octobre).

 

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